Une tribune pour les luttes

9 arrestations de Kurdes : 4 dans les locaux, 5 à leur domicile

Perquisition de la police dans les locaux de la Maison du Peuple Kurde

Manifestation de protestation demain 13h30 au kiosque des réformés en haut de la Canebière .

Article mis en ligne le vendredi 26 février 2010

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Si vous voulez savoir ce qui s’est passé, ne lisez pas "La Provence". D’après des bruits bien informés, l’article concernant la perquisition et les arrestations est un communiqué de la SDAT (Sous division antiterroriste) descendu de Paris et repris à peu près tel quel.


15h 30

Après un petit sit-in kurde sur les voies du tramway, la maison du peuple kurde est enfin libérée de la police anti-terroriste (SDAT)qui part sans donner aucune explication, bien sûr !!
A cette heure, 9 personnes ont été embarquées dont 1 père de famille et 6 jeunes de 18 à 25 ans. Aucune information sur l’endroit où ils sont retenus.


13 h 30 : 17 cars de flic !!! Est-ce la relève ? Aux dernières nouvelles, d’autres arrestations en France. Les medias s’en sont allées...


12 h : la police toujours dans et devant la Maison du Peuple Kurde, face aux Kurdes, à leurs soutiens et aux medias.

Plusieurs questions se posent sur les raisons d’une perquisition qui se répète (voir plus bas) :

Est-elle due aux négociations commerciales sur l’achat de 110 Airbus par la Turquie, histoire de donner des gages au gouvernement turc ?

Serait-ce une vengeance de l’État qui souhaitait une expulsion dans les 48 h des Kurdes syriens arrivés en Corse, envoyés dans différents CRA en France et que les juges ont remis en liberté ?

Ou encore pour doper une campagne régionale mal partie en s’appuyant sur le thème sécuritaire (terrorisme, etc.) ?

Ce sont 9 personnes qui ont été arrêtées ce matin : 5 à leur domicile, 4 dans les locaux (2 musiciens, 1 personne qui fait l’entretien de la Maison du Peuple Kurde, et un Kurde sans-papier qui était venu prendre le thé).

On peut se rappeler la perquisition de la MPK au mois de janvier 2009 , qui n’avait rien donné, accompagnée de l’arrestation de Kurdes, relâchés 8 mois plus tard pour certains sans aucune charge retenue contre eux !

On peut souligner l’aggravation de la situation des Kurdes en Turquie en ce moment où de nombreux élus kurdes aux dernières élections sont emprisonnés


Vendredi 26 février 2010

Depuis ce matin tôt, 8 cars de police entourent la Maison du Peuple Kurde, 29 BD Longchamp 13001 Marseille. Les CRS perquisitionnent les locaux.
Plusieurs militants des droits de l’homme, alertés, se tiennent aux côtés des Kurdes devant la MPK dont l’entrée est barrée par un cordon de policiers.

Il semblerait que 5 personnes aient été arrêtées simultanément à leur domicile.

Plus d’informations au cours de la journée. Vous pouvez rejoindre les camarades kurdes et leurs soutiens devant leur local, 29 bd Longchamp, 13004 (tram national ou métro réformés)

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2 Messages

  • Le 26 février 2010 à 21:43, par
  • Le 27 février 2010 à 09:04, par

    http://www.legrandsoir.info/Des-enf...

    En vertu de la loi antiterroriste, de simples jeteurs de pierres sont condamnés à de lourdes peines et incarcérés dans des pénitenciers pour adultes. Ils sont en âge d’être sur des bancs d’école mais végètent en prison. Leur crime ? Avoir lancé des pierres sur la police. Comme on dit en turc : « Ils ont tenté des affaires trop grandes pour eux ». La plupart ne comprennent même pas le sens des accusations.

    Depuis 1988, ils vivent sous un régime « d’Etat d’exception » : émeutes et manifestations sont les stigmates d’une quasi-guerre civile. Ils risquent pourtant des peines plus longues que leur âge. Depuis 2006, la législation turque de « lutte contre la terreur » (TMK) fait des enfants de 12 à 18 ans les égaux des adultes. (...)

    Ces mineurs sont déferrés devant des Tribunaux pénaux spéciaux et jugés comme «  membres d’une organisation terroriste », « s’opposant à la loi sur les manifestations et l’opposition » ou encore comme « faisant de la propagande pour une organisation terroriste ».

    Selon le réseau Internet « Les appeleurs à la justice pour les enfants », créé par des milieux académiques, scolaires, syndicaux et de la santé, 2601 enfants ont été jugés par le Tribunal de sûreté d’Etat (dit DGM, militaire) entre 1984 et 1997. Depuis son remplacement par les Tribunaux pénaux spéciaux, au moins 2637 enfants, dont une grande majorité de Kurdes, ont été incarcérés. Par ailleurs, on estime qu’au moins 328 enfants kurdes ont été tués durant des manifestations depuis 1991.

    Et la tendance ne s’inverse pas. Pour la seule année 2009, 42 procès en vertu de la loi TMK ont vu la condamnation de 177 enfants à un total de 772 ans de prison. Soit près de 4 ans et demi de moyenne.

    Uniquement à Adana, 5e ville du pays, qui héberge une grande partie des populations kurdes ayant fui les 3800 villages détruits par l’armée entre 1988 et 1998, l’Association des droits de l’homme (IHD) a décompté la bagatelle de 3155 gardes à vue de mineurs et 48 condamnations à un total de 203 ans de prison.

    Au-delà de ces chiffres impressionnants, plusieurs organisations de la société civile attirent l’attention sur les mauvaises conditions d’incarcération de ces mineurs. Ainsi l’Association des médecins qui critique l’absence de soutien psychologique et pédagogique, les jeunes détenus ne pouvant par exemple pas poursuivre leur scolarité dans les pénitenciers.

    Dans son rapport publié le 29 septembre 2009, cette association liste de nombreux autres manquements à la Convention internationale des droits de l’enfant, pourtant ratifiée par Ankara. Elle relève ainsi que les mineurs sont incarcérés avec des adultes, privés du droit de voir leur famille, et que certains sont victimes de tortures et de mauvais traitements. Sans compter les conditions d’hygiène et la nourriture exécrables.

    (...)

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