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FERC CGT : l’extrême droite reste un danger majeur

Article mis en ligne le mercredi 31 août 2022

Lors du second tour de l’élection présidentielle, Marine Le Pen a recueilli 13,2 millions de voix. Un score jamais atteint par un ou une candidat·e d’extrême droite. Celle-ci n’a donc pas remporté l’élection présidentielle, écartant provisoirement le risque de l’installation d’un pouvoir fasciste en France. Mais écarter provisoirement ce danger n’est qu’une étape. Si la CGT s’est prononcée pour qu’aucune voix n’aille à l’extrême droite c’est bien car elle la considère comme une ennemie mortelle pour le monde du travail et pour la démocratie.

La construction d’une nouvelle force électorale d’extrême droite sous la bannière de Reconquête peut malheureusement élargir le spectre du fascisme, d’autant plus avec la stratégie à l’œuvre de l’Union des droites et le possible basculement de tout ou partie des Républicains. Le constat factuel de la montée électorale de l’extrême droite, de la présence de plus en plus importante de groupes satellites violents, de l’imprégnation grandissante des idées d’extrême droite dans la population… Tout ceci nous donne une responsabilité historique majeure dans une situation que l’on a rarement connue aussi périlleuse.

La CGT n’est malheureusement pas imperméable à l’imprégnation de ces idées. Comme l’indique le sondage établi par Harris Interactive pour Liaisons sociales quotidien, au 1er tour de l’élection présidentielle 2022, 26 % de personnes interrogées se sentant proches de la CGT ont voté pour un ou une candidat·e d’extrême droite (MLP, Zemmour ou Nicolas Dupont-Aignan). Ce même sondage indiquait 17 % en 2017 et 10 % en 2012. Cette progression est inquiétante et nous devons à ce titre multiplier les formations syndicales contre l’extrême droite, ses idées, ses pratiques, partout dans la CGT.

Nous devons être de tous les combats contre l’extrême droite et ses idées. En continuant à démasquer partout et notamment sur nos lieux de travail les impostures sociales, féministes et écologistes, en continuant à mettre en lumière le projet de discrimination généralisée de l’extrême droite.

Nous devons aussi être de tous les combats contre les néo-libéraux·ales au pouvoir. En continuant à démontrer que la politique menée par Macron est antisociale, climaticide et liberticide. Si Macron n’est pas d’extrême droite, il se place dans la lignée des néo-libéraux·ales autoritaires qui, par leur politique, ouvrent la voie au fascisme.

Dans les années 30, la montée du fascisme et du nazisme a procédé d’une manipulation par celles-ci et ceux-ci des crises économiques et démocratiques, en y apportant soi-disant des « réponses » et en désignant des boucs-émissaires. Mais le capitalisme, déjà à l’époque, œuvrait dans des politiques ouvrant de fait la voie à l’extrême droite, quand au même moment, le grand patronat se tournait progressivement vers le fascisme ou le nazisme !

À ce titre, le sondage Harris Interactive cité plus haut nous donne des éléments tout aussi inquiétants : en 2022, 31 % des personnes se sentant proches d’un syndicat patronal auraient voté à l’extrême droite, alors qu’ils et elles n’étaient « que » 11 % en 2017 et 2012. Une partie du patronat pourrait donc de nouveau se tourner vers le fascisme pour répondre à ses besoins !

Notre combat contre l’extrême droite et ses idées doit donc s’appuyer sur la double besogne de la CGT : une lutte quotidienne pour les droits des salarié·es et une lutte de construction d’une autre société, plus juste, sociale, écologique et féministe, s’opposant à la société néo-libérale et en faisant tout pour ne pas tomber sous le fascisme.

P.-S.

vigilance et initiatives syndicales antifascistes : visa

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