Une tribune pour les luttes

Réponse de la Cimade

Cabale contre la Cimade dans la Provence

Article mis en ligne le samedi 16 décembre 2006

Le journal du vendredi 15 décembre de la Provence-Marseille, contient, en page 4, un billet “indiscret” intitulé “grève de la faim au centre de rétention”. Nous y apprenons que “/depuis deux jous, une cinquantaine d’étrangers en situation irrégulière retenus au centre du Canet, refusent de prendre certains repas./” Puis, après cette info qui se veut objective, suit un avis : “/Un mouvement qui n’est pas sans surprendre les policiers chargés de la surveillance de ce centre.../”. L’information provient donc des policiers. Et enfin, la cerise sur le gateau “/Selon nos informations, la cinquantaine de personne en veut particulièrement à l’association Cimade chargée pourtant de leur venir en aide. « Les gens de cette structure ne répondent pas à nos attentes », auraient expliqué plusieurs individus./” ; fin de citation. Quelques questions nous viennent à l’esprit :

- Peut-on imaginer une grève de la faim de 50 personnes, c’est-à-dire la moitié des effectifs, dans un centre de rétention, sans que tous les médias, y compris nationaux s’en saisissent ? Si l’information était vraie, la Provence elle-même n’aurait-elle pas dépêché sur place ses journalistes spécialisés sur le sujet ? Les trois personnes de la Cimade qui y travaillent en permanence n’auraient-ils pas déjà fait au moins un communiqué ?

Il est vrai, qu’un véritable malaise existe dans ces centres et que chaque jour des retenus refusent de prendre un repas ; il est vrai qu’environ 25 personnes ont évoqué une grève de la faim, mais pour le moment il ne s’agit pas de cela et de plus, les revendications ne sont formalisées dans aucun texte et ce sont les conditions de rétention et la politique de reconduite qui est leur vrai problème.

- D’ailleurs, quel est le pouvoir de la Cimade pour “répondre à leurs attentes ?” Contrairement à ce qui est dit dans l’article, la mission de la Cimade dans les centres de rétention ne consiste pas à “leur venir en aide”, mais pour défendre leurs droits lorsque cela est possible, et encore faut-il ajouter que la loi ne permet quasiment plus grand chose.

- Nous nous posons des questions sur la déontologie professionnelle de la direction de la Provence. En effet, comment se fait-il que sur une telle information, un seul avis soit donné, aucun recoupement de vérification n’aît été fait, l’avis de la “structure” incriminée n’aît pas été pris, les journalistes spécialistes du journal n’aîent pas été chargé du sujet, le billet ne soit même pas signé ?

Nous avons téléphoné au journal où nous avons fini, en fin de journée, par avoir le directeur de la publication qui nous a dit qu’il avait retransmis une “information de source officielle”, sans que nous puissions en savoir plus ; et que ce que nous disions (c’est une fausse information) n’était que notre avis.

Ce billet “indiscret” ressemble alors plus à une désinformation visant à discréditer la Cimade, qu’à un article visant à informer et éduquer les citoyens de cette ville. Mais en fait c’est la Provence qui se discrédite.

- Une dernière question : Qui aurait intérêt à cette diffamation ?

La référence à une “source officielle” pourrait laisser penser à la Préfecture, mais nous constatons que jusqu’à maintenant celle-ci n’a jamais agi de la sorte : le Préfet convoque les médias au cours d’une conférence de presse ou d’une visite sur place. Ne cibler qu’un seul journal et sous la forme d’un billet “indiscret”... Qui va penser que le Préfet a du temps à perdre à ces enfantillages ? Alors, quelle organisation pourrait chercher à nuire à notre action ?

Toujours est-il que ces gamineries en disent plus sur les faiblesses des commanditaires et leurs motivations politiques profondes que sur le rôle de la Cimade en rétention : Nous sommes contre l’inhumanité de la politique actuelle de rétention et de reconduite à la frontière, mais tant qu’il y aura de tels centres, nous ferons tout pour y être dedans, afin de savoir ce qu’il s’y passe et de tenter de défendre le droit des étrangers.

Françoise Rocheteau et Jean-Pierre Cavalié

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