Première version, Marseille, janvier 2009
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joel.martine@free.fr
2. Ce texte est issu de ma présentation dans le cadre du Groupe de réflexion sur les rapports hommes-femmes de l’association marseillaise Mille Bâbords. Il constitue la première version, proposée à la discussion, d’un ouvrage en cours de rédaction, qui intégrera d’autres textes de réflexion militante et philosophique visant à une refondation du féminisme.
Une question qui divise gravement les féministes
Bilan comparatif des lois suédoise et néerlandaise
La liberté sexuelle dans une société laïque
Les débats féministes sur la prostitution, quelques repères cartographiques
Les dégâts psychiques de rapports sexuels non désirés
Travail du sexe ou viol-location ?
La reproduction de la domination à travers les rapports sexuels
De la prostitution considérée comme l’un des beaux-arts : la « prostitution libre » peut-elle être une stratégie féministe ?
L’illusion d’une prostitution sans proxénétisme
La dimension sexuelle de l’assistance aux handicapés mentaux (réponse à une objection-alibi)
Pour des services professionnels d’aide aux rencontres sexuelles
Quels présupposés philosophiques dans le débat entre règlementaristes
et abolitionnistes ?
Annexe :
Les formes de l’échange économico-sexuel et la spécificité de la prostitution
en tant que marchandisation du service sexuel
Vous pouvez apporter votre réflexion à ce thème en utilisant le forum attaché à cet article.
Ajout du 1er avril 2009
Complément au texte le viol-location, sur la prostitution. Joël Martine
Je signale un texte du C.E.R.F., Cercle d’ Etude de Réformes Féministes :
http://www.c-e-r-f.org/prostitutioncasserlemarche#_ftnref10 , ou www.penelopes.org/xarticle.php3 ?id_article=2301 .
Je n’avais pas lu ce texte avant d’écrire la première version du Viol-location. Son intérêt est qu’il présente UN ENSEMBLE COHERENT ET JURIDIQUEMENT BIEN ARGUMENTE DE REVENDICATIONS visant à l’abolition de la prostitution (notamment par l’interdiction de l’achat de services sexuels) ET à la défense des prostitué(e)s et de leurs droits. Tout en refusant un statut spécifique pour les prostituées, qui serait stigmatisant, il demande une politique active de respect et de protection de leurs droits en tant que droits humains en général.
Ce faisant, il réussit à concilier des exigences souvent présentées à tord comme incompatibles : on peut à la fois refuser la banalisation de la prostitution et lutter pour les droits des prostituées et contre leur stigmatisation. Par exemple, tout en demandant l’interdiction de l’achat de services sexuels, le texte se prononce pour la non-pénalisation de la vente de ses propres services sexuels. Ce dernier point est argumenté par l’idée que la personne qui se prostitue ne se fait du tord qu’à elle-même, et que c’est là une liberté que la loi doit protéger. (On pourrait ajouter que c’est à chacun(e) de décider de sa propre conduite, et que même si on pense qu’accepter de se prostituer revient à accepter une violence, cela peut être un choix non seulement légitime, mais rationnel en tant que choix de moindre mal.) En conséquence, le texte défend le droit des personnes qui vendent leurs services sexuels à déclarer leurs revenus, à bénéficier d’une assurance sociale au titre du régime « travailleur non salarié », etc. Cela est important pour lutter contre la situation de non-droit que subissent les prostituées, et qui fait partie de leur oppression, et de le faire par des revendications concrètes, pas seulement par des bonnes paroles contre la stigmatisation. Par là, ce texte démonte l’argument règlementariste selon lequel il faudrait un statut spécifique pour que les prostituées puissent accéder aux droits des travailleurs.
Par ailleurs, je persiste à penser qu’en amont de l’argumentation juridique la démarche abolitionniste doit être mieux justifiée et plus nuancée que ne le font la plupart des textes abolitionnistes, dont celui-ci.
J.M. impression