Une tribune pour les luttes

Un arrêt de travail pour Sarko et son gouvernement

Signez la pétition

Article mis en ligne le dimanche 11 mai 2008

Citoyens ! Vous êtes persuadés que la bonne santé des institutions d’un pays démocratique est le capital commun de la Nation ? Alors, aux côtés de Pratiques, Les Cahiers de la Médecine Utopique, exigez :

1. Que le Président de la République et son gouvernement bénéficient de l’arrêt de travail réparateur auquel ils ont droit, de par leur dévouement au service de la dite Nation,

2. Que soient supprimées, en conséquence, les mesures prises par l’article 103 de la loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2008.

En effet, l’une de ces mesures, inique parmi bien d’autres, prévoit l’invalidation de tels arrêts par des médecins, désormais directement rémunérés par l’employeur du sujet, avec suspension totale des indemnités correspondantes.

Tout le monde conviendra, en cas d’invalidation de cet arrêt de travail par des médecins commis par l’« employeur » du Président et de son gouvernement, et comme ce projet de loi leur en donne latitude :

- Qu’il serait indécent de voir les faibles revenus de nos dirigeants amputés de cette façon mesquine, à l’instar de ceux de la plus humble des caissières de supermarché harcelée par son employeur,

- Qu’une reprise prématurée de leur activité par les intéressés, si elle devait s’accompagner d’une médication lourde - cas du commun des mortels -, pourrait s’avérer dramatique tant pour le déficit de l’Assurance Maladie que pour la santé des susdits - notre souci principal, cela va sans dire.

En conséquence, nous convions l’ensemble de nos concitoyens, à s’associer à l’initiative :

UN ARRET DE TRAVAIL POUR SARKO ET SON GOUVERNEMENT !

Signez cette pétition sur le site :

http://www.pratiques.fr/Un-arret-de-travail-pour-Sarko-et.html

Rendez-vous sur le site www.pratiques.fr pour en suivre le développement.

Sur le site du Contre-journal de Libé, lisez l’article de Camille Stromboni, les interviews des Drs Marie Kayser et Didier Ménard : il y va de votre santé et pas seulement des arrêts de travail.


Docteur Marie Kayser, membre de la Revue Pratiques.

« Avec la dernière loi de financement de la Sécurité Sociale, votée à l’automne 2007, l’arrêt de travail n’est plus un droit pour restaurer sa santé, mais devient une faveur que l’on doit mériter. Alors que les souffrances au travail s’accroissent, cette réforme a restreint l’accès à ce repos réparateur, indispensable aux travailleurs les plus touchés, en modifiant son système de contrôle. Aujourd’hui, lorsqu’un salarié est arrêté, ses indemnités proviennent en partie de l’assurance-maladie et en partie de l’employeur, en fonction des conventions collectives en vigueur. Lorsque ce dernier conteste l’arrêt de travail et demande un contrôle, la somme versée par l’entreprise peut être suspendue, si le médecin privé estime l’arrêt non justifié. L’indemnité provenant de l’assurance-maladie n’est pas touchée par cet avis médical. Seul le « médecin conseil », appartenant à la Caisse de l’Assurance Maladie, peut décider de supprimer cette partie. Expérimentée actuellement dans neuf Caisses d’assurance-maladie, choisies en raison d’un taux de prescription d’arrêt de travail élevé, cette réforme permet, sur simple avis du médecin employé par l’entreprise, de supprimer l’intégralité de l’indemnité. Ce dernier est en même temps juge et partie, puisqu’il est rémunéré par le patron qui conteste la validité de l’arrêt de travail.

En tant que médecin généraliste, j’ai reçu ainsi de nombreuses propositions de la part des entreprises, très bien rétribuées, afin d’opérer ces contrôles. L’assuré peut à son tour faire un recours, mais son indemnité est suspendue au préalable. Sur des arrêts de travail de quelques semaines, cela risque d’être vite abandonné. Il s’agit ainsi de renforcer les pressions, qui sont déjà exercées sur les « médecins conseil », pour faire diminuer le nombre d’arrêts de travail délivrés.

La lutte contre la fraude n’est qu’un prétexte. Phénomène minoritaire, elle représente entre 5 à 7% des arrêts. Je reçois plutôt de nombreux patients qui refusent les arrêts de travail, par peur de perdre leur emploi ou pour une question financière. En effet, les trois premiers jours d’arrêts de travail ne sont pas indemnisés par l’assurance-maladie, mais seulement avec la somme versée par l’employeur. Ensuite, la part varie en fonction de la durée de l’arrêt, mais pour ceux qui durent quelques semaines, la Caisse reverse environ la moitié du salaire, seulement. La fraude n’est donc absolument pas généralisée, mais concerne une toute petite partie des salariés. Les contrôles mis en place par l’assurance-maladie, par le biais des médecins « conseil », s’attaquent déjà à ce problème. Il est anormal que l’employeur puisse, par son médecin privé, imposer son avis à l’assurance-maladie, sur ce qu’elle doit, ou non, verser à l’assuré.

De la même manière, sous couvert d’une irresponsabilité des Français concernant leur consommation de médicaments, le gouvernement continue à renforcer le système de franchises. Ces dernières, qui ne sont remboursées ni par l’assurance-maladie, ni par les complémentaires, apparaissent avec la réforme de 2004 sur les actes médicaux, les radios et les analyses biologiques. Plafonné à un euro par jour pour chaque type d’acte, ce seuil est passé à 4€ en juin 2007. En effet, l’Objectif National de Dépenses d’Assurance Maladie (ONDAM), fixé chaque année par la loi, engendre, s’il est dépassé de plus de 0.7%, la mise en œuvre d’une panoplie de mesures pour remédier à cette hausse. En juin 2007, l’Objectif étant franchi, la Commission d’alerte a réagi, avec notamment cette augmentation du plafond à 4€. La technique est pernicieuse : l’Objectif est volontairement fixé très bas. Il est donc rapidement dépassé, ce qui permet au gouvernement de faire passer plus facilement ces mesures désagréables – vers un moindre remboursement des patients en général - présentées comme inévitables et dans l’urgence. Le gouvernement continue en ce sens avec l’instauration de nouvelles franchises dans cette loi de l’automne 2007 : 50 centimes sur chaque boîte de médicament (sans plafonnement), sur les actes paramédicaux, 2€ sur le transport en ambulance… Le plafond est fixé à 50€ par an par assuré. En ajoutant les franchises de 2004, cela représente 100€ ! Sans oublier bien sûr le ticket modérateur, payé par chaque assuré, qui représente environ 35% sur une boîte de médicament et 30% d’une consultation médicale.

Les citoyens doivent s’emparer du débat parce que ce n’est que le début. Les autorisations de dépassement, présentes dans le secteur 2, pourraient être généralisées, avec un plafonnement, dans un secteur dit « optionnel ». Les assurés auraient beaucoup plus de dépassements à payer de leur propre poche, avec leur complémentaire par exemple. Ces augmentations des coûts non remboursés poussent le patient vers les mutuelles et assurances privées. Ce système est fondamentalement inégalitaire : lorsque l’assuré cotise pour l’Assurance Maladie, c’est en fonction de ses revenus ; avec les complémentaires, ce n’est pas le cas. L’accès aux soins devient de plus en plus difficile pour ceux qui en ont le plus besoin ».

extrait de

http://contrejournal.blogs.liberation.fr/mon_weblog/2008/05/un-arrt-de-trav.html

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