Et si la rue pouvait arrêter les guerres ? Mutineries et poussées révolutionnaires en 1918

Manifesten 59 rue Thiers, 13001 Marseille

Article mis en ligne le 18 janvier 2026
dernière modification le 10 janvier 2026

Et si la rue pouvait arrêter les guerres ?
Mutineries et poussées révolutionnaires en 1918

Dans le cadre du Cycle de discussions & rencontres : S’opposer à la
guerre, s’organiser contre l’embrigadement

Saviez-vous qu’au siècle dernier, des milliers de soldats se sont
mutinés car ils ne voulaient par réprimer d’autres prolos à des miliers
de kilomètres de chez eux ? Que leur révolte accélera la fin de la
guerre et renforça le climat insurrectionnel européen ?

Mathieu, historien de la première guerre mondiale et des mutineries de
soldats, viendra nous rafraichir les idées sur les dynamiques
révolutionnaires qui ont secoué cette période. À rebours de l’histoire
officielle et bourgeoise, nous explorerons les mutineries de ces soldats
allemands qui, en octobre 1918, basculèrent dans la révolution
spartakiste plutôt que de continuer à faire la guerre. On causera aussi
des révoltes de soldats français en 1919 refusant de combattre la
révolution russe. Nous reviendrons sur les puissantes mobilisations des
populations restées loin du front contre le massacre que leur imposent
leurs dirigeants : convois d’armes bloqués, solidarité internationale,
campagnes d’amnistie en faveur des milliers de mutins, etc.

Cette présentation sera l’occasion de se questionner sur les rapports
historiques étroits entre guerre et révolution et de les mettre en lien
avec aujourd’hui.

Prochaines dates :

jeu 26 février > La Dar > 18h30
Contre l’embrigadement de la jeunesse et le service militaire
Présentation de la cartographie « armées-jeunesse : infiltrer, recruter,
séduire » par le Collectif contre la militarisation de la jeunesse et de
l’école.

sam 21 mars > La Dar > 17h
Contingent rebelle
Être réfractaire au service militaire dans les années 1970 en France.


Texte d’appel aux discussions :

Aux quatre coins du monde les États s’arment. Les capitalistes mettent
la pression pour se créer du profit et s’accaparer les ressources... Les
territoires colonisés et périphériques sont les premiers à en faire les
frais. Ainsi les nationalismes montent
en flèche, on continue à préparer les esprits. Si les élans guerriers
peuvent s’appuyer sur des volontaires, lorsque la pression est à son
comble, elle s’appuie presque toujours sur la coercition des
exploité·e·s, que ce soit pour les faire participer au processus
guerrier (effort de guerre, enrôlements, reproduction...) ou pour les
éliminer/massacrer.

Contre l’embrigadement

En France, la suspension du service militaire obligatoire est récente.
Si elle constitue l’aboutissement de décennies de luttes et d’agitation,
elle a aussi été l’occasion pour l’État de consolider, d’une part, les
liens étroits entre armée et éducation nationale, et d’autre part de
continuer à professionnaliser, technologiser et réorganiser son armée.

L’éloignement de la jeunesse des rudesses et des horreurs de la vie de
caserne a mis fin aux luttes antimilitaristes. Dès lors, la stratégie de
l’État a été de transformer l’image de l’armée en une présence latente
au sein de toutes les écoles.

Après s’être penché·e·s sur les moyens de s’opposer aux guerres par la
désertion lors du précédent cycle, nous nous demanderons comment, depuis
le siècle dernier et principalement dans le contexte hexagonal, des
personnes enrôlées dans l’armée ont-elles pu lutter pour enrayer cette
machine mortifère.

Contre la guerre

Il y a une grosse centaine d’années, à la veille de la 1ère guerre
mondiale, une partie du mouvement ouvrier se dote de mots d’ordre et de
plans d’attaque pour anticiper le carnage à venir, persuadée que seuls
les dirigeants et capitalistes internationaux trouveraient leur salut
dans cette guerre : grève générale, sabotage, manuel anti-militariste,
soutien aux déserteurs, mise en lien avec les populations des « camps »
ennemis.

Aujourd’hui, avec les mutations qu’a connues le monde et la pacification
sociale actuelle, que peut-on imaginer pour endiguer la militarisation
ambiante ? Comment celle-ci continue de s’immiscer dans les programmes
destinés à la jeunesse, dans les discours médiatiques ?

On viendra donc naviguer dans l’histoire des luttes contre la guerre et
l’armée de la première guerre mondiale aux années 70, et explorer
aujourd’hui les liens entre l’éducation nationale et l’armée, et les
rouages de la propagande militaire et nationaliste.


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