Une tribune pour les luttes

Association Refuges Solidaires

21 membres de Refuges Solidaires en audition libre : Halte au délit de solidarité !

Article mis en ligne le jeudi 20 janvier 2022

Depuis 2017, l’association Refuges solidaires gère un lieu d’accueil qui offre un temps de répit indispensable aux exilé.e .s ayant passé la frontière franco-italienne dans la montagne, au péril de leur vie.

En effet :

Depuis 2017, l’Etat français ne remplit pas ses obligations élémentaires en matière d’accueil d’urgence, laissant à la société civile la charge de la mise à l’abri des exilé.e.s. Des centaines de bénévoles donnent de leur temps pour accueillir, nourrir et héberger des personnes fuyant leur pays dans l’espoir d’une vie meilleure.

Depuis 2017, l’Etat français viole systématiquement, à la frontière franco-italienne, le droit à entrer sur le territoire au titre de l’asile des personnes qui sollicitent la protection de la France ou d’un autre pays européen. Il bafoue les droits fondamentaux de ces hommes, de ces femmes et des ces enfants, au mépris des traités internationaux dont il est pourtant signataire.

Depuis 2017, l’Etat français ne respecte pas les droits fondamentaux de l’enfant et met régulièrement en danger des enfants en les refoulant à la frontière et en refusant de prendre en charge des mineurs non accompagnés se présentant sur le territoire.

Et pourtant, aujourd’hui, 21 citoyens, membres du conseil d’administration et salariés de Refuges Solidaires sont entendus par la Police Aux Frontières dans le cadre d’une enquête pour « aide à l’entrée, à la circulation et au séjour de personnes étrangères en situation irrégulière ».

A de multiples reprises, l’association Refuges Solidaires a alerté les autorités préfectorales à propos des difficultés liées au dépassement de la jauge du lieu d’hébergement, des problématiques liées aux transports, notamment en période de vacances scolaires et lors des travaux sur la ligne SNCF Briançon-Paris.
Ces difficultés ont été amplifiées par les mesures restrictives liées à la Covid 19, nécessitant que toutes les personnes soient testées avant de pouvoir emprunter un transport public.

La Préfecture n’a jamais tenu compte de nos alertes ni répondu à nos multiples appels à l’aide. Ses seules réponses ont été de doubler les effectifs des forces de l’ordre à la frontière et de demander à l’association de faire partir les gens le plus rapidement possible.

Dans ce contexte, ce sont des citoyen.n.es qui, par leur énergie et leur solidarité, pallient de façon désintéressée aux carences et irrégularités de l’Etat. Pourtant, ce sont celles et ceux qui se retrouvent suspecté.e.s d’enfreindre la loi.

Nous dénonçons et contestons cette tentative de renversement de situation et ces pratiques d’intimidation qui visent à dénigrer et à décourager les actions de citoyen.n.es guidé.e.s par des valeurs d’humanité, de solidarité et de fraternité, et qui risquent de mettre en danger des personnes vulnérables.

C’est pourquoi nous il nous semble juste et en accord avec le droit, que cette enquête préliminaire soit classée sans suite.
Nous demandons aussi que cessent les nombreuses pratiques d’intimidation à l’égard des solidaires.

Briançon, le 20 janvier 2022

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