Une tribune pour les luttes

Le changement c’est quoi ?

La traque des Rroms continue

Lundi 30 juillet au Tribunal de Grande instance de Marseille 6 rue Joseph Autran
« Les expulser ? Mais ils sont déjà dehors ! »

Article mis en ligne le mercredi 1er août 2012

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Nous étions une bonne vingtaine toute la matinée au tribunal pour accompagner les familles Rroms qui y étaient convoquées.

L’avocate de la ville de Marseille a demandé un jugement d’expulsion en s’appuyant sur le respect du droit de propriété et le fait que c’était à l’Etat et pas à la ville d’héberger éventuellement les Rroms.

Maître Cohen a plaidé brillamment

- qu’en dehors de toutes les raisons humanitaires qui pourraient s’opposer à la demande d’expulsion,
et de l’absurdité pour la ville de Marseille de vouloir faire expulser par les forces de "l’ordre " les plus démunis des trottoirs de l’Unité d’Hébergement d’Urgence à laquelle ils devraient légalement avoir accès ;
- Que l’Etat ce n’est pas seulement le pouvoir central mais aussi toutes les collectivités territoriales, tous les responsables institutionnels qui le composent, et donc la Mairie de Marseille ;

- Et que d’un point de vue légal le droit national et international oppose au droit de propriété un autre droit non moins fondamental, celui à un hébergement d’urgence pour les démunis.

Le jugement pour les deux affaires a été mis en délibéré au 12 septembre.

— -

http://www.lamarseillaise.fr/justic...

« Les expulser ? Mais ils sont déjà dehors ! »
Myriam Guillaume

31-07-2012

Droit de propriété contre droit à l’hébergement, c’est la forme que prend le combat des familles roms au TGI.

Près de 120 personnes, des familles venues de Roumanie pour l’essentiel, de Bosnie pour quelques uns vivent depuis des mois sous des tentes, voire de simples draps tendus, installées sur le trottoir devant l’unité d’hébergement d’urgence (UHU) de Marseille, à la Madrague Ville. Hier le Tribunal de grande Instance devait se prononcer sur la demande de la Ville qui requiert leur expulsion.
Un jugement pour expulsion de squat, même quand il s’agit d’un morceau de trottoir, ce n’est malheureusement pas une première à Marseille dont la municipalité a systématiquement opté pour cette non solution...depuis 10 ans. Mais Maître Cohen, défenseur de la trentaine de personnes assignées, veut faire en sorte que ce soit la dernière. « Depuis le temps qu’on joue ici au jeu de la patate chaude on en voit le résultat : il y a toujours 2000 roms à Marseille qui vivent dans une situation dramatique, ce n’est pas tolérable, estime l’avocat, on va encore les expulser et on se retrouvera devant ce tribunal quelques mois plus tard pour la même demande car ils iront 100 mètres plus loin ».

(...)

L’avocate de la Ville ne change pas de cap pour autant : « Vous m’opposez le droit à l’hébergement, mais je revendique le droit à la propriété. Je suis la Ville de Marseille, pas l’État. C’est à la préfecture de prendre ses responsabilités et de trouver un hébergement. Ce n’est pas leur rendre service que de les laisser dans cette situation de danger ». Demander leur mise à la rue serait donc un plus grand service. Dix années que la patate tourne sans refroidir. Maître Cohen veut en sortir : «  Le droit fondamental à l’hébergement, pour les Roms, c’est une question que personne ne veut régler. Et il y a là une demande tout à fait singulière que d’exiger l’expulsion de gens qui sont déjà sur le trottoir ». Et l’avocat de souligner, pour le symbole : « ils ne sont pas n’importe où mais devant un établissement d’hébergement d’urgence créé par la Ville pour abriter des gens dans la détresse. Certains y sont accueillis pas les autres... »

Or l’hébergement reste un droit fondamental. « Il y a une obligation qui pèse sur l’État. Et la République c’est tout le monde » rappelle Dany Cohen. Et à l’adresse du juge, il implore : « Pour que les choses bougent, il faut que le tribunal s’en mêle. Et pour cela il faut à la fois une reconnaissance du droit de la Ville et de celui de ces malheureux ». L’affaire est mise en délibéré au 12 septembre. Sur les bancs, quelques assignés, des responsables associatifs de la LDH, Rencontres tsiganes, Action pour la Vie, un élu communiste et les prêtres marseillais auteurs d’une lettre au maire soufflent un peu.


Les familles qui se trouvent sur les trottoirs devant l’unité d’hébergement d’urgence sont assignées au tribunal par la ville de Marseille qui demande leur expulsion.


Des familles qui occupent un terrain Boulevard Plombières sont elles aussi convoquées au tribunal.

Venez nombreux les soutenir
Lundi 30 juillet à 9H
Tribunal de Grande instance de Marseille


6 rue Joseph Autran
13006 Marseille

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2 Messages

  • Le 28 juillet 2012 à 20:50, par

    17 juillet 12:10

    49 prêtres et diacres du diocèse de Marseille ont écrit au sénateur-maire UMP Jean-Claude Gaudin pour dénoncer les expulsions "intolérables" des familles Roms

    « Quand ces personnes ont trouvé un lieu un peu stable, quand les associations commencent à mettre en place des actions de scolarisation, de nettoyage de terrain, il n’est pas rare qu’elles en soient délogées souvent brutalement »...

    « Ces expulsions ne sont pas suivies de solutions de résidences convenables et durables. Cela ne fait que déplacer les problèmes... et les personnes »... et c’est de l’« acharnement »...

    AFP

    Entre 1.500 et 2.000 Roms vivent en situation de grande précarité dans la cité phocéenne. Fin mai, l’association Médecins du Monde (MdM) a saisi le Défenseur des Droits, Dominique Baudis, estimant que les Roms de Marseille étaient, plus qu’ailleurs, harcelés et privés de soins, et demandant l’« arrêt des expulsions sans proposition de relogement acceptable ». (Le Parisien)

  • Le 31 juillet 2012 à 10:42, par

    Les démantèlements de campements de Roms se poursuivront « chaque fois qu’il y a une décision de justice » en ce sens, a assuré mardi matin le ministre de l’Intérieur Manuel Valls.

    Interrogé sur Europe 1, le ministre a déclaré : « Les préfets ont pour mission de démanteler les camps de Roms quand il y a eu une décision de justice. Les choses sont simples. Oui, quand il y a une décision de justice, il y aura démantèlement de ces campements ».

    « Je ne peux pas admettre (...) que dans ces campements, qui accueillent parfois des centaines de personnes dans la chaleur de l’été, il y ait des problèmes sanitaires insupportables », a-t-il ajouté.

    « Chaque fois qu’il y a une décision de justice, chaque fois que les propriétaires de ces terrains, qui sont souvent des collectivités territoriales, en font la demande, il y aura ces démantèlements. C’est une politique à la fois ferme et respectueuse du droit », a conclu Manuel Valls.

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