Une tribune pour les luttes

PALESTINE 13 - Groupe marseillais de l’AFPS (Association France Palestine Solidarité)

Des nouvelles de Salah Hamouri, français emprisonné injustement et ignoré du gouvernement français

+ deuxième lettre de Salah Hamouri

Article mis en ligne le vendredi 6 mars 2009

Nous vous transmettons une lettre, la seconde, que Salah Hamouri nous a fait parvenir dans laquelle il décrit les conditions de détention des prisonniers.
_Cet envoi survient alors que le sort d’une française incarcérée au Mexique fait grand bruit. Nous noterons que le père de la jeune femme a été reçu une seconde fois par le Président Sarkozy à l’Elysée avant son voyage à Mexico. Nous soulignerons aussi que le père de Guilad Shalit a été reçu trois fois par Nicolas Sarkozy en personne tandis que chacun se souvient que le Comité Betancourt l’avait été à plusieurs reprises également. De même on se souvient que s’agissant de la sulfureuse affaire de "l’Arche de Zoé" le Président avait indiqué sa volonté de ramener les personnes en cause retenues au Tchad "quoi qu’elles aient fait" et que la grâce de ces personnes, condamnées par la justice tchadienne, avait été soutenu activement par l’Elysée.

Bref, tous les français en difficulté à l’étranger ont reçu un soutien direct du Président de la République qui a reçu personnellement les membres des familles concernées. Il n’est qu’un cas pour lequel le Président a refusé et refuse toujours formellement de recevoir les membres de sa famille ou bien du Comité de soutien : Salah Hamouri, notre compatriote franco-palestinien.

En même temps où nous vous transmettons ce message de Salah, nous ne pouvons pas nous taire sur ce véritable scandale qui voit le Président refuser expressément de recevoir sa famille et ne rien faire réellement de sérieux pour exiger sa libération tandis que notre jeune compatriote n’a rien fait d’autre que de subir l’occupation israélienne.

Ce refus présidentiel ne peut rester sans réaction. Salah Hamouri aura passé 4 ans de prison le 13 mars prochain. 4 ans de prison parce que palestinien. 4 ans de dédain présidentiel pour notre compatriote parce que palestinien bien que français. 4 ans d’injustice sans une action réelle des autorités pour exiger et obtenir sa libération. 4 ans... A chacune et chacun d’exprimer son indignation vers les autorités et de prendre en ce sens toutes les initiatives utiles. Ce n’est pas possible que, là aussi, sévisse un insupportable "deux poids,deux mesures". Un français est un français.

Pour le comité de soutien, Jean-Claude LEFORT

PALESTINE 13 - Groupe marseillais de l’AFPS

Association France Palestine Solidarité

asso.palestine13 chez gmail.com

www.france-palestine.org

Pour plus d’informations, voir Mille Bâbords article 10429 et 8852



Une seconde lettre de Salah

Dans ma première lettre, je vous ai parlé des premiers mois passés en prison pendant l’épreuve de l’interrogatoire.

Je vais vous parler maintenant de la « deuxième période : la vie quotidienne en prison » qui laisse des marques sur la vie des prisonniers et sur leur futur.

Je suis en cellule avec 7 autres prisonniers dont certains ont déjà passé plus de 20 ans derrière les barreaux.

Il y a en prison toute une organisation et des lois intérieures mais ce qui est important, c’est le développement du mouvement des prisonniers. En effet, les changements dans l’organisation de la vie en prison ont demandé beaucoup de temps, d’efforts et de sacrifices.

Avant l’année 1992, l’oppression était forte en prison malgré la résistance et la solidarité des détenus. 1992 marque l’année d’une lutte où les prisonniers ont organisé un mouvement de résistance en faisant une grève de la faim afin d’obtenir le minimum vital et leurs droits. Cette grève a duré 17 jours. La rue palestinienne était solidaire, malgré les difficultés et la répression israélienne. Les prisonniers ont gagné cette bataille. Ils ont réussi à obtenir quelques améliorations dans leur quotidien difficile, par exemple ils ont eu le droit d’avoir un contact quelques minutes avec leurs enfants pendant les visites, de faire rentrer couvertures et vêtements apportés par les familles, de pouvoir étudier à l’université par correspondance, de regarder la télé afin de ne pas être coupé du monde complètement.

Ces « victoires » ont eu une influence sur la vie des prisonniers et leur ont donné du courage.

En prison il y a une vie très structurée, chaque prisonnier, chaque organisation politique connaît ses droits et ses devoirs.

Chaque groupe politique est représenté dans des comités, un prisonnier élu par les autres représente l’ensemble des détenus devant l’administration quand il y a un problème, une réclamation etc.

Le but de l’occupation israélienne est d’isoler les prisonniers mais notre organisation nous permet de rester forts, solidaires, de faire respecter nos droits pour lesquels il nous faut toujours lutter malgré les tentatives de l’autorité israélienne de nous casser.

Ces derniers mois, il y a eu plusieurs tentatives pour nous rendre la vie plus difficile.

La première étant de nous interdire les livres que nos familles pouvaient nous apporter en nombre limité. C’est une manière de nous tuer culturellement, la lecture étant notre occupation principale. La seconde est de nous faire payer des amendes si nous n’obéissions pas au règlement.

Il est fréquent aussi que des détenus soient mis en isolement et privés de visites.

En effet, nos familles peuvent nous rendre visite 2 fois par mois pendant 45 minutes, nous savons que pour eux c’est difficile, certains ont des parents âgés ou malades qui supportent mal les trajets et l’attente dehors. Mais nos familles sont solidaires malgré les difficultés. Pendant la visite nous sommes séparés de nos parents par une vitre épaisse et on peut se parler avec un interphone.

Le temps passe vite, je dois déjà m’arrêter d’écrire …

Prison de Guilboa

Le 20 février 2009

Salah


Salah Hamouri ; Communiqué du 10 mars 2009Conseil national de l’AFPS

Le Conseil national de l’AFPS (Association France-Palestine Solidarité) réuni à Ivry, les 7 et 8 mars, tient à exprimer sa plus vive protestation face à l’attitude inacceptable adoptée continûment par les autorités françaises vis à vis de la situation de notre compatriote franco-palestinien, Salah Hamouri, incarcéré bien qu’il soit innocent depuis 4 ans dans les geôles israéliennes.

Alors que le Président de la République a pris le soin de recevoir toutes les familles de Français et de Françaises « en difficulté » à l’étranger afin de leur apporter soutien et aide, et ceci « quoi qu’ils aient fait », il se refuse de recevoir la famille de Salah Hamouri ou bien les amis parlementaires solidaires de ce jeune Français.

Plus encore, il n’a en aucun cas agi de manière déterminée pour obtenir auprès des autorités israéliennes, en utilisant tous les moyens disponibles, la libération de notre jeune compatriote.

Notre protestation s’adresse aussi au ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui n’a réservé que quelques minutes d’entretien aux parents de Salah Hamouri au Consulat général de France à Jérusalem. Elle s’adresse également à la secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme, Rama Yade, dont l’inefficacité manifeste est égale à l’inexistante crédibilité de l’Ambassadeur français aux Droits de l’Homme, François Zimeray.

Cet ensemble de comportements souligne que les autorités françaises, toutes confondues, ont décidé de refuser d’apporter le soutien qu’ils ont accordé pour tous les autres à notre jeune compatriote qui aura 24 ans le 25 avril prochain. Lourde est leur responsabilité.

Salah Hamouri, nous tenons à le redire hautement, n’est accusé d’aucun acte concret ni d’aucune accusation établie sur des faits tangibles et prouvés tandis qu’il a été l’objet d’un chantage ignoble du tribunal militaire de la « Force occupante » installé à Ofer, en Cisjordanie. Chacun sait bien, qui est en situation de responsabilité, que Salah a été contraint de s’accuser faussement d’intentions non réalisées sous peine de se voir condamner à une peine de prison beaucoup plus lourde encore que celle décidée, soit 7 ans d’incarcération ferme.

Le Conseil national de l’AFPS tient à manifester une nouvelle fois sa solidarité totale à Salah Hamouri et à sa famille dans ces épreuves douloureuses et amères.

Il a décidé que Salah Hamouri serait officiellement « invité d’honneur » de son prochain congrès national qui se tiendra en mai prochain.

Le Conseil national tient à réitérer la demande que la famille de Salah Hamouri soit reçue à l’Elysée et que son cas soit entendu et soutenu avec la même vigueur que tous les autres.

Salah Hamouri, dont le cas est passé sous silence par les médias audiovisuels, est une victime de l’occupation israélienne comme le sont avec lui 11.000 autres prisonniers palestiniens. Mais Salah Hamouri est aussi français. Et un Français vaut un autre Français.

Le Conseil national de l’AFPS tient à réaffirmer que la défense des droits de l’Homme et des libertés est universelle ou bien n’est pas. Il tient à redire que l’Etat d’Israël ne saurait être exonéré, en aucun cas et sous aucun motif, de sa politique d’occupation et des conséquences qu’elle entraîne.

Salah Hamouri est non pas coupable mais victime de cette politique israélienne d’occupation condamnée formellement par l’ONU.

Salah Hamouri doit recouvrer au plus vite la liberté.

Il revient aux autorités françaises de sortir de leur inacceptable et dangereuse politique du « deux poids, deux mesures » qui se manifeste encore clairement en cette circonstance particulière. Il leur revient d’exiger fermement sa libération auprès des autorités israéliennes.

Liberté pour Salah Hamouri, notre compatriote !

4 ans de prison – 4 ans de trop – ça suffit !

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