Zoom sur les décideurs mondiaux (partie 1/2)
Article mis en ligne le 21 octobre 2025

La grande oubliée des revendications sociales et qui, pourtant, en est une cause centrale, c’est la question des politiques scientifiques et techniques. Ces politiques sont internationales, liées à un système financier centralisé et "dématérialisé", et s’imposent à tous les pays malgré les nombreuses résistances passées et actuelles. Et pour se développer, les grands groupes s’appuient sur tout un tas d’outils de propagande appelés officiellement "soft power", le pouvoir par la culture : l’éducation, les jouets et programmes pour les jeunes, les formations professionnelles et, bien sûr, les médias qui n’ont de cesse de se démultiplier. 

  La "nouvelle approche" européenne, depuis 2014, consiste à "limiter l’intervention des pouvoirs publics à l’essentiel et [à] laisser aux entreprises la plus grande latitude pour remplir leurs obligations vis-à-vis du public" (rapport 2014 de la Commission Européenne). Cela signifie que l’on vote pour des gens qui ne décident de rien et que toutes les décisions essentielles et impactant nos quotidiens sont prises par des instances non élues et opaques. Dès qu’on tente de remonter la chaîne décisionnelle, on se heurte aux secrets défense, industriel, commercial et financier.

  Or, quand on étudie ces politiques-là, on s’aperçoit que :

    1 - Tous les journalistes, chercheurs indépendants ou collectifs citoyens qui se sont penchés sur les buts et méthodes des grands groupes financiers et industriels, quel que soit leur angle d’approche, arrivent tous aux mêmes conclusions : ces grands groupes sont de hauts criminels, leurs méthodes sont abjectes, ils salissent tout ce qu’ils touchent, corrompent tous les États et ne cessent de s’étendre et se renforcer. La numérisation y est pour beaucoup dans cette centralisation du pouvoir. Elle permet, via les IA intégrées partout, de surveiller en temps quasi réel les opinions et activités des populations et d’organiser la censure de façon extrêmement efficace, en calibrant des algorithmes qui rendront certains discours omniprésents et d’autres totalement absents.

    2 - Elles ne sont jamais soumises à débat démocratique car elles se présentent comme "neutres", basées sur "la science" et fondatrices du "progrès". C’est totalement faux : non seulement la science n’est pas neutre mais, ce que beaucoup de gens ignorent, c’est que la majorité des activités des chercheurs aujourd’hui ne relève pas de la science, c’est du développement technique, de l’ingénierie. Et tout ce qui entrave ce développement (y compris les arguments scientifiques) est dénigré. 

    3 - Chaque fois que des citoyens ou des chercheurs s’opposent à ces politiques et ce, partout dans le monde, ils sont méprisés voire persécutés physiquement, leurs revendications sont invisibilisées du grand public ou disqualifiées (complotisme, obscurantisme, etc). Notre histoire nous raconte la « merveilleuse » révolution industrielle en occultant systématiquement toutes les luttes légitimes à son encontre. Quelques exemples : 
        - Depuis le début des gros laboratoires de chimie de synthèse, il y a eu des alertes basées sur des faits. Aujourd’hui, on en est à des centaines de milliers de produits chimiques sur le marché européen. On retrouve ces substances dans tous les milieux naturels, avec des conséquences désastreuses.
        - Partout où les OGM se sont imposés, ça a été catastrophique pour les paysans, il y a eu des émeutes et des résistances : Amérique du Sud, Europe, Inde, Afrique, etc. Résultat ? Ça continue et c’est de pire en pire puisqu’on a largement dépassé les bons vieux OGM avec les nanobiotechs qui fabriquent à la pelle de nouvelles formes de vivant dans l’infiniment petit, formes qui vont ensuite interagir avec nos cellules, notre ADN, etc.
    - Nous nous plaignons tous de ne plus pouvoir nous adresser directement à un humain. À la CAF, dans des cabinets de radiologie ou au restaurant, il faut se connecter à un écran alors que nos congénères sont là, devant nous. Pourtant, ça continue.
    - On assiste à la détérioration des services publics et des métiers de l’humain comme la santé, l’éducation ou la justice. Non pas par manque de moyens, puisque le développement technique est extrêmement gourmand en argent, en ressources et en énergies. Mais à cause de choix politiques qui consistent à investir dans les objets au détriment de l’humain : télémédecine, robots infirmiers, psychologues virtuels, logiciels pour remplacer les juges et les enseignants… Ces investissements s’accompagnent de normes et de pensées techniciennes, réductrices et déshumanisantes, qui n’aident en rien les professionnels à fonctionner sur leurs terrains.

  Prenons quelques exemples concrets du fonctionnement médiatique sur ces questions : 

    1 - Fin 2009-début 2010, l’État a organisé deux débats publics en même temps : un sur les nanotechnologies et l’autre sur "l’identité nationale". Pendant cette période, les médias n’ont fait que parler du voile des femmes musulmanes, en long en large et en travers. Donc, d’un côté, un sujet extrêmement grave car il porte atteinte à toute la sphère du vivant ainsi qu’à nos libertés les plus fondamentales, quels que soient notre couleur de peau ou l’endroit du globe où l’on crèche, a été invisibilisé. Et de l’autre, nos différences culturelles ont été matraquées jusqu’à écœurement et montées en épingle de façon à ce qu’on se tape dessus les uns les autres. D’ailleurs, depuis, la mise en scène des scissions sociales n’arrête pas : il n’y a plus ni débat ni informations factuelles, seulement des "clashs", des "étiquettes" et des oppositions hommes contre femmes,"blancs" contre "racisés", vaccinés contre antivax, etc. Et chaque idée est systématiquement assimilée à un parti politique, ce qui empêche de penser en dehors de ces champs. Certains sujets rassemblent, d’autres divisent...


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