Une tribune pour les luttes

Sans papiers : UN VENT DE MODERNITE

Article mis en ligne le mardi 3 octobre 2006

La circulaire Sarkosy a fait naître des espoirs démesurés chez les sans-papiers. Dans l’immobilisme général, c’était la seule perspective bien fragile, pour certaines familles d’obtenir une régularisation. Mais cette circulaire à but électoral voulait prouver « sa poigne de fer » dans la gestion de l’immigration. Aujourd’hui la déception est grande et il n’y a pas d’autre choix que de continuer le combat et de l’amplifier.

Vouloir vivre et travailler en France ou dans l’Union Européenne pour les étrangers en situation illégale est légitime, juste et indispensable.

Ce ne sont pas des hordes de sauvages qui menacent de nous submerger. Il s’agit de citoyens principalement issus du tiers monde qui cherchent un lieu de vie et de reconnaissance pour échapper à la misère ou à des pouvoirs politiques d’oppression violente.

Les responsables politiques versent des larmes de crocodiles et considérant qu’il est impossible d’accueillir toutes les misères du monde, autant fermer quasiment les frontières. Pourtant la France est une puissance coloniale encore prédatrice dans de nombreux pays africains pillés depuis des décennies. La dette envers ces peuples est immense et le devoir d’accueil élémentaire. Dresser des murs aux frontières de l’Europe et faire l’autruche n’est plus possible.

La mondialisation dont profitent tant les grandes puissances capitalistes implique le droit de circuler pour tous les humains et pas seulement pour les marchandises et les capitaux.Et la libre circulation fonctionnera dans les deux sens, du Sud vers le Nord et pas seulement des pays riches vers le monde pauvre.

Le monde doit s’adapter à cette réalité nouvelle et incontournable.

Le combat des immigrés et des sans-papiers est notre combat.

Si nous cédons sur la défense des droits élémentaires de la personne humaine, ceux des pauvres, des étrangers et des sans-papiers, ceux de tous les sans-droits, c’est la loi du plus fort et le racisme qui gagnent et la fascisation qui se développe. Tout le peuple sera perdant.

Ballon Rouge a parrainé quatre familles en juin 2006. Une seule d’entre elles a aujourd’hui un espoir de régularisation. Que faire pour les autres familles, nos amies ? L’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, la Grèce et même Bush ont donné une réponse : la régularisation des sans-papiers. C’est la seule voie possible sur le plan humain, économique. Loin d’être un poids, par leur travail, ils produiront de la richesse pour leur pays d’accueil et celui d’origine.

Les candidats aux élections présidentielles doivent se prononcer clairement et ne pas manipuler l’épouvantail de l’immigration comme bouc émissaire de nos maux. Vouloir les rejeter et les condamner à la clandestinité est la pire des solutions. La question à résoudre est :
Comment organiser l’accueil, les droits et les devoirs de ceux qui frappent à notre porte ?
Comment transformer une difficulté passagère en une chance pour notre pays et pour l’Europe ?
Depuis des siècles des dizaines de millions d’étrangers sont venus s’installer en France. Inversement plus de trois millions de français vivent actuellement à l’étranger. C’est un mouvement de brassage naturel de population, c’est le vent de la modernité.

Nous proposons :

1/ améliorer d’urgence l’accueil des étrangers dans les services préfectoraux pour un minimum de respect de la personne humaine.

2/ supprimer pour toutes les anciennes colonies les visas pour entrer en France, que Pasqua a imposés en 1986 et que la gauche a maintenus par la suite.

3/ supprimer toutes les restrictions de circulations imposées aux citoyens des nouveaux pays adhérents de l’UE

4/ régulariser les sans-papiers qui vivent en France (dans un délai à définir).

5/ faciliter le regroupement familial.

6/ accorder aux étrangers, travaillant et vivant dans notre pays, les mêmes droits qu’aux français.

7/ engager le débat pour faciliter la libre circulation des personnes. Cette revendication est fondamentale, elle s’accompagne d’efforts de soutien au développement pour les pays pauvres.

C’est au niveau de l’Union Européenne que ces revendications doivent trouver toute leur application.
En, attendant, les sans-papiers qui vivent en France et en Europe, n’ont aucune vocation à être expulsés.
Nous voulons contribuer à ce combat avec nos modestes moyens.
Et si vous voulez nous aider, vous serez les bienvenus.

mercredi 27 septembre 2006

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