Une tribune pour les luttes

"Dette, les grosses ficelles de l’arnaque ; une pièce en 3 actes : dramatiser, culpabiliser, punir"

Il parait "que la dette est colossale, le pays au bord de la faillite" ?
C’EST FAUX !

Article mis en ligne le vendredi 16 décembre 2011

Vendredi 16 décembre

- 8h30 4 chômeuses attaquent Pôle-Emploi devant le TGI ; ells sont soutenues par la CGT Chômeurs. Les medias (écrits, LCM, FR3) sont là pour des affaires dans lesquelles ces personnes sont privées d’indemnités du fait des ratés de Pôle-Emploi.

- 10h30 une 40aines de personnes sont rassemblées devant le 10 place de la Joliette. Il s’agit d’interpeller le pdt de la CUM, responsable des trottoirs de la ville de Marseille, qui a demandé l’expulsion des Rroms qui campent depuis 2 mois rue Zoccola. Malgré un jugement lui ayant laissé le temps de trouver une solution, E.Caselli renvoie les associations à la Mairie et au préfet ! Les élus du FdeG de la CUM ont décidé d’interpeller,eux, le président pour cette réponse dilatoire.

- 11h30 angle Belsunce-Canebière le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique et Attac haranguent les passants pour leur demander de soutenir les banques et penser au petit noël des banquiers ! Avec un tractage massif du 4 pages réalisé à cette occasion : "dette, les grosses ficelles de l’arnaque ; une pièce en 3 actes : dramatiser, culpabiliser, punir".

Bientôt la trêve des confiseurs ? Pas sûr.

Jean 6/4


4 pages distribué :

DETTE : Les grosses ficelles de l’arnaque

Acte 1 – Dramatiser, faire peur

«  La dette est colossale, le pays est au bord de la faillite, nous risquons d’être sanctionnés par les agences de notation et perdre notre triple A. »
C’est faux

Le drame n’est pas celui qui est annoncé.

1) La dette n’est ni bonne ni mauvaise en elle même, tout dépend de son usage.

o A-t-elle permis un développement des richesses pour le bien commun ?hôpitaux,écoles etc…

o Sert-elle les intérêts spéculatifs et destructeurs d’une oligarchie très riche comme c’est le cas ?

2) Ce qui est terrifiant avec la dette ce n’est pas son montant actuel.

o Sans vouloir minimiser la dette publique (1692 milliards d’euros au 2ième trimestre 2011, soit 86,2% du PIB) si nous devions la rembourser en 7 ans (durée moyenne du remboursement), cela représente 12% du PIB, ce qui est loin de la faillite ! Le Japon pour sa part a une dette publique de 229 % en 2011 et en 1944 notre dette représentait 290 % du PIB.


N’oublions pas : la France est un pays riche !

3) Ce qui est beaucoup : plus effrayant et scandaleux, une vraie imposture, c’est que la dette a été délibérément créée par ceux qui la dénoncent.

o Par les baisses d’impôts sur les grandes entreprises et les ménages les plus riches depuis 10 ans. Sans ces baisses d’impôts, la France aurait même eu un excédent budgétaire en 2006, 2007, 2008 (Voir le Rapport d’information 2010 du député UMP Gilles Carrez et le Rapport sur les finances publiques 2010 de Champsaur et Cotis)

o Par l’obligation que les États européens se sont donné, d’emprunter sur les marchés financiers à taux d’intérêt parfois très élevés, (selon les attaques spéculatives) plutôt qu’à un taux très faible auprès de la Banque Centrale Européenne. Cet abandon du pouvoir monétaire et du crédit au profit des banques privées, réalisé dès 1973 en France par Giscard d’Estaing et en Europe depuis le traité de Maastricht, a fait du service de la dette (intérêts+amortissement) le premier poste de dépense budgétaire, ce qui est abérrant et scandaleux socialement. On verse ainsi aux créanciers annuellement, 3 fois le budget des dépenses scolaires. (« la Dette ou la Vie »)

Sans ces deux mesures, modifiables, il n’y aurait pas de problème de dette. Mais pour certains la dette est source de profit, c’est pourquoi les gouvernants la maintiennent tout en prétendant la combattre.

4) Quant à la peur de la perte du triple A…

o On sait qu’il est vain de vouloir rassurer les marchés financiers qu’ils craignent aussi, en connaissance de cause, les effets destructeurs de leurs recettes sur l’économie. Soustraire les États à cette pression peut se faire simplement en permettant à la BCE de prêter directement aux États.

Acte 2 – Culpabiliser

« Nous dépensons trop, nous vivons au-dessus de nos moyens, chaque habitant est redevable d’une part de cette dette et ce sera un fardeau pour nos enfants si nous n’acceptons pas de nous serrer la ceinture ! »
C’est faux

Le gouvernement et les grands médias nous serinent comme une évidence, que la dette est liée à un excès de dépenses. Mais les comptes du gouvernement contredisent cet argument.

1) Les déficits publics, c’est-à-dire le solde négatif entre les recettes et les dépenses ne viennent pas d’une augmentation des dépenses mais d’une baisse des recettes.

o Après avoir baissé en 1995 les dépenses restent stables depuis 1996 (52,7% du PIB en 2007). Par contre les recettes fiscales ont fortement diminué de 45, 3% à 42,5% depuis 1999 à la suite de la baisse des prélèvements obligatoires. Sur les 77,7 milliards de baisses d’impôts depuis 10 ans, un cadeau fiscal de 41 milliards a profité aux plus riches sous forme de baisse d’impôt sur le revenu (Voir rapport Carrez), de quoi doubler le budget de la justice et de la sécurité pendant plus de 2 ans.2)

2) La crise financière a augmenté le montant des déficits et donc de la dette.

o Par le sauvetage des banques, le soutien à l’activité économique et aux grandes entreprises. L’augmentation des dépenses s’est alors faite au bénéfice du privé.

o Par les baisses de recettes fiscales dues au ralentissement de l’activité économique et par la nécessité d’aider les chômeurs victimes de la crise.

«  La dette de l’Etat est comme celle des ménages, l’État la gère en bon père de famille en réduisant les dépenses. Chaque habitant est co-responsable d’une partie de la dette qui est un fardeau pour les générations futures »

Le citoyen ordinaire n’est en rien responsable de cette augmentation de la dette.

3) L’état n’est pas comparable à un ménage.

Car un ménage peut difficilement augmenter ses recettes alors que l’état peut choisir d’augmenter ses ressources par l’impôt.

4) Il n’y a pas de co-responsabilité individuelle de la dette.

Les classes les plus riches ont bénéficié deux fois de l’endettement :

o Par les baisses d’impôts qui leur ont laissé plus d’argent disponible.

o Par l’achat consécutif de titres de dettes dont ils touchent les intérêts.

Les plus pauvres et les classes moyennes n’ont pas bénéficié de cet endettement. Au contraire ils subissent lourdement les plans d’austérité qui dégradent leurs conditions de vie et font plonger certains dans la misère.

Cette tentative de détournement de la responsabilité en l’individualisant, essaie de masquer une lutte des classes sans merci, dans laquelle s’opère un transfert permanent de richesses des pauvres vers les riches.

5) Ce ne sera pas un fardeau pour tous car les jeunes qui hériteront de leurs parents de titres de la dette et bénéficieront de réductions d’impôt sur les successions, profiteront des richesses accumulées par leurs parents, tandis que les non-héritiers continueront à payer la dette à leur place si nous ne changeons pas le système.

Acte 3 – Punir

« Il faut payer, se serrer la ceinture, faire des sacrifices, se soumettre aux plans d’austérité, il n’y a pas d’alternatives. »
C’est faux !

1) Les revenus des plus riches sont protégés alors que les faibles revenus se voient infliger une série de mesures qui les touchent lourdement : augmentation de la TVA ,de la taxe d’habitation, de la taxe sur les complémentaires de santé, allongement de l’âge de la retraite,réduction de prestations sociales (aides au logement, aides aux chômeurs de plus de 55ans), dé-remboursements de médicaments, diminution des services publics etc…

2) Les mesures d’austérité sont un instrument de domination des peuples, de plus, elles sont économiquement absurdes et contre productives. Elles ralentissent l’activité économique, conduisent à la récession et à une nouvelle baisse de recettes qui ne peut qu’entraîner , de nouveaux emprunts et augmenter la dette.

3) Les alternatives existent.

Au Sud, au Nord, la dette est un outil de domination des peuples mais il existe une solidarité objective entre ses victimes.

Les pays du Sud endettés subissent depuis les années 80 ce « système dette » qui permet le pillage des ressources et l’envoi d’une quantité colossale de capitaux vers les coffres des financiers du nord au détriment des droits fondamentaux des populations.

Leurs plans d’austérité appelés «  Plans d’Ajustement Structurels » fonctionnent selon le même mécanisme que les nôtres : assurer un transfert colossal de richesses au bénéfice des riches créanciers sur le dos des populations. De 1985 à 2010 les remboursements ont dépassé de 666 milliards de dollars le montant des emprunts. Voir E. Toussaint et D. Millet « La dette ou la vie »

A noter que les détenteurs de ces créances sont les mêmes qu’au Nord :

1. Grandes institutions financières privées
2. Particuliers très aisés, parfois du sud.
3. Institutions Financières Internationales (FMI)

Ce qui devrait permettre un front commun Nord/Sud des peuples victimes de ces créanciers et des gouvernements complices.

Ce système dette ça suffit !

Réalisons un audit citoyen de la dette pour répudier les dettes illégitimes !

* En Argentine une suspension prolongée des paiement a permis une réduction très importante de la dette et le redémarrage de l’économie.

* En Équateur un audit citoyen des dettes publiques a rendu possible également une suspension des paiements et un rachat à bas coût de dettes. L’économie réalisée de 7 milliards de dollars a été investie dans le développement de services publics.

* En Europe, en France, des Collectifs d’Audit Citoyen de la Dette Publique se constituent au niveau national comme au niveau local.

Rejoignons ces collectifs pour démonter publiquement les ficelles de la dette, refuser les plans d’austérité et proposer des alternatives.

Pour tout renseignement, connaître les objectifs de ces collectifs, les signataires et les textes de référence, signer la pétition en ligne, allez sur le site : www.audit-citoyen.org


Pétition

http://www.audit-citoyen.org/

Pour un audit citoyen de la dette !

... et le lancement d’un vaste débat démocratique.

Écoles, hôpitaux, hébergement d’urgence… Retraites, chômage, culture, environnement... nous vivons tous au quotidien l’austérité budgétaire et le pire est à venir. « Nous vivons au-dessus de nos moyens », telle est la rengaine que l’on nous ressasse dans les grands médias.

Maintenant « il faut rembourser la dette », nous répète-t-on matin et soir. « On n’a pas le choix, il faut rassurer les marchés financiers, sauver la bonne réputation, le triple A de la France ».

Nous refusons ces discours culpabilisateurs. Nous ne voulons pas assister en spectateurs à la remise en cause de tout ce qui rendait encore vivables nos sociétés, en France et en Europe.

Avons-nous trop dépensé pour l’école et la santé, ou bien les cadeaux fiscaux et sociaux depuis 20 ans ont-ils asséché les budgets ?

Cette dette a-t-elle été toute entière contractée dans l’intérêt général, ou bien peut-elle être considérée en partie comme illégitime ?

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