Une tribune pour les luttes

Vendredi 6 avril, Journée d’information et de solidarité avec le peuple kurde

Prendre en considération le cri des Kurdes de Turquie

Marseille, débat le vendredi 6 avril au centre culturel de la Mésopotamie
+ "Plus de 22.600 livres interdits en Turquie"

Article mis en ligne le dimanche 15 avril 2012

Plus de 22.600 livres interdits en Turquie

Les autorités turques ont interdit plus de 22.600 livres en 60 ans, selon le ministre de l’Intérieur. Des milliers de personnes sont aujourd’hui dans les prisons pour avoir exprimé leurs opinions.

En réponse à une question d’un député CHP, le parti kémaliste et principale formation de l’opposition, le ministre de l’Intérieur Idris Naim Sahin a affirmé le 14 avril que 22.601 ouvrages ont été interdits depuis 1952. Toutefois, les décisions de saisie de 529 publications eux ont été annulées, au cours de la même période.

La question avait été posée après l’interdiction de deux livres dans les prisons. Parmi les livres interdits figurent «  La chute de Paris » de Ilya Ehrenburg, un livre de Clara Zetkin sur les femmes, « Le manifeste communiste », « l’alphabet socialiste », mais aussi les livres des écrivains turcs et kurdes comme Nazim Hikmet, Aziz Nesin, Musa Anter et Ismail Besikci.

Le «  Mem-u Zin », écrit en 17e siècle par Exmedê Xanî, un écrivain et poète kurde, publié par le Ministère de la Culture et du Tourisme dans le cadre de la « politique d’ouverture » du gouvernement, transformée en répression sans précédente, se trouve également parmi ces livres interdits.

Plus de 6.500 sites Internet bloqués en 2011

http://www.actukurde.fr/libertes/li...

Aujourd’hui, des milliers de personnes sont en prison dans le cadre de la loi anti-terroriste, pour avoir exprimé leurs opinions. Selon le dernier rapport de l’Association des droits de l’Homme (IHD), intitulé « l’institutionnalisation de l’État policier », 11.994 personnes ont fait l’objet des procès en 2010 pour « propagande d’une organisations terroriste » dans le cadre de la loi anti-terroriste (TMK), citant le Ministère de la Justice. L’association affirme que 6.504 sites d’Internet ont été bloqués en 2011, l’année où « la situation de la liberté d’expression et de la presse s’est empirée »

De nombreuses publications interdites

Le site d’information sur les droits de l’homme Bianet recence de son coté le nombre de publications interdites, punies et saisies. Selon le Bianet, sept journaux ont été saisi à 11 reprises et neuf revus à 16 reprises, tandis que neuf affiches, deux pancartes et trois livres ont été interdits ou saisis et un livre a fait l’objet d’enquête.

Médias avertis

En outre, 33 chaines de télévision ont été averties à 41 reprises et un radio à 3 reprises par les autorités. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel turc (RTÜK) a lancé 383 avertissements contre 500 médias dont 480 chaines TV et 20 radios, ainsi qu’une amande de 89 TL et la suspension de 27 programmes.

Seize locaux des médias ont fait l’objet de décente de la police, au cours de l’année 2011, selon IHD.

Journalistes emprisonnés

La Turquie reste aussi la plus grande prison du monde pour les journalistes. Selon la Plateforme de soutien aux journalistes emprisonnés (TGDP), 91 journalistes, en majorité des kurdes, dont 18 rédacteurs en chef et directeurs sont actuellement derrière les barreaux.


Voir l’agenda de Mille Bâbords 20294


Pétition

http://www.petitions24.net/soutenir_les_grevistes_de_la_faim_kurdes


Réseau d’informations libres de la Mésopotamie

Grand sit-in à Strasbourg pour soutenir les grévistes de la faim kurdes

http://www.actukurde.fr/actualites/...

Mercredi 4 avril 2012

Au 35e jour de grève de la faim illimitée à Strasbourg, des milliers de kurdes se sont rassemblés vendredi 4 avril pour un sit-in devant le Conseil de l’Europe, appelant les institutions européennes à prendre leurs responsabilités face à la répression anti-kurde en Turquie.

La grève de la faim illimitée observée par plus de 400 prisonniers politiques kurdes depuis 15 février en Turquie est entrée dans une phase critique, au 50e jour. Le nombre de détenus en grève illimitée atteint 1500 personnes après la participation de 600 prisonniers le 8 mars et de 500 autres le 1e avril.

En Europe, 15 personnes dont cinq femmes poursuivent leur grève de la faim depuis 1e mars devant l’Eglise St. Maurice de Strasbourg, en attendant une réponse favorable de la part du Conseil de l’Europe à leurs revendications légitimes.

Pour soutenir les grévistes, quelque dix mille manifestants, selon les organisateurs, venus de France, d’Allemagne, de Belgique, d’Autriche, de Pays-Bas et de Suisse, se sont réunis devant le Conseil de l’Europe et ont fait un sit-in, à l’occasion du 63e anniversaire de leur leader historique Abdullah Öcalan.

Brandissant des drapeaux des mouvements kurdes qui sont actifs en Turquie, Iran et en Syrie, et des drapeaux à l’effigie de leur leader Abdullah Öcalan, ils ont appelé le Conseil et le CPT, seule organisation à pouvoir visiter la prison d’Imrali où le chef du PKK est détenu depuis 1999, à agir auprès de la Turquie afin de mettre fin à l’isolement d’Öcalan et une résolution pacifique à la question kurde.

Gultan Kisanak, la co-présidente du principal parti kurde BDP en Turquie était présent au rassemblement, ainsi que les autres représentants des mouvements kurdes, comme Remzi Kartal, président du Kongra Gel, Zubeyir Aydar, membre du conseil du KCK et Hadji Ahmadi, chef du PJAK, mouvement armé et politique kurde iranien. MLKP, Devrimci Cephe et SDP, les mouvements de gauche turque, ont participé à la manifestation aux cotés des kurdes.

Les kurdes ont également reçu le soutien de la députée européenne «  Front de gauche  », Marie-Christine Vergiat, de la députée du parti de gauche allemande «  Die Linke  », Annette Groth, et du curé de St Maurice Vincent Steyert.

Après une longue marche de quatre jours, lancée le 31 mars à Mannheim (Allemagne), une centaine de jeunes kurdes ont pris leurs places dans la manifestation, organisée sous le slogan «  Liberté pour Öcalan, autonomie démocratique pour le peuple kurde  ».

Au nom des manifestants et des grévistes, une délégation a été accueillie par les responsables du CPT afin d’écouter leurs revendications.

Les grévistes demandent la justice, la libération d’Öcalan qui n’est pas autorisé à rencontrer ses avocats depuis 27 juillet 2011, et de tous les prisonniers politiques, dont le nombre est estimé à des dizaines de milliers, ainsi qu’une résolution équitable et démocratique de la question kurde.

Affirmant que le problème kurde n’est pas simplement celui de la Turquie, mais également celui du Conseil de l’Europe, d’autant plus que des États-membres, la France et l’Allemagne en particulier, ne se gênent pas pour vendre des armes au gouvernement turc, les grévistes appellent le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe Thorbjørn Jagland à mettre à l’ordre du jour de l’Assemblée Parlementaire la résolution du problème kurde. «  Se refuser à le faire revient, ni plus ni moins, à cautionner l’ensemble des pratiques anti- démocratiques et attentatoires aux libertés ci-dessus évoquées  ». Une pétition a également été lancée en ce sens sur Internet  :

http://www.petitions24.net/soutenir_les_grevistes_de_la_faim_kurdes


Soutenir les grévistes de la faim kurdes

à Monsieur Thorbjørn Jagland

Secrétaire Général du Conseil de l’Europe

Avenue de l’Europe 67 075 Strasbourg

PETITION

Objet : prendre en considération le cri des Kurdes de Turquie

Monsieur le Secrétaire Général,

Depuis 2009, piétinant sans aucune retenue la démocratie et les libertés, le gouvernement de Turquie a
emprisonné près de 9 000 Kurdes, notamment 6 députés, 31 maires, 96 journalistes, 36 avocats, 183
dirigeants du BDP ( Parti pour la Paix et la Démocratie), des syndicalistes, des défenseurs des Droits de
l’Homme, des étudiants, … et près de 2 000 enfants, connus sous le nom « d’enfants lanceurs de pierres »,
sont actuellement en prison.

Par ailleurs, l’armée turque a conduit des opérations militaires au-delà des frontières avec l’Irak, en
violation du droit international. 41 civils ont été assassinés dans ces opérations et l’arme chimique a été
utilisée.

Pour couronner le tout, les autorités turques, qui avaient entamé des négociations avec le leader incontesté
des Kurdes, monsieur Abdulah Oçalan (emprisonné depuis 1999 sur l’Ile d’Imrali), les ont interrompues et
ont placé ce dernier à un isolement total sans précédent depuis le 27 juillet 2011, en violation de toutes les
lois internationales.

De telles atteintes aux Droits de l’Homme, aussi nombreuses et aussi graves de la part du gouvernement
turc, sont injustifiables.

Afin de demander leurs cessations, 400 prisonniers politiques kurdes sont en grève de la faim illimitée en
Turquie depuis le 15 février 2012, au péril de leur vie.

Pour la même raison, 15 Kurdes d’Europe ont entamé une grève de la faim illimitée à Strasbourg depuis le
1er mars.

Ils demandent la justice, la libération d’Abdulah Oçalan et de tous les prisonniers politiques ainsi qu’une
résolution équitable et démocratique de la question kurde.

Monsieur le Secrétaire Général, nous vous demandons d’écouter le cri de ces hommes et de ces femmes et
de répondre favorablement à leurs revendications. En conséquence, il vous faut exiger du gouvernement
turc qu’il cesse ses atteintes répétées aux Droits de l’homme et l’inciter à s’engager dans la voie de la
négociation pacifique avec monsieur Oçalan, pour la résolution de la question kurde.

Sans cela, la pertinence de la Turquie à être membre du Conseil de l’Europe serait posée.

Pour notre part, nous considérons que le problème kurde n’est pas simplement celui de la Turquie, mais
également celui du Conseil de l’Europe, d’autant plus que des états-membres, la France et l’Allemagne en
particulier, ne se gênent pas pour vendre des armes au gouvernement turc.

En conséquence, nous vous demandons de bien vouloir mettre à l’ordre du jour de l’Assemblée
Parlementaire la résolution du problème kurde ; se refuser à le faire revient, ni plus ni moins, à cautionner
l’ensemble des pratiques anti-démocratiques et attentatoires aux libertés ci-dessus évoquées.

Soyez assuré, Monsieur le Secrétaire Général, de notre vigilance active pour le respect des Droits de
l’Homme partout dans le monde en général, et sur le territoire relevant du champ d’action du Conseil de
l’Europe en particulier.

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1 Message

  • Le 8 avril 2012 à 12:17, par

    Les kurdes n’ont aucune sympathie pour le régime Baas, au pouvoir depuis 40 ans, ce qui veut dire qu’on peut être à la fois contre la position de CNS et contre le régime Assad.

    Choisissant la troisième voie, celle de rester indépendant, les Kurdes ont commencé à construire leur autonomie démocratique, en ouvrant des écoles de langue, créant des communes, des conseils du peuple et des comités de légitime défense pour protéger la population kurde, estimée entre 2 et 3 millions, soit 15 % de la population du pays.

    Alors que ce sont les Kurdes qui luttent contre ce régime depuis des dizaines d’années, les médias mainstream n’hésitent pas à les accuser de soutenir le régime Baas, malgré les centaines de milliers de kurdes dans les rues depuis début da la révolté syrienne. Il faut rappeler que les plus grandes manifestations ont lieu dans les villes kurdes, même si elles sont ignorées.

    (...)

    Lorsque le PYD ou les dirigeants du PKK déclarent être pour la chute du régime et contre l’intervention militaire, les médias annoncent que ces kurdes sont « pour » le régime actuel. Quelle manipulation !

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