Une tribune pour les luttes

Samedi 5 mars, on va chercher Christian, 16 ans, emprisonné au Camp de rétention (CRA) de Plaisir.

IL EST LIBRE !!!!!!!

Article mis en ligne le mardi 8 mars 2011

Photo prise le 5 mars 2011, à la sortie de Christian KINIANGI du CRA de la ville de Plaisir devant les soutiens du RESF de la région parisienne et d’Amiens . Il fera sa rentrée scolaire au collège C.Frank d’Amiens, ce 7 mars 2011 au matin.

Nous remercions les 1000 signataires de la pétition de citoyens, des élus des collectivités territoriales de la Somme, de Picardie et du département des Yvelines (voir notamment la lettre de C.TASCA (sénatrice et ancienne ministre) au Préfet de la Somme en soutien à Christian KINIANGI) ainsi que les nombreux soutiens de militants du RESF de la région parisienne qui ont été lui rendre visite quotidiennement.

RESF Somme

Juste 19 secondes à écouter, les premiers mots de Christian à la sortie du JLD, Samedi 5 à Versailles, le jours de ses 16 ans ...

... ça fait juste plaisir à écouter !

MP3 - 307.8 ko
Christian 5 mars 2011 - premiers mots

RESF sur radio FPP 106.3, tous les mercredi à 18 heures
http://www.educationsansfrontieres....


Des élèves avant d’être des « étrangers »

10 Mars 2011

Membres du Réseau éducation sans frontières (RESF), Odile Jouanne, Bernard Hazard et Richard Moyon reviennent sur l’affaire dite des « Neuf d’Amiens », dans laquelle huit mineurs avaient été injustement envoyés en centre de rétention administrative. Ils fustigent la « suspicion systématique sur les mineurs isolés, les rafles et les recours à des tests contestés » induits par la chasse aux immigrés menée par le gouvernement.

http://blogs.mediapart.fr/edition/l...


Le Courrier Picard / AMIENS - Libération d’un jeune Congolais

Un jeune Congolais, en rétention administrative depuis la mi-février, a été libéré samedi à la demande d’un juge des libertés et de la détention (JLD) du tribunal de grande instance (TGI) de Versailles.
Christian Kiniangi, âgé de 16 ans, arrivé en France en mai 2010, avait été interpellé le 15 février dans un foyer de la Somme avec huit autres jeunes étudiants puis conduit au centre de rétention administrative de Plaisir (Yvelines).
L’adolescent est scolarisé en 3e d’insertion dans un collège d’Amiens.
Il risquait de voir sa période de rétention prolongée de 15 jours.
Si la plupart des étudiants ont été relâchés à la demande de la justice quelques jours après leur arrestation, le jeune Christian Kiniangi était resté en centre de rétention.
Soutenu par RESF ainsi que par des élus de la Somme et des Yvelines depuis son arrestation, présents à nouveau samedi à Versailles pour réclamer sa libération, Christian Kiniangi est ressorti libre du tribunal à la mi-journée, selon Richard Moyon de RESF.
« Aujourd’hui, nous sommes soulagés et Christian encore plus que nous. Il ne rêve que d’une chose, c’est d’aller manger dans un "fast-food". Il aura quand même fait 18 jours de prison. Dès lundi, il va pouvoir retourner au collège », a dit M. Moyon.
Ses parents sont morts dans des affrontements en 2007 en République démocratique du Congo (RDC), selon RESF.

http://www.courrier-picard.fr/courr...


COMPLEMENT AU COMMUNIQUE RESF DU 4 MARS.

Pour la cinquième fois en seize jours, une juridiction versaillaise a décidé vendredi 4 mars après-midi de maintenir Christian Kiniangi, 16 ans demain, en rétention. Une décision peut-être conforme au droit, certainement pas à l’équité et moins encore à l’idée qu’on devrait se faire des devoirs d’une société civilisée à l’égard d’un jeune, mineur isolé dans un pays qu’il découvre, orphelin de père et de mère.

Christian sera présenté aujourd’hui 5 mars à 10h au juge des libertés et de la détention qui décidera de prolonger ou pas sa rétention de 15 jours supplémentaires. On mesure au passage ce que seront les choses si, comme le souhaitent ardemment MM Besson-Hortefeux et Guéant réunis, la durée de la rétention est portée à 45 jours… Concernant Christian, l’audience de demain sera la sixième infligée à un garçon de 16 ans. La justice est décidément plus rude et plus rapide pour les mineurs étrangers que pour les anciens ministres ou les anciens présidents…

Si le JLD se rend enfin à la raison et libère Christian, ceux qui le soutiennent se rassembleront à 15 heures devant le CRA de Plaisir pour fêter sa liberté retrouvée. S’il était maintenu en rétention, nous serions devant ce même CRA pour dire notre colère et notre honte d’un gouvernement qui, pour racoler les voix du Front national, n’hésite pas à maltraiter des gamins de 16 ans.

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Laissez-passer / Avoir 15 ans en rétention

source : http://www.laissezpasser.info/post/...

Par Marie Barbier le jeudi 3 mars 2011

Christian KiniangiIl a les traits tirés. Dit qu’il n’arrive pas à dormir. Avec sa main, il imite un moulin à côté de sa tête. Christian Kiniangi cogite. Et il a de quoi. Depuis seize jours, ce garçon, qui affirme avoir 15 ans, est enfermé au centre de rétention administrative (CRA) de Plaisir, dans les Yvelines. La préfecture de la Somme, elle, le déclare majeur, donc expulsable.

Il y a un an, Christian ne parlait que le Lingala. Aujourd’hui, c’est dans un français correct qu’il raconte son histoire. Né en République démocratique du Congo (RDC), Christian est orphelin de père et de mère. « Mes parents ont été tués en 2007, le 22 mars. » Son père était «  politicien ». Une amie de ses parents prend soin de lui, jusqu’à ce jour d’avril 2010 où un «  monsieur » l’emmène en France. A Roissy, l’homme part acheter une carte téléphonique et ne reviendra pas. Un Congolais habitant Amiens (Somme) recueille Christian, le loge une semaine puis le confie à l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Le garçon commence alors à « bâtir » sa vie : des éducateurs, des amis et une formation de carreleur au collège César Franck d’Amiens, où il intègre une troisième d’insertion. Ironie de la situation, sa demande de stage lui est refusée parce qu’il n’a pas les seize ans requis…
Débarquement des forces de l’ordre dans deux foyers

Cette vie tranquille bascule le 15 février, à sept heures du matin. Les forces de l’ordre débarquent en nombre dans deux foyers gérés par l’ASE, à Amiens et Abbeville. Au total, neuf jeunes seront arrêtés. L’arrestation fut d’une telle violence que les autres enfants du foyer bénéficient désormais d’un soutien médico-psychologique. Aujourd’hui encore, gêné aux entournures, le conseil général de la Somme, en charge de l’ASE et socialiste, ne sait pas qui est à l’origine de cette « action coordonnée ». Des salariés de l’ASE propices à la délation ? « Ca n’est pas impossible, répond Frédéric Fauvet, au cabinet du président. Les services de protection de l’enfance sont en dialogue régulier avec l’administration judiciaire. Des éléments ont pu être échangés. » Prévenu le jour de l’opération, le Conseil général condamne. « Ces jeunes sont sous notre responsabilité et jusqu’à preuve du contraire mineurs, poursuit Frédéric Fauvet. Le Conseil général est là pour les protéger et les défendre. » La demande de contre-expertise des examens osseux est depuis restée sans réponse.

Car une fois interpellés, ceux que l’on appelle désormais « les neuf d’Amiens » subissent un examen de la détermination de l’âge, plus couramment appelé test osseux (lire ci-dessous). Tous sont déclarés majeurs. Christian a pourtant un certificat de naissance daté du 5 mars 1995. Un faux, juge la préfecture. Les jeunes sont éparpillés dans quatre centres de rétention, avec une épée de Damoclès au dessus de la tête : une autorisation préfectorale de reconduite à la frontière (APRF). Depuis, tous ont été libérés sur décision du juge judiciaire ou administratif. Ne reste que Christian.

Le 5 mars, jour de ses 16 ans

Il dit qu’il n’a plus personne en RDC. Que désormais sa vie est ici. Pour tenter de le sortir du CRA, la mobilisation s’organise. Des élus locaux viennent lui rendre visite et le Réseau éducation sans frontière (RESF) promet un « beau tintouin » devant le centre, le 5 mars, jour de ses seize ans.

En attendant, Christian se retrouve au milieu d’un imbroglio juridique qui pourrait lui être favorable : la demande d’asile qu’il a déposée à l’Office français des réfugiés et des apatrides (Ofpra) suspend son APRF, le temps que l’OFPRA statue sur son sort. Or, cette dernière ne prend pas en compte les tests médicaux. Christian est donc considéré comme mineur et - à moins que le procureur ne se contredise en désignant un administrateur ad hoc - sa demande d’asile ne pourra pas être étudiée avant sa majorité, ce qui laisserait deux ans de répit à Christian. France terre d’asile a fait une saisine du juge des libertés en ce sens. Sa décision pourrait intervenir aujourd’hui ou demain.


DES TESTS OSSEUX CONTESTES

Créés dans les années 1930 aux Etats-Unis, l’expertise médicale en vue de la détermination de l’âge, plus couramment appelée « test osseux », est utilisée aujourd’hui par l’administration française en cas de soupçon de majorité, en particulier pour les mineurs isolés étrangers. Ce test comprend un examen physique (prise de mensuration, relevé de l’évolution de la puberté, du développement de la dentition) et des radiographies du poignet, du coude ou de la hanche. Ne pouvant fournir qu’une estimation très approximative de l’âge - les tables de références de maturation osseuse utilisées comportent une marge d’erreur de 18 mois - ce test est très contesté, y compris par la communauté scientifique. Le Comité consultatif national d’éthique parle d’« inadaptation » de ces techniques et rappelle que «  l’important est de protéger les enfants, non de les discriminer ». L’Académie nationale de médecine précise, quant à elle, que « cette méthode ne permet pas de distinction nette entre 16 et 18 ans ».

vendredi 4 mars 2011.

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COMMUNIQUE RESF

4 mars 2011

SAMEDI 5 MARS, ON VA CHERCHER CHRISTIAN

Point presse samedi 5 mars 15h devant les CRA de Plaisir
(commissariat avenue François Mitterrand)

Christian Kiniangi, orphelin de père et de mère, mineur isolé congolais (RDC) pris en charge par l’ASE à Amiens est enfermé dans la prison pour étrangers de Plaisir (78) depuis 16 jours. Il est né le 5 mars 1995, il «  fêtera » son seizième anniversaire demain. En liberté parmi ses soutiens venus le chercher si le juge devant lequel il comparaît demain matin le libère. En centre de rétention, seul mineur parmi les adultes, si la justice se montre aussi implacable avec lui que l’a été le préfet de la Somme.

Christian Kiniangi est l’un des neuf étrangers, mineurs isolés, arrêtés le 15 février dans le foyer d’Amiens où ils avaient été placés par l’ASE. Cueillis au sortir de la douche, ils avaient été embarqués et placés en garde à vue. Une arrestation collective, en un endroit précis, visant une catégorie particulière. C’est la définition même de la rafle. Les jeunes avaient subi un test d’âge osseux qui, comme par hasard, avait montré qu’ils étaient majeurs, contrairement à ce qu’ils affirment et contrairement à ce qu’indiquent les documents que certains d’entre eux présentent. Or, il est de notoriété publique que ces tests conçus dans un but thérapeutique ne peuvent établir l’âge civil d’un individu. (Voir Mille Bâbords 16564) Mais peu importe pour le gouvernement : il a le sauvetage d’un président en perdition à assurer et une rude concurrence avec le FN à mener. On ne fait d’omelettes sans casser des œufs ni réélire Sarkozy sans expulser, des mineurs en particulier.

Les neuf d’Amiens ont été dispersés dans quatre centres de rétention, à des centaines de kilomètres (Oissel, Le Mesnil-Amelot, Vincennes et Plaisir). Mais, dans les jours suivants, tous avaient été libérés, certains par les tribunaux administratifs, les autres par les JLD, à l’exception de Christian Kiniangi maintenu 15 jours au CRA de Plaisir.

Il détient un extrait d’acte de naissance sur lequel figure la date qu’il dit être la sienne. Une décision de la justice française l’a placé sous tutelle, établissant sa minorité. Que faut-il de plus ? Huit de ses camarades, raflés dans les mêmes conditions et sous les mêmes prétextes, ont été libérés. Pourquoi ne le serait-il pas ?

Si la notion même de justice a un sens, Christian Kiniangi sera libéré demain. Des militants, des personnalités, des élus se sont relayés ces derniers jours pour lui rendre visite au CRA. Certains d’entre eux seront au tribunal de Versailles demain à 10 heures. Rejoints par des habitants et, s’ils le peuvent, des élus de la Somme, ils seront aussi à 15 heures devant le CRA (qui, d’une façon hautement symbolique est dans les locaux du commissariat de Plaisir) pour l’accueillir à sa sortie, fêter son anniversaire et sa liberté retrouvée puis le ramener à Amiens où il doit retrouver son foyer, ses copains et son collège lundi prochain. Si par malheur, la justice s’acharnait à cautionner la sale politique du gouvernement et du préfet de la Somme en maintenant Christian en rétention 15 jours de plus, ils seraient là aussi pour lui manifester leur solidarité et dire qu’ils ne baissent pas les bras. Qu’ils continueront jusqu’à sa libération et aussi jusqu’à ce que les tests d’âge osseux cessent de donner une caution pseudo-scientifique à une politique honteuse qui met des mineurs en prison au lieu de leur donner les moyens de grandir et de s’éduquer.

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