A l’ère de l’inouï, autrement dit les défis inédits auxquels l’humanité est actuellement confrontée : dérèglement climatique, effondrement de la biodiversité, explosion de la pollution et maladies dites " de civilisations "...et qui ne trouveront manifestement pas leur résolution par l’action des Etats ni du capital, la question " que faire ? " traverse tous les esprits préoccupés, voire "angoissés" par cette situation.Retour ligne automatique
"Faire que... L’engagement politique à l’ère de l’inouï"
A l’ère de l’inouï, autrement dit les défis inédits auxquels l’humanité est actuellement confrontée : dérèglement climatique, effondrement de la biodiversité, explosion de la pollution et maladies dites " de civilisations "...et qui ne trouveront manifestement pas leur résolution par l’action des Etats ni du capital, la question " que faire ? " traverse tous les esprits préoccupés, voire "angoissés" par cette situation.
Comment agir et dans quelle direction quand aucune référence historique n’existe pour appréhender les catastrophes annoncées et que l’extrême droite encouragée par les tenants du néolibéralisme sème la confusion et détourne les colères ? Comment dénoncer aussi les mensonges et les mystifications du capitalisme vert, du développement durable et autres inventions des "médiocres" qui gouvernent le monde et le mènent à sa perte ?
A cette question, Alain Deneault, commence par exposer quelques unes des réponses apportées par de nombreux auteurs et autrices. Il commence par citer le premier ouvrage intitulé " Que faire ? " de Lénine inspiré du roman de Nikolaï Tchernychevki qui imagine l’essor d’un ordre radicalement nouveau remettant à plat les rapports hiérarchiques tant dans la sphère du travail que privée, celui d’Althusser poussant les individus à se mobiliser collectivement. A présent, cette question est malheureusement plus souvent accompagnée d’un sentiment d’accablement...Mais bien sûr d’autres auteurs plus contemporains comme Badiou, Latour ont aussi tenter de répondre à cette question, ou encore l’historienne Ludivine Bantigny qui actualise le sujet et propose quelques solutions comme la réduction du temps de travail, l’extension de l’autogestion, la socialisation du système bancaire etc.
Autant de recommandations qui bien qu’utiles et même indispensables ne sont pas en mesure de calmer les peurs plus que légitimes de tout individu au fait de l’état désespérant de notre monde, entre conflits pour les ressources naturelles qui s’épuisent, et destructions pour la plupart définitives de grands pans de notre environnement.
Alain Deneault, lui, retourne la question en remplaçant le pronom interrogatif "que" appelant des réponses donc des solutions concrètes, des consignes, par la conjonction de subordination homonyme qui introduit elle plus humblement des suggestions, des hypothèses souhaitables, des engagements vers un avenir autrement désirable : faire que...
Et en conclusion de son ouvrage, il propose pour sa part de s’orienter vers ce qu’il appelle les "biorégions ", les territoires où chacun, chacune vit. A cette échelle, et loin du système mondialisé où plus personne n’a vraiment la maîtrise de rien, il s’agira de répondre aux besoins des communautés présentes en symbiose avec la géographie et ses caractéristiques. Cette proximité implique un rapport au territoire plus sain parce que ses habitant.e.s savent qu’iels en dépendent et ce qu’il est possible ou pas d’y faire pour le préserver.
Influencé par le "communalisme" de Murray Brookchin et les nombreuses expériences d’organisations autonomes, Deneault suggère que face aux crises qui ne manqueront pas de survenir, les populations soient en mesure de recréer des espaces où réinventer des formes de vie faites d’entraide, de partage, de soin et d’attention aux autres et aux espaces habités.
Alain Denault est docteur en philosophie, enseignant chercheur québécois, il est l’auteur de nombreux essais notamment " de " Gouvernance" sur le management autoritaire, ou "De quoi Total est-elle la somme ?" sur l’entreprise Total et la perversion du droit qu’elle met en place pour poursuivre ses activités délétères, ou encore "La médiocratie" sur la notion qu’il développe " d’extrême centre" qui caractérise entre autres ( ! ) les gouvernements français et canadien actuels...
Proposée par TB