Une tribune pour les luttes

Ce n’est pas du tourisme

Dominique Idir

Article mis en ligne le mardi 8 mai 2012

Suite à l’expulsion de quarante personnes habitants dans des cabanes en bois et exerçant le métier de ferrailleurs, dont les enfants fréquentent 3 fois par semaine le centre social de la Capelette pour suivre une préparation à la scolarisation, nous tenons à vous informer de ce qu’ils ont subis durant dix jours d’errance sans pouvoir trouver le moindre repos et en étant privés de tous leurs moyens de subsistance.

Ce sont des migrants économiques venus de Roumanie qui parlent romanés, roumains, hongrois et certains le français grâce à la préscolarisation menée par l’Addap et le Secours Catholique avec l’aide de bénévoles.

Les enfants n’arrêtent pas de demander l’école, ils ont une grande soif d’instruction.
Leurs parents gagnent leur vie avec la ferraille et la vente de récupération trouvée dans les poubelles.

Ils n’ont jamais rien demandé, n’ont droit à aucun minima sociaux à part l’aide médicale d’État.

Donc ils sont expulsés des cabanes qu’ils avaient construites.

Il n’y eu bien évidemment aucune proposition de relogement et la situation économique de Marseille est tellement désastreuse que les lieux d’hébergement prévus par la loi ne sont pas suffisamment nombreux et qu’ils se retrouvent à errer dans la ville.
Ils n’ont pour solution que de trouver un terrain ou une maison abandonnée.

Ce ne sont pas des lieux qui font défaut à notre ville, vous le savez tous, je m’adresse aux politiques.

En 10 jours ils ont été expulsés de six lieux différents.

Ils sont suivis à la trace et dénoncés par des voisins.

Même dans un endroit complétement caché au bord d’une rivière où ils pouvaient souffler un peu on leur demande de démonter leurs tentes vers 10 heures le soir et on les leur fait remonter sur un parking à côté, au regard de tous, au bord d’une autoroute très dangereuse.

Hier la situation a encore empiré et la police leur a détruit 5 tentes, c’est ce qu’ils nous ont dit.

Ils ont été déménagés à minuit d’un autre endroit, un champ.

Il y a 10 enfants et 2 bébés de 4 mois et six mois.

Ce qui me choque le plus c’est l’indifférence générale à leur situation que vous soyez messieurs et mesdames les politiques de droite ou de gauche, je me faisais autrefois une très haute idée de la politique mais devant votre impuissance à trouver une solution pour si peu de personnes et à nous faire croire que nous devons payer la crise des spéculateurs, sachez que nous n’acceptons pas que des personnes soient à ce point torturées dans notre pays.

La seule solution c’est qu’ils accèdent aux droits comme les autres Européens et que vous leviez les mesures transitoires.

Ils cherchent du travail et une vie meilleure ni plus ni moins que les autres migrants économiques.

Levez les mesures transitoires pour les citoyens roumains et bulgares !

Dominique Idir

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1 Message

  • Le 25 juillet 2012 à 16:43, par Roland

    c’est vrai ce que vous dites : la dernière fois que j’étais à marseille, à la gare St Charles, je me promenais en attendant le train et j’ai senti une odeur de nourriture : c’était des roumains qui mangeaient en contre-bas de la gare, au bord de l’avenue et des voitures car ils ne pouvaient même pas aller manger dans un parc !

    réseaux social Internet Sud de france MEDITERRANEE pour le tourisme du sud

    leurs conditions de vies sont épouvantables

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