Une tribune pour les luttes

Sud-emploi

Convoquer plus pour radier plus

SUD-Emploi dénonce les convocations en masse et l’instrumentalisation de Pôle Emploi à des fins électoralistes.

Article mis en ligne le dimanche 1er avril 2012

Vendredi, 30 Mars 2012

http://www.actuchomage.org/20120330...

Les chiffres du chômage, en constante augmentation, ont été dévoilés dix heures avant l’heure officielle de leur publication par le candidat/président Nicolas Sarkozy. Ce dernier les a commentés, y voyant “une baisse tendancielle de l’augmentation du nombre de chômeurs”.

En réalité, le chômage continue inexorablement de s’aggraver alors que le patronat met en suspend des plans de licenciement (500.000 salariés seraient concernés) pour ne pas affaiblir politiquement celui qui leur a tant donné depuis 5 ans.

La supposée baisse “tendancielle” est l’arbre qui cache la forêt. Cette “légère modération” de l’augmentation du chômage résulte de l’instrumentalisation sans précédent de Pôle Emploi pour défendre les intérêts de l’actuel président.


Les moyens utilisés

Pour bien comprendre, il faut avoir en tête que plus on augmente le nombre de convocations, plus on génère de radiations pour absence à convocation. La procédure est automatique et générée par défaut. L’effet est mécanique, et bien connu des politiques.

Nous dénonçons la pratique consistant à multiplier les convocations de demandeurs d’emploi à l’approche d’une échéance électorale, dans un contexte de rareté des offres d’emploi et de formation.

Ainsi, depuis le début de l’année, des programmes de réception ciblés ont été mis en place suite au mini “sommet pour l’emploi” mis en scène par le gouvernement en janvier :

• La réception des “jeunes” privés d’emploi dans un programme nommé “ANI” a pour objectif d’en placer un maximum (afin de les faire disparaître des statistiques du chômage) sur des contrats précaires type CAE financés par l’Etat pour suppléer le besoin en main d’œuvre des entreprises et services publics pour lesquels de l’argent des contribuables a été mobilisé.

• La réception systématisée des demandeurs d’emploi de “très longue durée” (DETLD) avant le mois de juin fleure bon l’opération préélectorale. Là aussi, des radiations vont partir automatiquement pour les absents, sachant que le but de l’opération est de les envoyer pour la énième fois sur des prestations sous-traitées. Les directions régionales ont donné des ordres pour que ces prestations soient réservées aux privés d’emploi étiquetés “plan DETLD”. De ce fait, les autres demandeurs d’emploi se trouvent exclus des ces mêmes prestations, victimes d’une discrimination pleinement assumée.

• En même temps, et alors que la nouvelle convention tripartite applicable au 01/01/2012 signe la fin du suivi mensuel personnalisé (SMP), celui-ci est toujours d’actualité, avec une pression colossale exercée par les directions régionales afin de tenir des objectifs de réception infernaux pour lesquels sont utilisés les rendez-vous “téléphoniques” (illégaux), voire la réception par groupes entier ! Objectif : convoquer plus pour radier plus...

Du temps de l’ANPE, une certaine forme de manipulation existait en période électorale. Mais cette fois-ci cela dépasse, et de loin, tout ce que l’on a connu.

Une pression inacceptable

SUD-Emploi dénonce cette instrumentalisation de Pôle Emploi qui s’exerce au détriment des intérêts fondamentaux des privés d’emploi et des agents de l’organisme, usés par trois années de fusion ANPE/Assedic à marche forcée, mis sous pression de manière inacceptable par la direction.

La politique insensée de radiation systématique a manqué de peu de provoquer un drame sans précédent à Dieppe (Seine-Maritime) où un privé d’emploi a menacé de s’immoler par le feu après s’être aspergé d’essence dans son agence. Il avait reçu une radiation pour absence… à entretien téléphonique. C’est grâce à la réaction professionnelle et courageuse de l’équipe de Dieppe, direction et agents, que le pire a été évité.

Cette instrumentalisation sans précédent de Pôle Emploi et des privés d’emploi à des fins électoralistes est inacceptable. Elle est dangereuse pour la démocratie et les droits des citoyens. Cette utilisation détournée de Pôle Emploi est aujourd’hui facilitée par le fait que plus de 80% du personnel est sous statut privé.

Nous revendiquons le retour à un statut public de l’ensemble du personnel de Pôle Emploi, seul garant d’un service public neutre, au service de ses usagers et non de l’intérêt d’un candidat à la présidence de la République.

SUD-Emploi

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3 Messages

  • Le 1er avril 2012 à 17:03, par

    Jeudi, 29 Mars 2012 10:21

    La revalorisation du minimum vieillesse et des pensions de retraite au 1er avril tombe à point nommé.

    Les « seniors » sont la catégorie la plus votante du pays
    (...)

    « Actifs » contre « inactifs »

    Durant son quinquennat, Nicolas Sarkozy aura été particulièrement cruel avec les seniors considérés comme « actifs » (de 50 à 64 ans) : relèvement de l’âge de départ à la retraite, suppression des préretraites, de l’allocation équivalent retraite et de la dispense de recherche d’emploi des chômeurs âgés... Le fait qu’ils soient devenus indésirables dans les entreprises a été totalement nié. Licenciés plus vite, ils croupissent plus longtemps au chômage et découvrent le contrôle social et la pauvreté.

    Par contre, le président-candidat aura tenu sa promesse pour les « inactifs ». Respectant la tradition du maintien du pouvoir d’achat des retraités, les pensions du régime général seront revalorisées de 2,1% au 1er avril. Quant au minimum vieillesse, qui concerne quelque 500.000 retraité-e-s pauvres, il connaîtra une augmentation plus forte de 4,7% : ainsi, au cours du quinquennat, cette allocation aura progressé de 25% conformément à l’engagement de Nicolas Sarkozy, même si son montant (777 €/mois pour une personne seule) reste bien en dessous du seuil de pauvreté.

    Ces quelques miettes sont lâchées juste avant les élections, dans l’espoir de rallier des retraités crédules à sa cause. C’est vraiment minable.

    SH

  • Le 1er avril 2012 à 17:12, par

    Dimanche, 25 Mars 2012

    http://www.actuchomage.org/20120325...

    Pendant qu’on fait la chasse aux pauvres, avec la complicité des banques, quelque 600 milliards d’euros d’avoirs français sont dissimulés dans les paradis fiscaux en toute impunité.

    C’est un livre explosif que publie aujourd’hui Antoine Peillon, grand reporter au journal La Croix. Bénéficiant d’informations de toute première main, il montre comment la banque suisse UBS organise depuis la France un système massif d’évasion et de fraude fiscale vers les paradis fiscaux.

    (...)

    Antoine Peillon lance de nombreuses et graves accusations dans ce livre. Mais il est sûr de ses sources : des cadres écœurés d’UBS en France, en Suisse et des services secrets français. Les preuves dont ils disposent ont visiblement été transmises à plusieurs autorités de régulation, dont l’Autorité de contrôle prudentiel en charge de la surveillance du comportement des banques.

    (...)

    Ces 600 milliards qui manquent à la France. Enquête au coeur de l’évasion fiscale par Antoine PEILLON - Seuil - 192 pages - 15 €.

    (Source : Alternatives Economique)

    • Le 2 avril 2012 à 12:53, par

      Plutôt chômeur que manager.

      Ce jeudi 29 mars, un quinzaine de membres du MCPIAM (Mouvement des Chômeurs-ses et Précaires Indigné-e-s pour l’Abolition du Management) ont interrompu un café Ressources Humaines intitulé « la durée du temps de travail, quel impact sur la performance de l’entreprise ? » dans les locaux de l’I.G.R. (Institut de Gestion de Rennes).

      Après avoir lu un texte et déployé une banderole « A France Télécom, à La Poste, à Renault, dans l’éducation nationale,... LE MANAGEMENT TUE », nous avons tagué « Plutôt chômeur que manager » [1], jeté sur la façade un liquide rougeâtre et tiré la sonnette d’alarme.

      la suite

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