Une tribune pour les luttes

TUNISIE

Chroniques (suite) : 2, 3 et 4 mars

par Christine Karmann, Photos de Marc Safran.

Article mis en ligne le samedi 5 mars 2011

Tunis, 2 mars.

La rumeur avait un jour d’avance, pas de déclaration du chef d’état aujourd’hui.

Je fais un tour à la Medina, la vieille ville de Tunis, dédales de souks dans des ruelles aux arcades qui se succèdent. Unique touriste en ces temps troublés, je suis vite repérée et plusieurs personnes m’abordent, pour me vendre des choses, pour me demander d’où je viens. S’en suit souvent une énumération des villes de France que mon interlocuteur connaît, tour de France des grandes ou moins grandes villes, scène qui me fait toujours sourire car elle me rappelle ces clichés évoqués dans l’"auberge espagnole". Je rencontre même une personne qui me cite presque toutes les communes des Bouches-du-Rhône !
Un commerçant me met en garde contre "les jeunes qui campent là-haut". "On est pas contents, on va faire une manifestation contre eux, car il y en a marre, ils bloquent l’activité de la Medina et nous on veut que les touristes reviennent et qu’on puisse regagner de l’ argent" me dit un vendeur d’huiles essentielles. Je lui réponds que ce sont mes amis qui campent là-haut, et qu’ils n’y a pas que des jeunes. C’est une belle chose ce qu’ils font... Yeux interloqués. J’imagine que jusqu’à présent, on abordait pas de sujets politiques avec les touristes.
- Les enfants sont bouches bées, vous comprenez l’ expression, si y’a pas de commerce, y’a pas d’argent pour nourrir les familles.
Certes, les bouches béantes d’enfants affamés ne sont pas attrayantes.
Mais je ne peux me résoudre à stopper là la discussion, et puis, il n’est pas complètement honnête, ce n’est pas la famine à Tunis.
- Et les familles qui sacrifient tout en ce moment pour être là, venant des 4 coins du pays pour défendre vos droits monsieur, et permettre à cette révolution d’aller au bout, de ne pas laisser les anciens de Ben Ali continuer à régner ?
- Eux ils font ce qu’ils veulent, ce sont des fainéants, moi je veux travailler, et que les touristes viennent acheter mes parfums.
OK restons pragmatiques... Je suis visiblement face à quelqu’un qui se réclame de la "majorité silencieuse", terme emprunté à mai 68, récupéré par Sarko et repris par Ghannouchi la semaine dernière, comme l’ explique un article sur FB, où un groupe "majorité silencieuse" s’est d’ ailleurs monté. Les productivistes qui veulent tout, tout de suite, et à n’importe quel prix. Et pour ma part, je suis bien heureuse que la majorité silencieuse n’ait pas étouffé mai 68 à l’époque...
- Je pense que parfois, il faut savoir faire des sacrifices pour la liberté. Vous avez fait une belle chose avec cette révolution... Vous n’allez pas tout gâcher maintenant, beaucoup de Français vous admirent pour ce que vous avez fait, vous peuple tunisien, et ils seront déçus si les idéaux de la révolution sont confisqués et qu’une autre forme de dictature arrive. Les gens comme moi ne viendront plus vous acheter des parfums...
- Ah bon... Mais il faut laisser le gouvernement travailler, si tout le monde dégage, on va faire comment ? Qui va s’occuper des ministères ? Qui va faire revenir le tourisme ?
- Allez faire un tour là-haut, des centaines de personnes y pensent, font des propositions, débattent, discutent, s’informent. C’ est quand même plus logique que le peuple qui a fait cette révolution ait maintenant son mot à dire pour les orientations futures de votre pays, non ?
- ^^ comme on dit sur FB (regard stupéfait)
- Et les touristes viendront plus nombreux si le pays est vraiment libre.
(A mon tour d’utiliser un argument fallacieux, nombre de touristes s’en foutent de la situation politique des pays qu’ils visitent, tant qu’il y a du soleil, des plages, des indigènes obséquieux et des photos typiques à faire... mais bon, l’argument économique aura peut-être son poids). Vous avez été les rencontrer à la Kasbah ?
- Euh, non.
- Franchement, allez-y, c’est beau. D’ailleurs vous devriez remplacer vos cartes postales par des photos de ce sit-in qui se tient à quelques rues de chez vous, ça aura du succès chez les touristes qui viendront dans le nouveau pays libéré, l’étoile du monde arabe comme vous dites. Soyez-en dignes de cette étoile... laisser les pions de Ben Ali gérer vos affaires, les miliciens casser la ville sans que la police n’intervienne contre eux, les manifestants de la liberté se faire réprimer par cette même police, ce n’est pas vraiment être digne.
L’argument commercial + l’attaque personnelle sur la dignité sont apparemment fatals, le vendeur ne répond plus rien, il réfléchit. Je lui achète un flacon d’huile essentielle "pour nourrir les bouches bées", et lui dis qu’il est le bienvenu à la Kasbah pour parler, pas pour provoquer, les gens sont des pacifistes là-haut.

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Sur le chemin qui y mène, une vingtaine de personnes portent une banderole : nous, habitants de la Medina, soutenons le sit-in de la Kasbah. Ouf ! La contestation n’émane pas de tout le monde dans le quartier.

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Ahlem m’invite à dîner chez elle avec des amis. Autour d’un excellent couscous, on me questionne sur la France, la situation politique -qu’ils connaissent en fait bien, je ne leur apprends pas grand chose-, la division de la gauche, la dérive fasciste qui s’accélère. On est bien d’accord sur la nécessité de lutter contre le capitalisme, l’impérialisme économique, le sexisme, et ils paraissent surpris lorsque je leur dis que je ne suis pas communiste, que je n’adhère, ni ne suis partisane d’aucun parti. Je tente de leur expliquer que c’est différent en France, que je crois que l’ action politique peut s’exercer autrement, en désobéissant pour certaines choses par exemple. Que les partis ne m’ inspirent pas confiance... Que je suis toujours déçue par la soif de pouvoir qui apparaît. Que je vote encore, mais que ce n’ est plus pour quelqu’un-e depuis longtemps, que c’ est contre ceux que vraiment je ne peux pas supporter. Ils finissent par me dire que, vu mes idées, si j’étais tunisienne, je serais forcément au PCOT, et me proposent la nationalité tunisienne :-) Je demande s’ils ont connaissance des mouvements alter-mondialistes, des idées de décroissance, d’ATTAC, du forum social, des velléités d’autogestion ? Seul Anis Ben Fraj, ancien prisonnier politique qui est récemment sorti de prison, relève : "j’ai l’impression que c’est une mode parmi certains milieux dans les pays riches, qui se donnent bonne conscience, mais je crois qu’il n’y a pas de programme pour rebâtir une société derrière tout cela, ce dont nous avons besoin aujourd’hui". Les autres n’en ont pas vraiment entendu parler. Je me tais, le terme de mode, venant d’un ancien prisonnier politique communiste, me cloue le bec... Commence ensuite un débat sur le communisme, marxisme-léninisme, stalinisme, trotskisme, et la diabolisation qui en a été faite en occident. Ils débattent, ne tombant pas d’ accord. Je lance le nom de Bakhounine, pour voir leur réaction. Pavé dans la mare, on me retire ma nationalité tunisienne derechef : les anars locaux sont des jeunes bobo qui se la jouent. Ces camarades ont des références qui me dépassent. Ahlem m’explique qu’ils avaient une bibliothèque clandestine de plus de 80 ouvrages qui circulait en douce ; je comprends pourquoi je suis dépassée, je n’ai pas lu 80 ouvrages de théorie politique moi, encore moins en me cachant... Sous Ben Ali, on les brȗlait ces livres, et leurs lecteurs sont généralement des étudiants qui ont souvent connu les geôles du pays. Ahlem me raconte comment elle est devenue proche de ce parti, interdit durant de longues années. Clandestinité ou prison était le lot des militants. Le porte-parole du PCOT Hamma Hammami, est connu dans le pays, la vingtaine d’années qu’il a passé en prison ou en clandestinité, n’ont pas pu empêcher cela, au contraire.

Il y a des différences entre lire des articles sur le non-respect des droits humains, signer des pétitions, participer à des réunions, et en discuter de vive voix avec des personnes qui ont vécu l’oppression la plus totale. Un sentiment bizarre m’envahit, que j’ai déjà connu en Turquie face à certains militants Kurdes -ou en France avec des réfugiés politiques- ; comme si je ne méritais pas d’être ici, moi qui milite confortablement sans risquer la torture tous les quatre matins.
Le parcours de mon amie est différent des autres. Contrairement à ses camarades, ce n’est pas l’oppression subie -elle vient de la "classe moyenne" comme on dit-, ni la philosophie politique qui l’a poussée là au départ, mais l’émotion, après qu’un camarade lui ait prêté à l’université un rapport sur les actes de torture dans les prisons. Sa révolte contre ces pratiques lorsqu’elle les a découvertes, l’a poussée à se former politiquement. Je finis par rentrer, pensive. J’ai passé une soirée qui me marquera.
Le vendeur de parfum n’a jamais été prisonnier politique, lui.

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Tunis, 3 mars.

Je passe l’après-midi à l’association tunisienne de lutte contre le sida. Souhaila, qui y coordonne les missions et accueille des personnes, m’ explique leur démarche ; les personnes victimes du sida qui la fréquentent y sont accompagnées, mais pas assistées. Elles ont appris à revendiquer leurs droits, prélude d’ un peuple qui revendique ses droits depuis des semaines. Le mouvement associatif a, entre autres, permis cette révolution, car personne n’osait rien revendiquer auparavant. Elle me détaille toutes les discriminations dont sont victimes les personnes vivant avec le VIH en Tunisie, surtout les femmes mariées, qui sont toujours accusées par les familles d’avoir contaminé leur mari, l’inverse ne pouvant être reconnu. Des femmes violées qui n’osent pas porter plainte, et lorsqu’elles le font, doivent prouver que c’est ce viol qui les a contaminées. Elle me parle des TS (travailleuses du sexe) qui œuvrent en maison close, où l’association fait de la prévention, ainsi que dans les planning familiaux, les cliniques, chez les gynécologues. Pour les écoles, ils manquent de moyens, et pourtant ce serait bien nécessaire dit-elle, "on ne peut pas penser à court terme, les pré-ados d’aujourd’hui doivent être formés". Ses espoirs concernant la post-révolution concernent le social et l’évolution des mentalités, mais aussi les choix politiques et donc ceux des bailleurs de fonds. Leur association existe depuis vingt ans, ne s’affichait pas au départ, pour éviter de stigmatiser les personnes qui s’y rendaient. Mais depuis quelques mois, ils ont mis des rubans rouges et des banderoles sur la façade, les personnes venant les voir assumant leur maladie et commençant à revendiquer leurs droits.
L’accès aux soins est compliqué dans les campagnes, certaines personnes doivent faire des km et des km pour avoir accès aux médicaments. Je songe à la loi Besson et aux étrangers contaminés qui vont probablement se voir prochainement refuser un renouvellement de leur titre de séjour santé en France, histoire de créer un peu plus de "matière" à expulser pour la machine qui œuvre depuis quelques années. Elle me laisse les coordonnées de la structure pour qu’on puisse y orienter les personnes qui seraient expulsées. Cette femme est un modèle de pensée positive, la rencontre a été chaleureuse.

A la Kasbah, où je vais seule cette fois-ci, plusieurs personnes viennent me voir. Ils commencent à avoir l’habitude de m’apercevoir ici, et les quelques interviews faites m’ont permis de rencontrer plusieurs personnes. Deux jeunes de Kairouan discutent avec moi dans un mélange de français, anglais, arabe, et de mimo-gestuelle. Ils attendent le discours du chef du gouvernement qui sera décisif pour la Kasbah. On se rend au café, qui, habituellement plein de touristes, est ces derniers jours le café de la Kasbah. Les participants au sit-in viennent s’y reposer, jouer aux cartes, discuter, regarder la TV. Pas d’empressement à consommer ici, nous ne sommes pas à Paris. Les sujets "progressistes" intéressent mes interlocuteurs au langage babélien : concubinage, liberté d’expression, liberté sexuelle, liberté de pratiques religieuses... Ils m’aident à faire un petit lexique de quelques mots, et me présentent un de leurs amis, bénévole au croissant rouge, qui est secouriste sur le sit-in. Il s’est, avec Mohamed, porté volontaire pour acheminer des vivres et aider le croissant rouge à la frontière Libyo-Tunisienne, où les réfugiés affluent sans cesse, et tous deux vont peut-être partir demain. Encore une personne diplômée en droit, sciences politiques, qui a fait deux master en plus, et qui travaille ... pour les centres d’appel, vendant indifféremment du vin, des panneaux solaires, des forfaits multimédia aux Francais-e-s. Il est parfaitement francophone, compétence première pour être télé-opérateur. Actuellement, il est au chȏmage, il ne veut plus travailler dans ces centres d’ appel. On verra après la révolution.
Des chants sont entonnés, de plus en plus forts, des slogans clamés. On se croirait à une finale de foot. Le président par intérim va bientôt tenir son discours qui scellera l’avenir de la Kasbah. "On est prȇts à rester aussi longtemps qu’il le faudra" résonne de toutes part. Silence religieux lorsqu’il commence son discours, le café sous les arcades est bondé. Beco me traduit phrase par phrase. Après une longue entrée en matière sur les martyrs, la dignité, il finit par aborder les thèmes qui intéressent tout le monde ici : des élections vont être organisées, pour former une assemblée constituante, le 24 juillet. Le président ne quittera pas ses fonctions le 15 mars, il assurera la transition.
La revendication principale de la Kasbah, l’élection d’une Assemblée constituante, chargée d’élaborer une nouvelle Constitution est atteinte. Une haute commission, regroupant une commission des experts et un conseil (de protection de la révolution ? il ne le cite pas explicitement), va préparer un système électoral spécial d’ici fin mars pour des élections de l’ assemblée constituante en juillet.
Ce n’est pas la joie que j’escomptais chez les téléspectateurs.
Quid de la dissolution de la police politique ?

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Quid de la dissolution du parlement ?
Le discours fini, Foued Mebazaa se fait un peu huer, mais les siffleurs sont vite calmés par leurs concitoyen-ne-s, un "dégage" fuse, tout de suite remballé par les autres. Le moment est à la réflexion.
Mon interprète est déçu. "C’est du théâtre, c’ est pas ce qu’on attendait, ce n’est pas assez". J’attends qu’il approfondisse, mais peut-être a-t-il besoin de réfléchir. A la Kasbah toute proche, c’ est calme. Pour la première fois depuis que j’y viens d’ailleurs, même sous la pluie à 1h du matin, il y avait plus d’agitation...
Les débats vont s’organiser, les avocats sont attendus. Concertation générale au programme ce soir. Je rentre, ne maîtrisant pas l’arabe, je ne comprendrais rien à ces débats. Vers 23h, un texto me parvient : "les discussions de la Kasbah tendent vers l’ arrêt (conditionnel) du sit-in, puisqu’ils ont eu deux demandes. Mais rien n’ est confirmé".

— -

Tunis, 4 mars.

Je tchatte avec mon amie Ahlem, qui m’explique les débats de la nuit précédente a la Kasbah :

L’ assemblée constituante va être élue, une haute autorité va préparer la tenue des élections. Cette haute autorité sera normalement constituée du conseil de protection de la révolution + toute l’opposition : les forces qui étaient contre le sit-in, le PDP et l’Ettajdid, les anciens partis du gouvernement transitoire et qui ont fini par démissionner + des experts (pêle-mêle flou, on ne sait pas de qui il s’agira réellement). Après le 24 juillet, l’ assemblée constituante commencera à rédiger la nouvelle constitution.

Concernant le parlement rien n’est dit sur le fait qu’il est mis de côté non plus, ni sur le fait qu’il soit actif ou non.

Pour finir, il n’a pas parlé de la police politique.

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Révolution au compte-goutte d’après Ahlem.
Finalement, verdict : le sit-in lève le camp, avec un communiqué : « si vous n’assurez pas, ce que vous venez de dire et si vous ne respectez pas nos attentes, on reviendra. Le chemin de la Kasbah, tout le monde le connait. »

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Je lui garantis mon soutien en cas de 3e sit-in et je propose le cas échéant d’organiser un stage ici pour montrer aux Français-e-s comment se mobiliser :-) Elle accepte en riant. Ça nous aidera à organiser la révolution... A quand une Kasbah devant l’Elysée ?
Ahlem m’avait prévenue voici quelques jours : "tu vas peut-être assister à l’ accouchement de la liberté en Tunisie". Ça y est, son nom chéri s’ inscrit dans l’histoire.

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Lire l’épisode sur les jours précédents :
La vie militante à la Kasbah
Mille Bâbords 16690

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5 Messages

  • Le 6 mars 2011 à 12:58, par
    • Le 7 mars 2011 à 23:25, par Ahlem

      même combat ! loin de là, la Qobba était animée par la majorité silencieuse .... qui sera dorénavant muette car seule la voix du peuple s’élèvera pour dire "RCD dégage !", et sache que cet article représente une fausse vision de la réalité. Avec ses chroniques, Christine Karmann s’est entretenue, elle, jusqu’à 3 heures du mat, sous la pluie, le 28 février, avec des personnes du sit-in qui exigeaient une assemblée constituante, alors que la "coupole" distribuait des jus pendant des heures du sit-in en disant "la Kasbah ne me représente pas" , je vous dis "vous ne représentez pas le peuple non plus, dommage, mais vous êtes à côté de la réalité. A bas le journalisme aveuglé par la minorité silencieuse !"

      Ahlem

  • Le 7 mars 2011 à 08:58, par

    http://fr.globalvoicesonline.org/20...

    Vidéos montrant les lanières de papier des dossiers passés au broyeur et des dossier “sur à peu près tout le monde en Egypte” à l’intérieur du bâtiment de la sécurité d’état de Nasr City et les dossiers découverts :

    * Attentats dans deux églises dédiées à des saints “Selon ceux qui ont pu lire le dossier, le Ministère de l’intérieur est impliqué dans l’attentat des églises.
    * Hosni Moubarak et Suzanne Mubarak !! “Oui, ils les espionnaient !! ça pousse à s’interroger sur leur loyauté. Nos amis parlent d’un dossier qui couvre la tentative d’assassinat de Addis Baba en 1996.
    * Le Cheikh Karadaoui
    * Le Dr. Mohamed El Baradei
    * L’animateur de la chaine Al Jazeera Ahmed Mansour
    * Feu Khaled Saïd !![Ndt : battu à mort par la police]
    * Des membres des Frères musulmans, tels que Mohamed Habib
    * Des membres du Mouvement du 6 avril comme Ahmed Maher ‘avec des dossiers sur les membres de sa famille, y compris les bébés !”
    * Des membre des mouvements socialistes
    * Les sectes religieuses
    * Des membres conservateurs du clergé “apparemment ventre à terre pour les servir”
    * Mortada Mansour [Ndt : animateur de télévision]
    * Les épisodes de la nouvelle émission de débats du soir à la télévision “Avec des retranscriptions des émissions et des informations sur les gens qui y appelaient pour y participer par téléphone ”
    * Un dossier complet avec la liste des adresses Yahoo Mail qui ont été surveillées.
    * Des dossiers sur la CIA , le FBI, les élections en Irak et Al Qaida “Les dossiers précieux et centraux de la capitulation n’ont pas été trouvés, je crains qu’ils ne soient passés au broyeur”
    * Des dossiers sur les politiciens et leurs connaissances
    * Des dossiers sur les accords politiques en coulisses et les espions de différents groupes
    * Des dossiers sur Safwat Al Sherif et ses fils, avec leurs scandales financiers pour corruption.
    * Des dossiers sur les journalistes qui travaillent pour la Sécurité d’état.

    • Le 7 mars 2011 à 15:48, par

      http://www.rue89.com/2011/03/07/la-...

      Des Egyptiens racontent leur entrée par effraction dans le bâtiment de la sécurité d’Etat, lieu de torture et de stockage d’archives.

  • Le 8 mars 2011 à 11:29, par

    http://www.lavoixdunord.fr/France_M...

    Younes Sabeur Chérif et Riad Zitouni, 21 ans, étudiants en sciences politiques à l’université d’Alger 3, incarnent le vent nouveau qui souffle depuis les écrans d’ordinateur et chauffe le monde arabe. Fin juillet, ils ont créé avec deux autres administratrices une page sur le réseau social Facebook. Une simple page qui s’appelle un peu pompeusement « Envoyés spéciaux algériens » mais invente le journalisme politique citoyen. En quelques clics.

    « L’idée à la base, c’est d’établir un réseau de reporteurs bénévoles sur tout le territoire, expose Younes. Il est ouvert à tous et il suffit de nous envoyer des textes, des photos ou des vidéos par e-mails. Si les informations sont confirmées par d’autres internautes, on publie. C’est simple et ça plaît car le champ médiatique est complètement verrouillé, à part quelques journaux privés comme "El-Watan", "Liberté" et "El-Khabar". Mais même eux s’expriment avec prudence. On a donc voulu ouvrir un espace pour que les citoyens parlent librement, confortablement installés chez eux, sans complexes. En quelque sorte, les réseaux sociaux s’imposent comme le cinquième pouvoir. »

    (...)

    L’Internet, en particulier Facebook et Twitter, est un acteur des révolutions arabes. On l’avait constaté en Tunisie en janvier. Le blogueur Slim404, alias Slim Amamou, est depuis devenu ministre de la Jeunesse. On peut suivre avec délectation ses tweets en direct du conseil des ministres. Même chose en Égypte avec Kareem Amer ou Wæl Ghonim qui ont tâté de la prison pour avoir démultiplié la bonne parole démocratique et réjouissant point commun, pacifique.

    Hier, «  ESA » comptait près de 34 000 abonnés (des likers en langage « facebookien ») et l’attente est grande. Entre fierté et amusement, Younes et Riad se disent qu’ils sont « peut-être aujourd’hui le plus grand site d’information en Algérie ».

    En sept mois, leur page a été vue plus de 40 millions de fois par ce réseau improvisé, au ton jeune et volontaire. _ En direct ou presque, on suit les mouvements de grève et de contestation à travers toute l’Algérie, de Constantine à Oran.

    En janvier, lors des émeutes de la faim, ils publiaient 800 infos par jour, agrémentées de plus de 1 500 commentaires, à 95 % par des internautes de moins de 35 ans.

    (...)

    http://www.facebook.com/e.s.algeriens

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