Une tribune pour les luttes

La presse marocaine baillonnée !

Solidarité et justice pour les 7 journalistes et défenseurs-ses des droits humains marocains, en procès à Rabat le 25 janvier 2017

Secrétariat International de la CNT

Article mis en ligne le lundi 23 janvier 2017

Le Syndicat Interprofessionnel de la Presse, des Médias, de la Culture et du Spectacle de la Confédération Nationale du Travail de France (SIPMCS), la Fédération Communication-Culture-Spectacle de la CNT-F et le Secrétariat International de la CNT-F, tiennent à exprimer leur entière solidarité avec les sept militant-e-s marocain-e-s, dont cinq journalistes, actuellement poursuivi-e-s en justice pour « atteinte à la sûreté de l’Etat » et qui passent en procès ce 25 janvier 2017 avec un risque de lourdes peines.
Nous tenons à attirer l’attention des journalistes, des organisations syndicales, politiques, associations, et du grand public au sujet de la vague de répression qui s’abat actuellement au Maroc sur des défenseur-se-s des droits humains et journalistes indépendant-e-s.

LA PRESSE MAROCAINE BAILLONNEE !
SOLIDARITE ET ABANDON IMMEDIAT DES POURSUITES POUR LES 7 JOURNALISTES ET DEFENSEUR-SE-S DES DROITS HUMAINS MAROCAINS QUI PASSENT EN PROCES LE 25 JANVIER 2017 A RABAT

La répression ces dernières années au Maroc n’a cessé de s’accentuer, depuis le Mouvement du 20 Février, mouvement de contestation populaire qui a touché une grande partie du pays dès 2011.
En effet, on compte aujourd’hui plus de 200 prisonnier-ère-s politiques au Maroc, et les intimidations, harcèlements et poursuites judiciaires se multiplient. Les défenseur-se-s des droits humains, militant-e-s des mouvements sociaux, syndicalistes, journalistes sont directement visé-e-s.
Sans compter l’exploitation, le mépris, la « Hogra » au quotidien que vivent les habitants, allant jusqu’à la mort de certains, comme l’horrible mort de Mohcine Fikri, vendeur de poisson, à l’automne 2016 à Al Hoceima, broyé par une benne à ordure en tentant de récupérer sa marchandise confisquée par les autorités.

Le 25 janvier prochain, sept militant-e-s, dont cinq journalistes, passent en procès au Tribunal de Première Instance de Rabat ( procès reporté depuis le 18 novembre 2015).

Le jour de la dernière audience prévue le 26 octobre 2016, les autorités ont encore une fois mis en avant de faux prétextes pour reporter le procès. En effet après avoir avancé en juin que deux des accusés étaient absents bien que représentés par leurs avocats, en octobre le prétexte serait que les convocations n’ont pu être remises à certains accusés : « pas d’adresse connue » pour l’un, et « refus de réception de la convocation par la mère » d’un autre accusé. Ce qui est abérent car les autorités ont les adresses de chacun des accusés depuis longtemps, et la mère concernée a déclarée qu’elle n’a reçu aucune convocation, aucun élément ne prouve que les autorités ont bien tranmis la convocation, pas de justificatif d’huissier, rien.
Nous le savons, les reports des procès sont une tactique bien souvent utilisée par les autorités dans une logique d’usure.

Les personnes accusées sont connu-e-s pour leur travail militant pour la défense d’un journalisme d’investigation et indépendant, et pour avoir couvert l’information sur la répression du mouvement du 20 février. Elles sont également membres de différentes organisations qui ont subi un harcèlement de la part du pouvoir marocain et dont les activités dérangent. Certains d’entre eux ont déjà fait de la prison récemment suite aux fausses accusations par les autorités, et ce en raison de leur militantisme. Il est d’ailleurs à noter que le juge en charge de l’affaire était déjà le juge qui a condamné par le passé l’un des sept journalistes ! L’acharnement répressif du pouvoir marocain se poursuit via son outil judiciaire !

Aujourd’hui ces sept confrères sont poursuivi-e-s avec de lourds chefs d’accusation :

Maâti Monjib (historien, journaliste et président de l’association Freedom Now pour la liberté d’expression au Maroc et ancien président du Centre Ibn Rochd d’Etudes et de Communication), Hicham Mansouri (chargé de projet à l’Association Marocaine pour le Journalisme d’Investigation AMJI), Abdessamad Aït Aïcha alias Samad Iach (journaliste, membre de l’AMJI et ancien coordinateur du projet de formation du Centre Ibn Rochd), Hisham Khrinchi alias Hisham Almiraat (ancien directeur de Global Voices Advocacy, fondateur et ex-président de l’Association des Droits numériques - ADN ), et Mohamed Sber (président de l’Association Marocaine d’Education de la Jeunesse – AMEJ), sont accusés « d’atteinte à la sûreté de l’Etat », pouvant se solder par une condamnation à cinq ans de prison ferme, et ceci sous prétexte d’avoir organisé des formations pour l’utilisation d’applications de logiciel libre sur smartphones dans le cadre de leur travail (formations dispensées par le Centre Ibn Rochd et après par l’AMEJ, en partenariat avec l’ONG néerlandaise Free Press Unlimited) et d’avoir reçu pour cela des financements de l’étranger.

Rachid Tarik (journaliste, président actuel de l’Association Marocaine pour le Journalisme d’Investigation - AMJI) et Maria Moukrim (journaliste, ancienne présidente de l’AMJI) sont accusé-e-s de ne pas avoir déclaré aux autorités la réception d’un financement de l’étranger pour les activités de l’association, bien que la réglementation et ses modalités d’application soient floues à ce sujet. Il et elle risquent une amende de 20 000 dirhams (1000 euros chacun).

Ce n’est pas la première fois que ce type de procès politique a lieu au Maroc, ces dernières années on ne les compte plus. Nous appelons à une mobilisation large pour casser ce black out médiatique sur la situation actuelle au Maroc que subissent nos camarades, nos collègues, et le peuple marocain qui est en lutte pour une justice sociale et contre ce pouvoir dictatorial, la répression et la torture systématique, les procès politiques, la précarité et l’exploitation.

Nous, Secrétariat International de la CNT-F et travailleur-se-s du Syndicat Interprofessionnel de la Presse, des Médias, de la Culture et du Spectacle et de la Fédération Communication-Culture-Spectacle de la CNT-F, dénonçons les entraves aux libertés de la presse, d’expression, mais aussi les entraves aux libertés politiques, syndicales et d’association qui se multiplient actuellement au Maroc.

La CNT-F dénonce la tenue de ce procès politique du 25 janvier 2017, et exige l’abandon immédiat des poursuites envers Maati Monjib, Hicham Mansouri, Abdessamad Aït Aïcha, Hisham Khrinchi, Mohamed Sber, Rachid Tarik, et Maria Moukrim !

Nous exigeons également la libération immédiate de tou-te-s les prisonnier-ère-s politiques enfermé-e-s dans les geôles marocaines !

Nous appelons largement les organisations syndicales, politiques, associations et camarades en France et partout ailleurs, à exprimer leur soutien aux 7 militant-e-s inculpé-e-s en adressant massivement un courrier par mail ou fax aux autorités marocaines (modèle de lettre ci-dessous avec contacts mails et fax) demandant l’abandon des poursuites à leur encontre.

Une pétition de leur comité de soutien a été aussi mise en ligne, et à signer ICI

Nous appelons aussi nos camarades et collègues journalistes et leurs organisations syndicales et/ou professionelles, ici en France et ailleurs, à se mettre en relation avec le comité de soutien pour se tenir informé-e-s de leur situation, du procès, et de communiquer à ce sujet. Contact du comité de soutien : solidaritemonjib chez gmail.com.

Un coup porté contre l’un ou l’une d’entre nous, est un coup porté contre nous tous-te-s !

Solidarité Internationale !

Le Syndicat Interprofessionnel des travailleur-se-s de la Presse, des Médias, de la Culture et du Spectacle (SIPMCS) de la CNT-F,
la Fédération Communication – Culture – Spectacle de la CNT-F,
et le Secrétariat International de la CNT-F.

Lire sur le site internet du Secrétariat International de la CNT ICI


Pour contacter la CNT 13 :
CNT STICS 13 c/o Mille Bâbord, 61 rue Consolat, 13001
Mail : stics.13 chez cnt-f.org - Tel : 07 68 48 57 08 Site : ICI
PERMANENCES [OUVERTES À TOU-TES] Chaque 1er mardi du mois 17H30 à 19H Prochaine permanence : mardi 7 février 2017

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