À Chalon sur Saône quatre citoyens ont été entendus ou sont en voie de l’être par la police, une autre à Cluny et un à Dijon : il leur est reproché d’avoir écrit au préfet en des termes qui lui auraient déplu.
Ils exprimaient leur condamnation de la politique du gouvernement contre les immigrés sans-papiers en se fondant sur plusieurs exemples survenus dans le département. Ils s’indignaient en particulier de l’expulsion d’Ilyès, un lycéen de 18 ans, arraché à sa famille, à ses études, à sa vie en moins d’une demi-journée, de l’assignation à résidence d’un autre lycéen de Chalon, et d’un chantage inadmissible exercé par la Préfecture de S&L sur plusieurs déboutés du droit d’asile en vue de leur faire quitter le territoire. Rappelons que l’expulsion d’Ilyès avait d’ailleurs paru suffisamment injustifiée au ministre pour que, suite aux manifestations des camarades d’Ilyès, il désavoue le préfet de Saône et Loire et autorise son retour.
L’affaire va peut-être au-delà de l’amour-propre blessé d’un fonctionnaire. En effet, plusieurs militants du Réseau Education sans frontières ont été inquiétés ces dernières semaines.
Quatre militants RESF aux quatre coins du pays ont eu affaire à la police la semaine du 12 au 17 février. L’une a été convoquée au commissariat d’Issy-les-Moulineaux pour être la propriétaire d’un téléphone, utilisé entre autres pour signaler les rafles d’étrangers. A Marseille, et à Rennes des militants ont été convoqués parce qu’ils auraient hébergé des personnes que la police dit sans papiers. Un quatrième militant a lui aussi reçu la visite de la police en Seine-et-Marne.
Enfin, vendredi 2 mars, une militante RESF, enseignante retraitée, était arrêtée à Paris, à la station de métro Belleville, parce qu’elle regardait des policiers en train de contrôler un jeune homme. Elle a refusé de partir, a été arrêtée, menottée, placée en garde à vue et accusée d’ « outrage et rébellion". Au terme de 25 heures de garde à vue, elle est ressortie avec une convocation en vue d’un "Rappel à la loi" ou d’un "avertissement" !
M Guéant doit réaliser que la société française n’accepte pas plus les pratiques de stigmatisation et d’expulsion des étrangers qu’il ordonne que ses discours et ceux de son maître sur l’Identité nationale, la déchéance de la nation française menacée par la nourriture hallal, l’inégalité des civilisations. C’est dire que la convocation et le harcèlement de quelques militants n’empêcheront pas la solidarité de se manifester demain comme aujourd’hui.
Le Réseau Education Sans Frontières exprime son soutien aux militantes et militants inquiétés et continuera sans fléchir sa lutte pour la dignité et la justice en faveur des familles sans papiers et de leurs enfants , victimes de la politique xénophobe du gouvernement. La solidarité n’est pas un délit !
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