Une tribune pour les luttes

Mais pour qui roulent-ils ?

Les CHIBANIS Marseillais victimes d’une certaine presse

Article mis en ligne le jeudi 11 mai 2006

« Trop nombreux pour être honnêtes »
« Fraudes organisées aux prestations sociales »
« 5 millions d’euros indûment perçus ... Un réseau organisé pourrait s’étendre derrière jusqu’en ALGERIE. »
La Marseillaise du 5 mai 2006 (journal local quotidien)

« Des millions d’euros d’aides sociales partaient pour l’ALGERIE »
« Les Chibanis dans la tempête fiscale depuis un an »
« ... une incroyable escroquerie dont bénéficiaient 400 Algériens vivant dans leur pays d’origine »
La Provence du 5 mai 2006 (journal local quotidien)

« Démantèlement d’une escroquerie aux alloc’ »
« le réseau utilisait de fausses domiciliations pour percevoir des allocations retraites et des versements de sécurité sociale. »
20 MINUTES du 5 mai 2006 (Edition Marseille)

« Escroquerie : L’allocation vieillesse filait vers l’Algérie »
« l’escroquerie porte sur près de 5 millions d’euros perçus illégalement par 400 Algériens dont 92% au préjudice de la Cram au titre de l’allocation complémentaire vieillesse »
La Provence du 6 mai 2006 (journal local quotidien)

« faussement domicilié près de 800 personnes ... afin que 400 d’entre elles aient pu toucher des prestations sociales indues. »
« L’Imam blanchisseur écroué »
La Marseillaise du 6 mai 2006 (journal local quotidien)

« Arnaque aux organismes sociaux, Environ 3500 faux locataires ont détourné 9 millions d’euros en à peine 20 mois »
« Les bénéficiaires, des retraités en provenance de pays du Maghreb, vivaient tous dans leur pays d’origine »
« à qui ont profité ces détournements, qui sont les organisateurs et comment se fait-il que les organismes sociaux n’aient rien décelé pendant des années ? »
France 3 Méditerranée du 7 mai 2006 (information relayée nationalement)

« Arnaque aux allocs ... »
« ... plusieurs Algériens avaient bénéficié de fausses attestations de résidence, depuis quatre ans, pour percevoir des prestations sociales. Les sommes indûment versées atteindraient 4,5 millions d’euros, dont 92% au titre de complémentaire-vieillesse. »
20 MINUTES du 9 mai 2006 (Edition Marseille)

Le jeudi 4 mai à 6 H 20, « une presse » écrite et audiovisuelle marseillaise descendait avec la police dans quatre hôtels du quartier BELSUNCE ...
Cette « presse » a-t-elle donnée la parole aux intéressés ou à leurs représentants associatifs, a-t-elle rendu compte de la conférence de presse de notre association, a-t-elle présentée une information honnête ?

« Si quelqu’un fait de fausses déclarations et touche des prestations indues, c’est normal qu’il soit sanctionné. »
Un représentant associatif (La Provence du 5 mai 2006)

Cette « presse » ignore-t-elle totalement la problématique des CHIBANIS et des hôtels meublés à Marseille ?
Cette « presse » répondrait-elle ainsi à la non-intégration des étrangers âgés et à la question : peuvent-ils vivre en France une vieillesse légitime ?

Ce que cette « presse » sait ... mais qu’elle ne dit pas !

Donc les « escrocs » percevraient ou bénéficieraient d’une des composantes du minimum vieillesse « l’Allocation supplémentaire du fonds de solidarité vieillesse (ASFSV) » qui leur permet d’avoir un revenu minimal en tant que personnes âgées.

Une perception en raison des caractéristiques de leur période d’activité (emplois peu qualifiés et précaires, travail non déclaré, alternances de périodes de chômage et d’activité), les immigrés isolés connaissent des carrières et des ressources modestes. C’est cette précarité économique qui explique le bénéfice de l’ASFSV.

Rappelons que les étrangers (résidant en France au moment de la prise de leur retraite) peuvent bénéficiés de l’ASFSV depuis la loi « Chevènement » de 1998.

En fonction des sources diffusées par cette « presse » elle serait d’un montant de 130 ou de 260 euros par mois pour une retraite mensuelle avec l’ASFSV d’un montant d’environ 600 euros.

L’octroi du 2ème étage du minimum vieillesse (l’ASFSV) est conditionné par le respect du principe de territorialité : l’attributaire doit résider en France. Or, le contrôle de cette condition a un fondement juridique incertain ; en effet, faute de parution d’un décret annoncé par la loi, c’est une circulaire qui en définit les conditions d’effectivité et de permanence.

Les caisses en charge du contrôle de la résidence suivent des pratiques hétérogènes, et les enquêtes qu’elles conduisent ciblent quasi exclusivement les étrangers.

A la CRAM du Sud-Est, la situation est la suivante : les personnes de nationalité française représentent 81,8% des prestataires de droits propres, et 52,6% des bénéficiaires de l’ASFSV ; pour les personnes de nationalité algérienne, les chiffres respectifs sont 9,3% et 23,2%, pour les Marocains 1,4% et 9,1% et pour les Tunisiens 1,9% et 10,5%.

A partir de ces chiffres nous constatons que la population algérienne représente la population étrangère âgée la plus impécunieuse, avec les Portugais, les Tunisiens et les Marocains.

Ainsi il incombe au législateur français de donner à la résidence une définition juridiquement valide, de définir clairement la notion de « domicile » pour en permettre une appréciation homogène sur le territoire et de consolider la pratique du va-et-vient qui apparaît consubstantielle à la vie de cette population qui est « à la fois ici et là bas ».

Mais au fait qui a parlé qu’une association avait soumis un projet et une proposition de loi ?

Le constat qu’oublie sciemment la « presse » ?

A Marseille, pour des raisons politiques et économiques les travailleurs immigrés n’ont pu avoir accès à des foyers, ce qui fait qu’aujourd’hui « les immigrés vieillissants » sont logés précairement dans des hôtels meublés d’où ils sont expulsés suite à la requalification de BELSUNCE, que la transformation des foyers en résidences sociales ne peut être envisagée.

En effet, les autorités françaises n’ont pas voulu que cette population « vieillisse dignement en France et à Marseille ». Elles ont incité ou forcé au retour au pays et elles ne reconnaissent pas leur « chez eux » qui se trouve entre les deux.

Certes les autorités étatiques et locales affichent une volonté d’éradiquer l’habitat indigne, mais se refusent de prendre appui sur le programme expérimental « pensions de famille » qui a érigé en critères d’accueil, l’isolement social et affectif, qui est aussi une caractéristique des « vieux travailleurs immigrés maghrébins ».

En agissant ainsi, cette presse sert quels intérêts ?

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