Mille Bâbords - 61 rue Consolat - 13001 Marseille
La dissociation est une attitude engendrée par la répression, qui prend des formes très diverses : communiqués, dénonciations, oppositions à des modalités d’action et d’intervention.
Dans la rue, elle s’opère dans la formation de services d’ordre, la reproduction de la catégorie des "mauvais·e·s manifestant·e·s", la marginalisation de personnes au sein d’un cortège ou lors d’une nasse, les laissant seules face à la répression policière.
Au tribunal, elle s’exerce notamment à travers l’élaboration de défenses basées sur des logiques de profil, de connivence avec la justice, de distinction entre bon·ne·s et mauvais·e·s manifestant·e·s.
Ces stratégies de défense s’appuient sur la reconnaissance des catégories de distinction produites par les institutions pour diviser et enrayer les mouvements sociaux. Ce faisant, la dissociation se révèle particulièrement efficace pour briser leur combativité.
À l’inverse, Cagnard défend la diffusion et la mise en œuvre de pratiques de défense de la rue au tribunal entre tous·tes. Celles-ci doivent assurer une solidarité effective dans les espaces de lutte et constituer en ce sens les fondements de mouvements sociaux ambitieux et combatifs.
Il est indispensable de s’opposer massivement aux logiques de dissociation où qu’elles se déploient.
Afin d’analyser les modalités de leur mise en oeuvre passée et actuelle, de comprendre leurs conséquences sur les luttes et leurs implications dans leur rapport aux institutions, Cagnard organise un temps de discussions et de débats ouvert à toutes et tous.
Cette table ronde sera articulée autour de plusieurs axes de réflexion :
Discuter de l’historique de la dissociation, à travers l’exemple des régimes juridiques français et italien ;
Analyser et comprendre comment la dissociation s’exerce dans nos espaces de lutte et d’organisation ;
Élaborer des pistes pour s’en prémunir, s’y opposer collectivement et mettre en œuvre des stratégies de défense qui nous permettent de faire face solidairement à la répression.