Une tribune pour les luttes

Réflexions unitaires

par Michel Bonnard, militant de Ballon rouge

Article mis en ligne le mercredi 25 octobre 2006

Nous voulons, autour d’un programme antilibéral, bâtir un rassemblement unitaire préfigurant peut-être une recomposition politique que nous appelons de nos voeux. Aujourd’hui, ce rassemblement pose la question : Quelle stratégie politique allons-nous développer pour inverser le cours actuel d’une mondialisation criminelle, prédatrice des droits, destructrice de la nature et ennemie de tout progrès social ?

La société s’interroge sur son devenir immédiat et sur les moyens pour arrêter la régression insupportable qu’elle subit. Si la seule réponse efficiente se trouve dans la réflexion et l’action des collectifs, leur crédibilité est loin d’être reconnue aujourd’hui. D’ici le printemps 2007, la course au pouvoir est trop courte pour que les candidats unitaires soient majoritaires et il faut cesser de faire comme si c’était déjà possible. Par contre l’objectif de représenter une force politique en voie de construction portée par une mobilisation réelle et massive bénéficiant d’une proportion conséquente de suffrages est parfaitement réalisable.

La révolte des cités et la victoire contre le CPE montrent que la population jeune refuse massivement la condition qui lui est faite. Les votes protestataires fortement représentés chez les ouvriers et les chômeurs (24 et 30% parmi ces catégories en 2002 en faveur du FN) et les abstentions massives, indiquent clairement la perte de confiance de ces milieux dans la gauche.

La reconquête des couches jeunes, des couches défavorisées en général est non seulement urgente et prioritaire, mais indispensable si on veut éviter une catastrophe politique et sociale incontrôlable et fascisante.

Le programme antilibéral, s’il est effectivement explicité dans le débat politique, s’il est porté par un large courant unitaire au plus profond de la population, alors les arguments de la droite et du PS seront disqualifiés et les couches qui nous intéressent reviendront à la politique et à la lutte.

Il faut maintenant que le débat sur la candidature aux présidentielles ait lieu dans les collectifs sans fausse pudeur et que chacun apporte ses raisons. Il faut trouver aussi une procédure pour que le choix se fasse dans le cadre d’un large consensus.

Le PCF se trouve devant un choix difficile. Il n’a aucun intérêt à se présenter seul à l’élection présidentielle et il n’a pas les moyens de se couper du PS s’il veut des élus aux législatives. D’où l’idée de présenter M. G. Buffet comme candidate unitaire. Le problème, c’est que celle-ci a été ministre dans le gouvernement Jospin, qu’elle poursuit les contacts avec le PS en vue de futurs accords, qu’une partie importante des militants dans les collectifs auront le sentiment de servir de base de manoeuvre au PCF et que la candidature de Besancenot risque de devenir alors une réalité.

Les électeurs auxquels nous voulons nous adresser faisant partie des déçus de la gauche et du PCF, sa candidature a toutes les chances d’échouer électoralement et de faire éclater les collectifs. Dans ces conditions, l’alternative antilibérale perdrait toute crédibilité. M. G. Buffet ne peut donc pas incarner ce programme antilibéral, même si elle en est totalement partie prenante.

Le fait de présenter un candidat hors parti présente l’intérêt de laisser une latitude aux partis pour mener leur politique sans compromettre la dynamique unitaire antilibérale, de renforcer la cohésion des collectifs et d’ouvrir la perspective d’une plus large adhésion. Il est nécessaire de choisir quelqu’un qui ait une expérience des médias, qui soit déjà connu pour son action militante déterminée, qui possède une aisance de parole, un discours à la fois simple et précis et, enfin, qui accepte de mener ce travail au sein d’un collectif de campagne représentatif de tous les courants. José Bové correspond à ce profil.

Les élections législatives doivent aussi faire partie de notre débat. Il est évident que les organisations politiques ont tout intérêt à avoir des élus. Il est aussi important que des élus hors parti représentent le courant antilibéral. Si des compromis sur la répartition des circonscriptions sont passés par le PCF avec le PS, il importe, pour les collectifs, de veiller à ce que ces arrangements ne se fassent pas au détriment de notre engagement ou au prix du renoncement à « ce que nous voulons ».

Il est temps d’avancer dans ce débat afin de libérer les énergies des collectifs.

Michel Bonnard, militant de Ballon rouge, 24-10-06.

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