Une tribune pour les luttes

URGENT - 20 janvier - 20 personnes interpellées sur le vol Paris-Bamako d’Air-France pour avoir protesté dans l’avion contre une expulsion.

Téléphonez pour demander leur libération.
Ils ont été libérés et sont repartis vers la caravane Bamako-Dakar et le Forum Social.
Voir vidéos des expulsions.
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Une nouvelle révolte dans un avion vers le Maroc. Les 2 sans-papiers expulsés ont été débarqués.

Témoignages : A-t-on aujourd’hui, le droit de s’indigner en France ???

Article mis en ligne le dimanche 30 janvier 2011



A-t-on aujourd’hui, le droit de s’indigner en France ???

Voilà l’expérience que je viens de vivre et qui me permets d’en douter.

Le 20 janvier, je prenais l’avion à Roissy pour rentrer à Bamako, au Mali où je vis actuellement.

L’avion était prévu à 16 h 05... Il est parti à 20 h 45 !!

Que s’est-il passé pendant ce temps ?

D’abord nous n’avons pu embarquer qu’après une attente de ¾ d’heure… c’est tellement habituel qu’on n’y a même pas prêté attention.

On s’installe dans l’avion normalement (250 passagers) et tout à coup un homme avec un brassard de la police arrive et distribue à certains passagers un trac en leur demandant de le faire circuler aux autres. Imaginez l’interrogation des passagers non francophones.

Voilà quelques passages du texte :

« Vous avez peut-être été sollicité… pour vous opposer à l’embarquement d’un personne expulsée de France… qui embarquera sur ce vol…. La décision de reconduite est un acte légitime de l’Etat Français….. Le délit (empêcher l’expulsion) sera puni d’une peine de 5 ans d’emprisonnement et 18000 euros d’amende. » etc etc….

De plus le policier nous a précisé que l’expulsé allait manifester son opposition en criant, en hurlant, en se débattant et de s’excuser pour le désagrément… que cela ne durerait que 5 mn et qu’après le départ de l’avion tout serait terminé !!

L’ expulsé est arrivé, encadré par la police et a commencé a hurlé «  lâchez moi, je veux pas partir… »

Aussitôt, certains passagers se sont levés, indignés par la scène imposée. Le personnel d’Air France ainsi que les policiers présents leur ont intimé l’ordre de s’asseoir sans quoi l’avion ne partirait pas et que tous les passagers seraient débarqués. Il faut préciser que jamais on n’a su les raisons de son expulsion.

Devant la détermination des passagers révoltés, le commandant de bord a pris la décision de reconduire l’avion au parking et appel a été fait à la police.

On a vu tout à coup surgir une vingtaine de CRS casqués, matraque et bouclier à la main (!!!) défilant en file indienne dans les travées de l’avion et se tenant, chacun à l’épaule du précédent. Jusque là tout le monde avait été très digne mais là le débarquement de la force publique dans l’étroit espace devenait des plus comiques et pourtant on avait pas envie de rire.

Les passagers qui s’opposaient à l’embarquement de l’expulsé ont été virés à terre. Précision importante le premier policier qui est intervenu photographiait tout le monde en interdisant à qui que ce soit de filmer où photographier. Un passager a d’ailleurs été expulsé pour cette seule raison. Je n’ai pas pu photographier mais rien ne m’interdit d’écrire.

J’ajoute qu’un CRS a filmé TOUTE la scène d’expulsion des passagers. Une famille de maliens, les parents et
3 très jeunes enfants sont descendus de l’avion pour avoir manifesté verbalement leur opposition. Les 3 bébés n’avaient pas mangé et n’avaient pas dormi pendant toute l’intervention. Le père était choqué par le déploiement des forces militaires devant de si jeunes enfants.

Et sur ordre du premier policier, les CRS se sont saisi de passagers assis qui avaient simplement manifesté leur indignation verbalement.

On nous a demandé qui avait encore quelques chose à dire… si vous n’êtes pas d’accord, descendez !!

Il faut bien avouer que devant une scène aussi immonde, devant un tel déploiement de la force on (JE) manque terriblement de courage. On se dégonfle et on a honte. Et on se sent extraordinairement impuissant devant «  le savoir faire français en matière de maintien de l’ordre » prôné par MAM.

J’ai pensé aux gens qui, pendant la dernière guerre, étaient témoins des actions de la police de Vichy, que faire, que dire devant un flingue ou une matraque, ou les aboiements des cerbères de l‘ordre….

Quoiqu’ait fait cet homme, on n’avait pas à prendre 250 passagers en otages, sans leur donner les raisons de cette décision.

Pourquoi ne pas nous avoir averti avant l’embarquement ??? Nous aurions pu prendre notre décision en toute liberté. On cautionne, on embarque. On ne cautionne pas, on prend un autre avion.

Pendant ce temps, des familles, des amis… nous attendaient à Bamako. Heureusement le téléphone fonctionnait. Mais que disait Air France sur son site : « En raison de problèmes techniques l’avion a dû faire demi tour » !!!… (Cf. copie d’écran en pièce jointe). Devra-t-on déposé plainte contre Air France comme certains l’ont fait pour les actions de la SNCF ???

Les passagers contestataires débarqués, l’expulsé a continué à protester… Puis finalement a été reconduit à terre.

Mais les passagers contestataires ont refusé de donner leur identité ; donc on a dû faire l’inventaire de ceux qui restaient dans l’avion et ensuite décharger tous les bagages pour en extraire ceux des débarqués.

Tout ça pour ça !!

Combien a coûté cette scène immonde, en argent, en stress, en mobilisation policière inutile. Car ces gens qui ont été virés ne sont pas des bandits, ni des rebelles encore moins des terroristes mais simplement des gens qui s’indignent...

Inévitablement des slogans radicaux ont surgis : les blancs dans leurs pays, les noirs en Afrique…

De tels évènements ne peuvent qu’exacerber les extrémismes Alors ne nous étonnons pas des prises d’otages. A mépriser des peuples, à les sous payer, on ne peut qu’obtenir des révoltes aveugles et incontrôlées.

Cet évènement auquel j’ai assisté ne m’inspire pour le moment qu’une seule réflexion : « J’ai HONTE et j’ai la rage »

Josette
(professeur retraitée)


Vidéos des expulsions :

Les passagers d’un avion filment et contestent l’expulsion brutale d’un étranger
http://www.lesinrocks.com/actualite...

Des passagers se révoltent contre une expulsion :"liberté, liberté"
http://www.youtube.com/watch?v=qodrl42gwSw


Diaspora Saharaui / Orly : Des passagers s’opposent à l’expulsion de clandestins vers le Maroc

source :http://diasporasaharaui.blogspot.co...

L’avion de la compagnie Royal Air Maroc, reliant Orly à Casablanca, devait décoller mercredi matin 19 janvier à 9h25. C’était sans compter sur la fronde de passagers qui ont refusé de s’asseoir, “par solidarité“, protestant contre l’expulsion de deux sans-papiers.

Ces derniers ont finalement été débarqués avant que l’avion ne reparte vers 11 heures.

C’est le fruit de la politique de Sarkozy avec les immigrés marocains, et c’est aussi sa façon de remercier le roi du Maroc, Mohamed VI, pour les belles vacances que le président français et son épouse passent dans les palais royaux alaouites.


Air France fait arrêter des passagers français et allemands après une action contre une expulsion

Paris, le 20 janvier 2011-

Des participants d’une caravane qui devait se rendre du Mali au Forum social de Dakar ainsi que d’autres passagers ont protesté jeudi après-midi à bord d’un appareil d’air France contre une expulsion brutale. En raison de cet acte de protestation, le vol AF 3096 de Paris à Bamako a été interrompu et obligé de retourner à l’aéroport de Charles de Gaulle. Sur le tarmac, la police a arrêté 17 passagers dont 8 allemands pour les placer en garde-à-vue. Le passager Michael Hackert relate les événements à bord de l’avion de la manière suivante : « Alors qu’un homme ligoté et accompagné de plusieurs policiers s’opposait à son expulsion forcée, des passagers se sont solidarisés avec lui en se levant de leurs sièges. »Bien que cet acte de protestation se soit déroulé pacifiquement, Air France a laissé la police emmener 17 passagers, dont 3 enfants.

Une deuxième tentative d’expulsion de la personne en question a été entreprise, mais sans succès, selon les dires des activistes maliens de Bamako.

« Air France se fait encore une fois la complice de la machine à expulser européenne » commente Marion Bayer du réseau Afrique-Europe-Interact qui réunit des activistes maliens et européens. Parmi les personnes interpellées neuf font partie de ce réseau. Elles avaient l’intention de porter leur lutte pour la liberté de circulation et les mêmes droits pour tous au Mali et au Sénégal, au moyen d’une caravane.

C’est déjà la troisième fois, en l’espace d’une semaine, que des vols à partir de Paris sont retardés : vendredi passé, lors du vol AF946 à destination de Douala (Cameroun), des passagers se sont levés pour protester contre une expulsion. Quatre d’entre eux avaient été sortis de l’avion et ont du subir un contrôle d’identité. Mercredi matin, plusieurs passagers ont refusé de prendre place dans l’avion de la Royal Air Maroc pour s’opposer à une expulsion. L’appareil est parti avec une heure et demie de retard, sans les deux prisonniers. Certains employés d’Air France se sont déjà prononcés en 2007 pour que cessent les vols d’expulsion de leur compagnie, jusqu’à présent sans succès.

La réaction courageuse de ces passagers aura probablement des suites juridiques en France. Au Mali par contre, il leur sera certainement réservé un accueil chaleureux. Un des principaux groupes qui a participé à organiser cette caravane se trouve être justement constitué de personnes ayant une expérience personnelle de la brutalité pratiquée dans les avions.

Les participants de la caravane veulent poursuivre leur voyage le plus vite possible vers Bamako pour arriver à temps, le 25 janvier, pour le départ de cette tournée. Le terminus de la caravane est à Dakar, où se déroulera du 6 au 11 février le prochain Forum social mondial.

Le réseau Afrique-Europe-Interact lance un appel aux dons pour de nouveaux billets d’avion et d’éventuels frais juridiques.

Pour plus de renseignements :

Michael Hackert (le témoin) à Paris – 0176/23 56 93 49

Marion Bayer, réseau Afrique-Europe-interact, 0176/25111738

Christoph Arndt, réseau Afrique-Europe-Interact, 0176/82062808

http:/www.afrique-europe-interact.net/


20 janvier 2011

Une vingtaine de passagers (dont trois enfants) ont été redescendus d’un avion ce soir, vol Air-France Paris Bamako, et sont actuellement dans les mains de la paf suite à une protestation dans l’avion contre une expulsion. Une partie d’entre eux sont allemands et rejoignaient la caravane de Dakar dans le cadre du forum social.

Dans un premier temps, voici les numéros de la PAF à Roissy pour exiger leur libération sans poursuite.

01.48.64.58.54
- 01.48.62.31.09
01.48.62.31.22


Jeudi 13 janvier 2011

AEROPORT DE ROISSY - Les passagers d’un vol Air France à destination du Cameroun se sont rebellés jeudi contre l’expulsion d’un homme, retardant le décollage à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, a-t-on appris vendredi de sources aéroportuaires.

Quatre passagers ont été interpellés

Le vol AF 946, qui devait décoller à 13H45 jeudi 13 janvier 2011 pour Douala (Cameroun), est finalement parti à 16H17.

Quand "une escorte policière est montée à bord avec un migrant qu’elle raccompagnait dans son pays", "les passagers l’ont pris à partie, il y a eu un début d’émeute à bord", a raconté une source aéroportuaire.

Alors que l’avion roulait vers sa piste de décollage, l’appareil a "dû revenir à son emplacement" et les passagers ont été débarqués, a-t-on ajouté.
"Ils ont vérifié les passeports des passagers qui ont pris des photos dans l’avion", a déclaré à l’AFP la nièce d’une des passagères qui souhaite rester anonyme. "Ma tante était très choquée, sa voisine est tombée dans les pommes", a ajouté la jeune femme.

Deux compagnies d’intervention ont été appelées en renfort, selon une autre source aéroportuaire. Les pompiers sont également intervenus pour quelques malaises "pas très graves", selon cette même source



Arrestation de militants Afrique-EuroInteract

Nous informons les militants et activiste de droits de l’homme ainsi que tous ceux qui militent pour la pleine reconnaissance de droits et libertés des migrants que les menbres du réseaux Afrique - Euro Interact qui se rendaient à la caravane Bamako - Dakar pour participer au Forum Social Mondial et à l’adoption de la Charte mondial du migrant à Gorée sont arrêtés à l’aéroport de Charles de Gaulle à Paris.
La raison de leur arrestation est tout simplement parce qu’ils se sont opposés au traitement dégradant infligé à un migrant que l’on expulsait dans des conditions inhumaines. Selon les informations en notre possession, les policiers qui accompagnaient ce migrant se comportaient comme les policiers d’un état voyou ; cela en torturant physiquement le migrant. voilà un acte que nos camarades militant en partance pour la caravane ne pouvaient en aucun cas supporter. Du fait qu’ils ont protesté dans l’avion, le commandant de bord a appelé la police qui les a obligé de descendre de l’avion et les a amené au commissariat.
Nous apportons notre solidarité à nos vaillants militants et dénonçons avec la dernière énergie le comportement excentrique du commandant de bord d’Air France qui au lieu de soutenir nos militants, a par contre soutenu la barbarie de la police.

Nous dénonçons et condamnons la barbarie de la police sur le migrants, un comportement qui nous renvoie au moyen âge et qui n’a plus de place dans la société du 21ème siècle.

Nous demandons à l’union européenne et à la France de s’interroger sur la relation de cause à effet. Les causes profondes de la migration dite illégale est avant tout le pillage par l’Union Européenne des ressources des pays d’origine des migrants à travers les accords dites de partenariat économiques, les soutien de dirigeants dictateurs et pilleurs de richesses africaines. L’Union européenne ferait mieux de trouver de solutions à ces causes au lieu de s’attaquer au phénomène.

Nous demandons à tous les militants (es) de demander à travers leurs réseaux respectifs la libération immédiate et inconditionnelle de nos camarade et que les dispositons utiles soient prises pour les ramener au plus vite possible à Bamako pour poursuivre le programme de la caravane.

Emmanuel Mbolela
membre du réseaux Euro - Afrque Interact.


Voir article 16270

Les expulsions de la honte.

Samedi 15 janvier Vallaya a été expulsée, témoignage de l’intervention à l’aéroport.

Vallaya C, est une dame thaïlandaise d’une cinquantaine d’années qui vit (ou plutôt qui vivait), en France avec son mari depuis 18 ans !

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2 Messages

  • Le 22 janvier 2011 à 08:29, par

    Pour votre information il ne faut pas en vouloir aux compagnies.
    C’est l’Etat qui oblige entre autres Air France, grâce aux capitaux qu’elle y possède encore à embarquer de force ces malheureux reconduits frontières.

    • Le 5 février 2011 à 09:29, par VIGNAULT Philippe

      Voici une réflexion proposée par La CIMADE qui m’interpelle.
      DEVENIR GRAIN DE SABLE...
      Moi, le contrôleur du métro,
      quand je contrôle une personne au faciès et la dénonce,
      Moi, l’employé de mairie,
      quand je soupçonne un couple de fraude parce que l’un des deux est étranger,
      Moi, l’agent derrière mon guichet,
      quand j’appelle la police parce qu’une personne se présente sans carte de séjour,
      Moi, le médecin,
      quand je refuse des soins à une personne parce qu’elle est sans papiers,
      Qu’est-ce que je fais ? Qu’est-ce que je laisse faire ?
      Moi, l’agent de préfecture,
      quand je refuse une carte de séjour à une femme de 65 ans, en France depuis 15 ans, qui sera
      expulsée,
      Moi, le policier,
      quand j’arrête un homme et le fais enfermer dans un centre de rétention sans le laisser prévenir sa
      femme et ses enfants,
      Moi, l’agent consulaire,
      quand je refuse la délivrance d’un visa de court séjour à une mère qui veut rendre visite à sa fille, en
      situation régulière,
      Moi, le commandant de bord,
      quand j’accepte dans mon avion un homme qu’on attache pour l’expulser,
      Qu’est-ce que je fais ? Qu’est-ce que je laisse faire ?
      Moi, le procureur de la République,
      quand je lance une enquête pour empêcher une française d’épouser l’étranger sans papiers qu’elle
      aime,
      Moi, le juge,
      quand je dis que mon devoir est d’appliquer la loi, en éludant la question de sa légitimité,
      Moi, le responsable politique,
      quand je vante le "bon" chiffre des expulsions, oubliant que ce "résultat" cache des hommes, des
      femmes et des enfants,
      Moi, le croyant,
      quand je ne dis rien ou ne fais rien pour défendre l’étranger, mon frère, car ce serait "faire de la
      politique",
      Qu’est-ce que je fais ? Qu’est-ce que je laisse faire ?
      Moi, le citoyen,
      quand je ne veux pas voir ce qui se fait en mon nom,
      Alors… Je refuse la Liberté. Je refuse l’Égalité. Je refuse la Fraternité.
      Alors, comme être humain,
      je prends conscience que tout ceci blesse à chaque fois : une personne, la société, moi-même.
      NON, je ne peux pas laisser faire !
      Et si je devenais grain de sable ?

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