Une tribune pour les luttes

vendredi 28 octobre 2016

MARSEILLE

19 h

à Mille Bâbords, 61 rue Consolat, 13001

Révolutionnaires contre le racialisme et son immonde

S’opposer au racialisme : discussion

Face à l’atonie généralisée, il s’agit d’amorcer la discussion pour trouver comment refuser plus efficacement la logique racialiste qui ne peut, au mieux, qu’accompagner le devenir du capitalisme, et d’aider à tracer des lignes de démarcations pour ouvrir un champ d’intervention possible.

Le texte intitulé Jusqu’ici tout va bien ? (disponible sur tuttovabene.noblogs.org) est une prise de position minimale écrite cet été dans une dynamique de regroupement d’horizons politiques et géographiques variés. Il a été diffusé pour susciter discussions et prises de positions, pour servir de point de départ à l’expression large et ferme d’un clivage nécessaire et d’un refus commun indispensable pour rouvrir les perspectives révolutionnaires qui font particulièrement défaut en cette période.
L’analyse qui y est développée ne fait que se confirmer. De l’intérieur des milieux militants comme à travers l’idéologie dominante véhiculée par les médias ou les instances de pouvoir, le communautarisme et les identités se retrouvent promues comme antidotes face au manque partagé de perspectives, l’antisémitisme se normalise en même temps que l’excuse religieuse et communautaire à l’homophobie ou au sexisme. La ségrégation se présente comme l’alpha et l’omega de l’antiracisme. On fait délibérément table rase de ce qui a pu se construire dans les luttes de l’immigration depuis les années 70 — dont aucune ne fut « racialisée » ou « racialisante » — dans lesquelles l’autonomie passait aussi par comment se nommer et par le choix au moins partiel des terrains de lutte et des manières d’y mener bataille. Personne alors ne se considérait comme « racisé » ni ne défendait la religion en protestant contre « l’islamophobie ». Aujourd’hui un paternalisme dégoulinant règne dans les rapports aux migrants. Le fait qu’ils soient en lutte ou pas n’est même plus la question. On mythologise les « quartiers populaires » comme d’autres les diabolisent et on essaye désespérément d’atteindre ou d’enrôler ce qui est désormais considéré comme radicalement « autre », en se rangeant derrière des leaders auto-proclamés des « vrais jeunes de banlieue » auxquels quelques naïfs et beaucoup de politiciens accordent une légitimité aussi utile à la carrière des uns et des autres que réellement aberrante.
Alors que beaucoup se représentent et se comportent comme les « petits blancs » du cauchemar racialiste qu’ils contribuent à construire et à diffuser, il est de bon ton dorénavant de différencier systématiquement les « jeunes des quartiers » des « militants », comme si les militants ne pouvaient pas provenir des banlieues et comme si les habitants des banlieues ne pouvaient pas être militants, comme si la question se situait au niveau de ces identités faussement évidentes à prétention sociologique, dans une lecture aussi simpliste que fausse et stérile qui renvoie les uns et les autres à de pathétiques stéréotypes confits d’impuissances.
Dans cette pauvre époque, « le prisme de la race » prospère en même temps que la néo-bourgeoisie en mal d’ascension sociale et politique qui en fait la propagande, l’université devient le lieu privilégié d’inspiration des militants, des communicants en politique sont promus égéries de la révolution, des spectacles de stand-up pitoyables se font passer pour des moments d’élaboration subversive, les alliances les plus incongrues, y compris avec des officines de propagande religieuse comme le CCIF ou des associations d’entrepreneurs de banlieue comme les « Pas sans nous » semblent s’imposer comme nécessaires, les problématiques de la « discrimination », bien qu’intrinsèquement réformistes et internes au capitalisme et à l’État semblent être devenues le seul axe acceptable de critique de ce monde... et la confusion s’accroît.
Le texte Jusqu’ici tout va bien ?, qui n’a que l’ambition raisonnable d’initier débats, réflexions et discussions à poursuivre pour clarifier les positions, a été majoritairement refusé sur les différentes plateformes militantes pour des raisons aberrantes (quand les raisons ont été données). Nous invitons tous ceux qu’il intéresse à le diffuser par les moyens de leur choix, à s’en emparer et à le prolonger comme bon leur semble.

C’est pour poursuivre la proposition qu’un débat est organisé :

Vendredi 28 octobre à 19 h
à Mille Bâbords
61 rue Consolat, 13 001 Marseille

tuttovabene chez riseup.net

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2 Messages

  • Le 3 novembre 2016 à 10:10, par EL HASSOUNI

    Je tiens à vous témoigner mon soutien dans cette lutte et vous remercie infiniment d’avoir formaliser une pensée au sujet de cette tendance également violemment ressentie dans la ville et que je sens monter pas à pas en puissance.
    Je suis une fervente convaincue de la mixité sociale, culturelle, religieuse, etc. et partage votre analyse.

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  • Le 8 novembre 2016 à 11:05, par nico

    Bravo et merci.
    Je désespère parfois (souvent) d’entendre une position qui échappe au symétrisme d’avec le droitisme sociétal dans ce qui est censé être mon camp, symétrie de position sur d’identiques paradigmes où l’inversion des polarités n’a que l’apparence du différend pour confiner au même.
    La dimension carriériste et la recherche de visibilité à tout crin, ainsi que les logiques groupales en action qui sont pointés(en filigrane) fort justement dans ce texte finissent d’inscrire la chose dans son époque comme acteur à part entière du grand cirque du train fou.

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