Une tribune pour les luttes

Appel du Réseau Éducation Sans Frontières 13

Roms : « Dégagez » en guise de bonnes vacances…

+ compte rendu du rassemblement devant la caserne Massena le 3 juillet à 8 h

Article mis en ligne le dimanche 5 juillet 2015

La caserne militaire désaffectée Busserade (Marseille 3è) est désormais vide.

Ses occupants, une cinquantaine de familles roms, qui y avaient trouvé refuge il y a près d’un an, ont quitté les lieux avant même l’arrivée de la police le 3 juillet au matin.
Ce qui n’a pas empêché une centaine de personnes, militants associatifs, habitants du quartier, de se rassembler afin de manifester, devant la presse et les policiers, leur indignation.

vidéo France 3

Photos

L’urgence est maintenant de retrouver le contact avec ces parents et grands-parents, ces enfants, livrés à eux même dans les rues caniculaires de Marseille.
Seules quelques familles avec enfants en très bas âge devaient se voir proposer 6 nuits d’hôtel. Encore faut-il savoir où elle se trouvent actuellement... Et après ?...

De nombreux enfants étaient scolarisés en 2014-2015. L’enjeu est qu’ils puissent poursuivre leur scolarité, si possible dans les mêmes établissements. Mais ça, la préfecture et la ville de Marseille s’en moquent !

à suivre…


Le Préfet décide, en pleine canicule et dans la précipitation, de faire expulser les occupants de la caserne militaire désaffectée Busserade (Marseille 3ème) vendredi matin 3 juillet.

Le RESF appelle à un rassemblement devant la caserne (rue Massena) à 8h.

Il y a près d’un an, plusieurs familles Roms trouvaient refuge dans cette caserne abandonnée pour laquelle aucun projet ne verra le jour avant des années. C’est dire l’urgence de la décision préfectorale d’évacuer ce lieu, faisant suite à l’arrêté municipal de péril « imminent » notifié aux occupants le 30 juin. Cette décision constitue d’ailleurs un camouflet suite à la lettre inter-associative* envoyée au Préfet le 25 juin 2015 sur la situation des Roms dans le département.

Près d’une centaine d’adultes et autant d’enfants vont donc se retrouver à la rue, errants, en pleine vague de chaleur. Car il est fort à parier qu’une fois encore, rien ou quasi ne leur sera proposé en termes d’hébergement d’urgence, quelques nuits d’hôtel peut-être et encore pas pour tous. Pourtant la circulaire interministérielle du 26 août 2012 sur l’évacuation de campements illicites précise que « les difficultés sociales, sanitaires, scolaires, ou liées au logement doivent être systématiquement examinées le plus en amont possible et des solutions, temporaires ou durables, doivent être recherchées ».

Concernant la scolarisation des enfants, il est probable qu’ils ne puissent pas retrouver à la rentrée les écoles et établissements du secteur fréquentés cette année. Pourront-ils même poursuivre leur scolarité ailleurs ? Beaucoup d’efforts et de résultats, des adultes comme des enfants, risquent d’être mis à mal.

Cette logique de faire la chasse aux Roms tous les étés à Marseille est insupportable. Victimes de discriminations permanentes, l’Etat et la Ville de Marseille, par leurs décisions, les maintiennent dans la précarité et l’insécurité permanente, ignorant les conditions nécessaires à leur insertion, notamment par le logement et l’école.

En se refusant de traiter la question, voire en l’instrumentalisant, on maintient cette communauté dans son rôle de bouc émissaire impossible à intégrer. On alimente par la même les conditions de tensions entre les citoyens.

Ne tombons pas dans le piège, grossier, qui tourne le dos au vivre ensemble et à la solidarité.

Marseille le 2 juillet 2015

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Lettre inter assos préfet juin 2015
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