Une tribune pour les luttes

AFPS (Association France Palestine Solidarité)

Abraham Serfaty, mort d’une figure de l’opposition marocaine

"Militant anti-impérialiste, juif antisioniste, ...resté jusqu’au bout fidèle à ses convictions", Abraham Serfaty est mort"

Article mis en ligne le vendredi 19 novembre 2010

Abraham Serfati : témoignage de Simone Bitton sur TV5MONDE

http://www.tv5.org/cms/chaine-franc...


http://www.france-palestine.org/article16070.html

publié le vendredi 19 novembre 2010

Le Monde diplomatique

Abraham Serfaty, militant anticolonialiste marocain, est mort le 18 novembre 2010. Figure hors du commun de l’opposition, son itinéraire est emblématique de toute une génération. Né en 1926 dans une famille juive de Tanger, il adhère au PCF entre 1945 et 1949 (il est alors élève ingénieur aux Mines de Paris), et s’engage dans le combat pour l’indépendance de son pays. Il participe ensuite à la mise en place des nouvelles institutions. Il milite au sein du mouvement communiste marocain, mais rompt avec lui en 1970 et crée le mouvement Ilal Amam. Arrêté une première fois en 1972, il entre dans la clandestinité avant d’être à nouveau incarcéré en 1974. Il croupira pendant plus de quinze ans en prison, notamment à Keinitra, où il sera torturé. Devenu un des plus célèbres prisonniers marocains, il sera libéré en 1991, mais, déchu de sa nationalité et expulsé du Maroc. Il ne sera autorisé à récupérer sa nationalité et à rentrer dans son pays qu’en 1999, après l’avènement sur le trône de Mohammed VI.

Militant anti-impérialiste, juif antisioniste, favorable à l’autodétermination des Sahraouis, soutenu avec constance par sa femme Christine Daure qui l’avait recueilli durant sa clandestinité, Abraham est resté jusqu’au bout fidèle à ses convictions [1].

Répondant à une tribune parue dans Le Monde signée par l’ancien tout-puissant ministre de l’intérieur de Hassan II Driss Basri, il écrit un texte intitulé « L’héritage de Hassan II » (10 août 2004) :

« Je voudrais prier le lecteur de ces lignes d’excuser l’indignation qui suit. Mais puis-je oublier mes camarades Abdellatif Zeroual et Amine Tahani, morts sous la torture ? Puis-je oublier Saïda Mnebhi, morte en grève de la faim ? Puis-je oublier tant de vies de mères combattantes, mortes épuisées par leur lutte pour leurs enfants emprisonnés, y compris la mienne, morte en avril 1982 ? Puis-je oublier les 33 morts dans les cachots de Tazmamart avant que, grâce à la lutte de Christine Daure, les portes du bagne s’ouvrent sur les 28 survivants ?

On ne peut pas oublier que les années du règne d’Hassan II furent jalonnées de massacres. Celui du 23 mars 1965 contre la jeunesse révoltée de Casablanca. Celui de juin 1981 contre toute la population des quartiers pauvres de Casablanca, également révoltée. Celui de janvier 1984 contre le peuple de Marrakech et tout le peuple du Rif, de Nador à Ksar-el-Kébir, eux aussi révoltés, en passant par Alhuceïma en état d’insurrection. Ce peuple du Rif qu’il qualifia alors de “oubash” (“voyous”). »

Lecteur attentif du Monde diplomatique, Abraham avait écrit un texte pour notre mensuel alors qu’il était en exil en France : « Les ratés du “réalisme prospectif” au Maroc », novembre 1992.


Voir aussi sur Médiapart un entretien vidéo :

http://www.france-palestine.org/article16070.html

Un long entretien réalisé en avril 2009 par la chaîne de télévision marocaine 2M, où Abraham Serfaty s’explique sur ses engagements, le Maroc, la Palestine et Israël

Abraham Serfaty ancien opposant marocain ... interview
envoyé par maghrebb. - L’info internationale vidéo.

http://www.mediapart.fr/journal/int...


[1] voir aussi Pierre Haski sur Rue89
Mort d’Abraham Serfaty, opposant historique d’Hassan II
http://www.rue89.com/2010/11/18/mor...


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