Une tribune pour les luttes

UNAF (Union Nationale de l’Apiculture Française)

Abeille, sentinelle de l’environnement

Article mis en ligne le vendredi 24 juillet 2009

Apparue avec les plantes à fleurs, l’abeille existe sur notre planète depuis plus de 80 millions d’années.

Aujourd’hui, plus de 80 % de notre environnement végétal est fécondé par les abeilles, qui jouent un rôle prépondérant de pollinisateurs. Ainsi, près de 20 000 espèces végétales menacées sont encore sauvegardées grâce à l’action pollinisatrice des abeilles.
Ainsi, près de 40 % de notre alimentation (fruits, légumes, oléagineux, etc...) dépend exclusivement de l’action fécondatrice des abeilles. Par ailleurs, le miel, le pollen, la gelée royale, la propolis, le venin, demeurent des produits naturels appréciés par les consommateurs et font l’objet de nombreuses recherches de par le monde pour leurs qualités diététiques et thérapeutiques.

Pourtant, aujourd’hui, après avoir survécu à tous les changements climatiques, les abeilles sont menacées en raison de mutations profondes de l’environnement dues notamment à des pratiques agricoles inadaptées (emploi abusif de produits phytosanitaires de plus en plus toxiques, remembrement, monoculture, ensilage, etc...).

En France, depuis 1995, près de 30 % des colonies d’abeilles disparaissent chaque année.

En 10 ans, 15 000 apiculteurs ont cessé leur activité.

De 1995 à 2005, la production nationale a chuté de 30 % et les importations ont triplé.

C’est pourquoi l’UNAF a lancé en 2005 l’action "L’abeille, sentinelle de l’environnement" pour alerter le grand public de cette situation inquiétante et tenter de protéger aussi bien l’abeille, que l’apiculture qui en dépend.

Un nombre croissant d’institutions et d’entreprises privées nous répondent, conscientes de l’importance de la préservation de cette faune pollinisatrice pour la sauvegarde de nos cultures et de la biodiversité. Ensemble, nous demandons qu’une réflexion soit menée au sein de notre gouvernement et des gouvernements des autres pays, car la situation que nous rencontrons en France est identique dans le reste du monde.

Nous demandons que cette réflexion soit suivie de faits et que la gestion agricole, aujourd’hui peu scrupuleuses vis-à-vis de notre environnement, évolue positivement en misant sur la recherche de moyens respectueux des bases d’un environnement sain.

Nous, collectivités et entreprises, partenaires de l’opération "L’abeille, sentinelle de l’environnement" nous engageons à :

1- Soutenir l’action de l’UNAF auprès des pouvoirs publics pour obtenir une véritable protection de l’abeille,

2- Exiger une stricte application de la directive 91/414 en matière d’homologation des produits phytosanitaires,

3- Favoriser une agriculture réellement respectueuse de l’environnement,

4- Ne pas utiliser de produits phytosanitaires toxiques pour les abeilles dans les parcs et jardins ou terrains à notre collectivité,

5- Ne pas procéder à la mise en culture de plantes génétiquement modifiées,

6- Favoriser l’implantation et la mise en culture de végétaux à vocation pollinifère et nectarifère,

7- Favoriser l’information en direction des agriculteurs,

8- Favoriser l’installation de nouvelles colonies et de nouveaux apiculteurs,

9- Favoriser la connaissance de l’abeille et de l’apiculture,

10- Promouvoir le rôle de l’abeille comme sentinelle de l’environnement,

11- Promouvoir les produits apicoles du terroir et les recherches dont ils peuvent faire l’objet,

12- Favoriser les échanges entre les apiculteurs sur le plan international.

Nous, particuliers, soutenons et signons la charte "L’abeille, sentinelle de l’environnement".

http://www.abeillesentinelle.net/


Paris, le 22 Juin 2009

COMMUNIQUE DE PRESSE


L’UNAF JUGE TROMPEUR ET LAMENTABLE LE COMMUNIQUE DU
MINISTRE DE L’AGRICULTURE CONCERNANT LE CRUISER

Vendredi 19 juin Michel Barnier annonçait : « Un éventuel renouvellement de l’autorisation
de l’insecticide Cruiser sera décidé à l’automne et entre-temps son utilisation est
interdite ».

L’UNAF dénonce cette supercherie.

Le Ministre de l’Agriculture pratique l’art de la communication « Bidon ». Il interdit pour
2009 l’utilisation du CRUISER, produit d’enrobage de semences, alors que la période des
semis est terminée depuis le 15 mai, sachant que ce produit disposait d’une
autorisation d’un an seulement.

L’UNAF s’insurge contre cette non-décision prise par le Ministre de l’Agriculture
avant son départ. Il laisse le soin à son successeur de prendre la décision courageuse,
avant la fin de cette année, de ne pas réautoriser le CRUISER en 2010.

L’UNAF estime inadmissible d’utiliser l’ensemble des ruches françaises pour évaluer la
toxicité d’un produit insecticide sur le terrain.

Ce printemps, lors des semis de maïs, de nombreux cas de mortalités d’abeilles et
d’affaiblissements des colonies ont été observés par les apiculteurs français.
Il a été constaté des émissions de poussières contenant du thiametoxam (matière active
du CRUISER) qui se sont dispersées sur l’aire de butinage des abeilles.
L’enrobage des
semences n’est donc toujours pas maîtrisé et l’usage de déflecteurs adaptés sur les
semoirs, préconisé par l’AFSSA, s’est montré inefficace. L’insecticide CRUISER
dangereux pour l’environnement a ainsi pollué l’atmosphère et atteint de
nombreux organismes non-cibles.
Le CRUISER comme le GAUCHO est un produit systémique. Le Thiametoxam se propage
dans la plante et se retrouve à de fortes concentrations dans les jeunes feuilles. Le
Professeur V. Girolami de l’Université de Padoue a démontré qu’une abeille butinant une
gouttelette secrétée par un jeune plant de maïs meurt en quelques minutes.

L’UNAF demande que ce risque majeur d’exposition des insectes pollinisateurs soit étudié
très sérieusement en France avant qu’une réautorisation du CRUISER soit décidée.
Depuis le début de l’année 2009, des milliers de butineuses ne sont pas revenues à la
ruche entraînant des affaiblissements considérables des colonies. Dans ces conditions, les
apiculteurs récoltent peu de miel et doivent reconstituer leur cheptel.
_ C’est tout un secteur
d’activité en détresse.

Si l’apiculture périclite, la production de fruits, de légumes et d’oléagineux
diminuera. Le rôle des pollinisateurs est essentiel. Sans les insectes pollinisateurs le coût
de ces aliments serait exorbitant.

26, rue des Tournelles – 75 004 PARIS – Métro-Bastille – Tel. 01 48 87 47 15 – Fax 01 48 87 76 44

Email : unaf chez wanadoo.fr - Internet : http.apiculture.com/unaf/


Voir aussi Mille Bâbords 9447

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1 Message

  • Le 1er septembre 2009 à 22:43, par

    L’action bienfaitrice des abeilles mérite vraiment une attention particulière. Hors certains l’oublient trop souvent.

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