Une tribune pour les luttes

Au jeu électoral, le capitalisme ne perd jamais

Article mis en ligne le mercredi 16 mai 2007

La démagogie de droite a triomphé dans les urnes. La démagogie de gauche aurait pu tout aussi bien l’emporter. Le seul gagnant à tous coups à l’issue de ces élections comme de tant d’autres est le capital et son appareil répressif d’État.

On peut maintenant remplacer "Le Pen" par "Sarkozy" et "FN" par "UMP"... tant leurs discours sécuritaires, identitaires et xénophobes sont proches. Mais comme hier contre Le Pen, un rejet de Sarkozy aujourd’hui, sa "diabolisation", n’empêcheront pas les menées anti-sociales du patronat, véritables causes de la "fascisation" à l’oeuvre ici ; on change de tête mais la politique demeure. La CNT comprend les craintes, la colère, l’impatience et l’exaspération de toute une partie de la population et notamment de la jeunesse. Elle ne juge ni ne condamne les révoltes qui éclatèrent dans la foulée des élections et elle soutiendra tous ceux et toutes celles qui en subissent actuellement une répression judiciaire dont l’intensité ne cesse de croître. Elle réaffirme en même temps que ce n’est ni dans les urnes ni dans la contestation d’un scrutin électoral que seront trouvées les moyens de la riposte à l’exploitation capitaliste.

Barrage à Sarkozy ; et après ?

Les fronts républicains "anti-Sarkozy" ou "anti-Le Pen" tracent une limite, une frontière, au-delà de laquelle se répand le fascisme et en-deçà de laquelle règne une démocratie peu convaincante mais "acceptable". Ces fronts anti-fascistes, outre qu’ils dénaturent l’histoire des luttes passées en Italie, en Espagne ou en Allemagne, peuvent conduire certains à accepter des politiques anti-sociales marquées du sceau du "moins pire". C’est pourtant ce "moins pire" qui, par la destruction progressive de toute solidarité sociale, crée les conditions de l’établissement du fascisme, de la xénophobie, de l’individualisation, de la concurrence des travailleurs, de la répression... par l’accentuation de la course aux profits et la destruction des garanties sociales qui l’accompagne nécessairement.
Avant, pendant et après les élections la casse sociale continue, la lutte aussi !

Nous n’attendons rien des grand-messes électorales, nous connaissons déjà les politiques régressives dont elles accouchent. Nous ne comptons que sur nos mobilisations, déterminées, fortes, nombreuses, pour faire reculer l’entreprise de régression sociale qui fait office de politique dans les gouvernements successifs.

"seule une révolution sociale, une démarche radicale conduisant à la création d’une société juste, égalitaire et solidaire éloignera définitivement le spectre du fascisme. Tant que notre société reposera sur l’exploitation (...), les pires catastrophes restent à venir."

... écrivions-nous déjà en avril 2004, alors que le Front National croyait pouvoir prétendre à la présidence de la région PACA.

Pour nous, préparer une telle révolution, c’est lutter sur le terrain, en dehors de tout jeu politicien, et la seule façon d’éviter toute récupération de ces luttes, c’est que leur contrôle reste dans les mains de ceux et celles qui les mènent.
Ce que les élections n’ont jamais résolu, la grève générale s’en chargera ! La démagogie de droite a triomphé dans les urnes. La démagogie de gauche aurait pu tout aussi bien l’emporter. Le seul gagnant à tous coups à l’issue de ces élections comme de tant d’autres est le capital et son appareil répressif d’État.

Ce que les élections n’ont jamais résolu, la grève générale s’en chargera !

P.-S.

UL CNT Syndicats Autogestionnaires de Marseille
12, rue de l’Evêché
13002 Marseille

- Web : cnt-f.org/sam/
- Mail : sam chez cnt-f.org

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