Une tribune pour les luttes

Encore des familles victimes de la politique de la Haine

Après un été marqué par une surenchère xénophobe et sécuritaire, stigmatisant les étrangers comme les français d’origine étrangère, la rentrée s’annonce violente...

Article mis en ligne le jeudi 9 septembre 2010

Marseille, 9 septembre 2010

1) Ali Hounat a été expulsé mercredi 8 septembre.

Ce soir, trois enfants et une mère sont meurtris pour une durée indéterminée.

Ce père de famille d’Aix en Provence, père d’Amra (16 ans), Hakim (8 ans) et Afid (2 ans) a été expulsé mercredi matin depuis Nice vers Alger.

Les diverses Police aux frontières (PAF) auxquelles les militants du RESF ont eu à faire ce jour (à l’aéroport de Marignane, au centre de rétention de Marseille ou à Nice) ont rajouté à l’inhumanité de la situation leurs fausses pistes sadiques.

L’expulsion d’Ali n’était pas à l’ordre du jour au CRA de Marseille (pas de laisser-passer consulaire). Malgré cela et sans nouvelles d’Ali ce mercredi matin, la PAF du CRA indiquait qu’il avait été embarqué vers Marignane. A l’aéroport, la PAF indique qu’aucun passager se nommant Ali Hounat n’a été embarqué. Puis, jointe par téléphone, la PAF de Nice affirme qu’il n’y a pas de personne répondant à ce nom en cours d’expulsion depuis Nice. Finalement la PAF de Marignane lâche qu’Ali a refusé d’embarquer et est retourné au CRA de Marseille...

Deux heures plus tard Ali appelle sa femme depuis l’avion qui l’exilait : on l’avait bel et bien expulsé de Nice par le vol Air Algérie de 11h50 !

Ali est maintenant à Alger, il n’a pas de lieu où aller, il n’a pas d’argent, il n’a que les vêtements qu’il portait au CRA au moment de partir.

Ainsi, on a donc soigneusement caché toute information à la famille d’Ali depuis plusieurs jours et on a sciemment menti toute la matinée à Madame Hounat et à tous ceux qui se sont renseignés sur le sort de son mari.

Bravo monsieur le Ministre pour vos lois liberticides, félicitations messieurs les Préfets pour votre zèle à les faire appliquer, compliments messieurs les policiers pour obéir de manière inhumaine, sans vous oublier mesdames et messieurs les juges... mission accomplie.

Autant que ça se sache. Des fois qu’un jour vous ayez à rendre des comptes au nom des Droits de l’Homme et de l’Enfant.


2) LA PLACE D’UN BÉBÉ N’EST PAS EN PRISON !

Une jeune maman tchétchène et son bébé de 18 mois sont au centre de rétention de Marseille depuis une semaine.

L’administration policière s’est avérée particulièrement sournoise en allant arrêter cette jeune femme et son bébé après avoir incarcéré le papa suite à une altercation collective avec des flics niçois en civil.

Monsieur en prison à Nice, Madame et son enfant convoyés à Marseille où le CRA est habilité à accueillir des enfants, tout va bien... Pour les Juges des libertés aussi, qui les maintiennent en rétention.

Cette jeune femme et son enfant devraient être expulsés vers la Pologne ce jeudi 9 via Lyon !!! Et peut-être même sur un vol spécial avec un des petits aéronefs de la PAF. Quel privilège...

Que venaient-ils chercher en France ? Ils venaient demander asile et rejoindre de la famille, réfugiée ici. Mais les accords européens ne laissent pas le choix du pays d’accueil, et en Pologne (pays par lequel elle est entrée dans l’espace Schengen) le taux de reconnaissance du statut de réfugié est très bas.

Que fera-t-elle seule, en Pologne, sans ressources, avec un bébé, sans parler polonais, sans famille, comment va-t-elle s’en sortir, à moins qu’elle ne soit parquée dans un camp pour étrangers comme bon nombre de demandeurs d’asile en Pologne dans des conditions d’hygiène déplorable et sans droits ?

Pour cette mère et sa fille, les droits élémentaires sont bafoués et notamment l’article 3 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant selon lequel : « l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale. »

Une cellule, une cour grillagée, un père en prison préventive, une expulsion vers un pays inconnu... STOP !


3) Et pour finir, se faire la main sur une famille Rom

Un couple de Roms du campement Bd Barnier (13016), parents de 5 enfants, a été interpellé par des policiers nationaux du commissariat du 15è arrdt de Marseille le 26 août puis ont été placés deux jours au centre de rétention du Canet (13014).

Leur état de santé étant incompatible avec la rétention selon les médecins qui les suivent, ils ont été assignés à résidence mais avec une « invitation » à se présenter à la PAF vendredi 10 septembre pour être expulsés l’un vers la Serbie, l’autre vers la Croatie !!!

Parfois les mots manquent face à une telle cruauté administrative. Le père par ici, la mère par là, les enfants on s’en fout ! Mais dans quelle humanité vivent tous ceux qui participent à ces atteintes réitérées aux droits fondamentaux ?

Soyons toujours plus nombreux, comme le 4 septembre, pour dire NON au racisme d’Etat.

SOLIDARITE, FRATERNITE, RESISTANCE !!!

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Réseau Education Sans Frontières 13

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