Une tribune pour les luttes

APPEL : "Ensemble, pour une santé solidaire"

Article mis en ligne le mardi 27 mai 2008

Trois ans après les Etats Généraux de la Santé et de l’Assurance Maladie, il est temps de se retrouver.

Une première chose : signer l’appel à résister du mouvement ’ensemble pour une sante solidaire’ . Cet appel fait suite aux appels "contre les franchises médicales" ;

http://ensemblepourunesantesolidaire.fr

L’appel « ensemble pour une santé solidaire » lancé vendredi 16 mai 2008, à l’issue de la journée d’actions dans les CPAM, est la suite logique de « l’appel contre la franchise » de Christian lehmann, et de l’action de grève des soins de Bruno Pascal Chevalier (qui a annoncé officiellement la reprise prochaine de son traitement).

L’opposition des citoyens, des usagers, des professionnels, est claire. Plus de 70 % des français sont contre les franchises. Et plus globalement inquiets sur l’avenir de notre système de santé.

Il faut continuer le combat contre la politique de casse, par l’instauration d’un chaos généralisé, de la protection sociale et de la santé. Mais il faut aussi faire des propositions, concrètes. Des propositions car le système doit évoluer. Des propositions aussi pour montrer qu’une autre voie est possible, dans le respect du principe de solidarité institué par le pacte de 45, réaliste techniquement et financièrement.

La santé et la sécurité sociale sont notre bien, à tous. Mais dans ce système complexifié d’une manière inextricable, bien peu s’y retrouvent.

Pour permettre aux 60 millions d’usagers la possibilité de se réapproprier cette sécu qui leur appartient, et la défendre contre la gourmandise des financiers et des assureurs privés, nous avons la volonté de lancer un mouvement qui rassemble tous ceux qui défendent cette idée de la santé. Ce mouvement accueillera tous les gens de bonne volonté désireux d’apporter leurs compétences, leur énergie, et un peu de leur temps à la résistance et à la lutte contre la destruction de la sécu et de notre système, et à la réflexion et propositions pour reconstruire un système de SANTE solidaire, moderne, efficace et de qualité.

La Sécu nous appartient, nous ne la laisserons pas détruire !

Nous enjoignons tous ceux pour qui les mots « Sécurité sociale solidaire » ont un sens, celui de la justice et du progrès, à résister et se battre

Ensemble, Pour une Santé Solidaire !

Mouvement d’usagers, de professionnels de la santé, d’organismes et travailleurs sociaux

Pour signer l’appel : http://ensemblepourunesantesolidaire.fr

A Marseille, après les EGSAM (Attac, Sud Santé Sociaux, Solidaires, Santé pour tous, Mutuelles solidaires, SMG, ..) nous sommes restés mobilisés.

Désormais, nous travaillons au sein d’un front unitaire (Vive les services publics).

LE TEXTE DE L’APPEL : "Ensemble, pour une santé solidaire"

Le Président de la République et le gouvernement nous martèlent que la sécurité sociale c’est dépassé. Que ça ne fonctionne plus. Que le principe en lui-même est obsolète.

Ils nous affirment que ça coûte trop cher « à la société », que ce n’est plus possible, non, vraiment… Ils nous expliquent que la solidarité est un obstacle au progrès. Que le service public c’est moins bien que le privé. Quitte à manipuler les arguments financiers, qui pourtant prouvent le contraire… Ils nous préviennent que les changements – pudiquement baptisés « évolutions »- sont inéluctables, qu’il n’y a pas moyen de faire autrement.

Il y a une vérité dans leur discours : en effet, le système de santé français va mal. Et il pourrait aller mieux.

Beaucoup de « responsables » sont désignés d’un doigt accusateur. Les malades, d’abord, « consommateurs » de soins, qui « surconsommeraient » des soins pour la seule raisons que, quand on ne paye pas, ou pas cher, on gâche, et qu’il faut « responsabiliser » par une sanction financière les franchises dites « médicales », qui ne sont pas plus médicales que franches.

Ces franchises qui, en opposant au principe de protection solidaire celui du « chacun pour soi » évacuent la question fondamentale du financement de la sécurité sociale. Financement actuellement assis sur la part salariale des revenus, qui a baissé ces dernières années au profit d’autres formes de revenus, du capital, non assujetties à la contribution sociale.Ce n’est donc pas, comme on voudrait nous le faire croire, un problème insoluble de financement d’un système

Il s’agit avant tout d’habituer les patients à payer toujours plus, à les amener à désespérer du système d’assurance-maladie issu de la Résistance, dans lequel chacun, quelle que soit sa condition sociale, se voit garantir un égal accès aux soins, en cassant tout le système pour convaincre qu’il ne fonctionne plus. En le rendant exsangue pour prouver que l’Etat ne peut plus assurer cette mission de service public, en créant les conditions du chaos ou de la pénurie, il n’y aura plus d’autre choix que le privé. *

Des médecins, des économistes de santé, des politiques, des syndicats, des associations de malades ont tiré le signal d’alarme.Mais c’est une accélération des réformes qui est annoncée pour l’automne.

Les appellations positives de « réforme », « modernisation », pour « améliorer l’accès aux soins » sont l’habillage élégant de projets répondant à une seule logique : la diminution drastique de tous les moyens d’Etat pour la santé.Après les déremboursements, remises en question du remboursement des affections de longue durée, « forfaits » sur les soins, « franchises », attribution de la CMU, etc… qui n’étaient que les amuse-gueule, le gouvernement nous concocte pour la rentrée le plat de résistance, dont la pièce maîtresse est le projet de « réforme » de l’hôpital.

Service public donc par nature dépensier et mal géré, l’hôpital a vu, en 2004, deux spécialistes, Philippe Douste-Blazy-et Xavier Bertrand, se pencher sur son cas, et lui administrer une potion miracle qui allait le remettre sur pieds pour 2008 : la T2A. Tarification à l’activité. LA solution.

On allait voir. On a vu. Même les rapports des chambres régionales des comptes sont obligés de constater le lien direct de cause à effet entre T2A et déficit catastrophique des hôpitaux publics en 2008. Car on avait juste oublié une chose dans ce système qui voulait aligner les hôpitaux publics sur le privé : la prise en charge des malades les plus lourds, les plus fragiles, les plus dépendants… devenus, dans ce système, les moins « rentables ».

Au lieu de revoir les modalités de la T2A, le projet de réforme préconise la fermeture massive d’hôpitaux publics, pardon, leur « évolution » en services de gériatrie médicalisés. Et une forte réduction des personnels hospitaliers. Qui sont déjà en nombre insuffisant.Ce qui est bien avec ce type d’arguments, c’est qu’on peut les décliner à l’infini. Certains ne s’en lassent pas.…

Au fil de ces mesures ridicules et obscènes, la notion même d’assurance-maladie solidaire est méthodiquement vidée de son sens, par ceux là même qui devraient la sauver, pendant que dans la coulisse les assureurs privés se frottent les mains.

En culpabilisant tout le monde, malades et médecins, hôpital et médecine de ville, en désignant un coupable après l’autre, pour que tout le monde se sente un peu « responsable » de la mort de la sécu, et puisse accuser l’autre pour se défausser, les fossoyeurs de la sécurité sociale se sentent à l’abri.

Plus pour longtemps.Car les mensonges et les manipulations n’ont qu’un temps. Et les français, dans leur grande majorité, (plus de 70%) profondément attachés au système solidaire, commencent à se demander si on ne les prend pas un peu pour des imbéciles. Qu’ils ne sont pas.

Aujourd’hui, ce ne sont plus seulement les professionnels et les économistes de la santé qui dénoncent la politique gouvernementale de casse de la Sécu. Ce sont les usagers. Des usagers qui, quels que soient leurs choix politiques, ne veulent pas d’une privatisation à l’américaine de notre système de santé, symbolisée par le discours du Directeur de l’Union Nationale des Caisses d’Assurance-Maladie, Frédéric Van Roekeghem, ancien cadre des assurances privées, nommé à la tête de la Sécurité sociale par Jacques Chirac en 2004, qui se félicite ouvertement de l’effet-franchise et de la décélération des remboursements de Sécurité Sociale.

Tandis que, pendant ce temps, dans le monde réel de nombreux malades sont amenés à repousser certains soins ou à y renoncer

Des représentants d’associations d’usagers, Les travailleurs sociaux, les personnels des CPAM, les professionnels de la santé et du monde social alertent sur les retards de soins et sur l’augmentation des demandes d’aide auprès des fonds d’aide sociale des CPAM ou des mairies.

Les médecins généralistes constatent la diminution du nombre des consultations, le retard à certains accès aux soins, la complexité grandissante de certaines consultations trop tardives.

Des infirmiers et généralistes sont menacés de sanctions (financières bien sûr) s’ils pratiquent « trop systématiquement » le tiers-payant, seul moyen pour de nombreux patients d’accéder aux soins de ville en utilisant l’avance de frais. La casse de la protection sociale et de l’assurance maladie, du service public de la santé, de l’hôpital, avec pour seul recours le privé n’est pas « la » seule solution.

Un système de santé solidaire, organisé, moins coûteux, articulant médecine de ville, notamment les médecins généralistes, et hôpital, médical, paramédical et médico-social, pour la prévention, l’éducation à la santé et un meilleur accès aux soins, pour tous, est possible. Des propositions concrètes, chiffrées, étayées, existent.Il faut permettre aux usagers de décider de l’avenir de leur système de santé.

Nous sommes tous usagers, ou usagers potentiels. Nous sommes 60 millions.La Sécu nous appartient, nous ne la laisserons pas détruire !

Nous enjoignons tous ceux pour qui les mots « Sécurité sociale solidaire » ont un sens, celui de la justice et du progrès, à résister et se battre

Ensemble, Pour une Santé Solidaire !

Mouvement d’usagers, de professionnels de la santé, d’organismes et travailleurs sociaux

_Les 50 premiers signataires_ : Bruno-Pascal Chevalier, Dr Christian

Lehmann, Cécile Moutte, Dr Catherine Durazzi Duréault, Dr Jean

Doubovetzky (médecin, auteur), Dr. Frédéric Pain, Gaëlle Gaudron, Dr.

Bernard Rechatin, Dr. Bernard Elghozi, Dr Didier Joseph ; Gisèle et

David Nadaud, Dr Jacques Rouillier ; Dominique Péhau, Erik Taillandier

(les malades solidaires) , Kristin Couillaul, Dr Pierre Névians, Dr

Martine Devries, Murielle Gilard (Présidente de l’association Agir

ensemble pour la santé et l’aide sociale) ,Christian Cavalli (président

de sidaventure) ; Jean-Michel Gognet, Julien Dray (député PS) ; Loulou

King-Veras (Pdt Délégué MNT Essonne) Philippe chaperon, Ali Abdelhadi,

Isabelle Sacchetti, Eric Gestin, Nathalie De Benedittis, Dr Mady

Denantes, Bruno Spire (Président de Aides), Dr Gilles Lazimi, Dr

Guillemette Dufour, Thierry Bour ; Hélène Mouillac ; Yvan Lubraneski ;

Dr Bernard Becel, Dr Pascal Bonnet, Jacky Blay ; Hubert Lasserre ; Cyril

Hutin, Jacqueline Fraysse (Médecin et députée PCF), Dr Yves Paubert, Dr

Catherine Dormard, Marie Rallius ; Guy Abisou ; Michel Frémond ; Dr Jean

Pierre Geeraert, François Pesty, Dr Renaud Cazalis, ; …

Le mouvement « Santé pour tous » est né des Etats Généraux de la santé et de l’assurance maladie organisés le 2 avril à Marseille par attac - union nationale des groupements mutualistes solidaires- sud santé sociaux – union syndicale solidaires – Confédération Syndicale des Familles- CNL logement –Union syndicale de la psychiatrie- SMG - PMI ( pour les bouches du Rhône) – les verts (84). Vous pouvez le rejoindre. Il vous suffit de nous faire parvenir le bordereau ci-dessous, ou de nous contacter :

NOM : Prénom :

VOS COORDONNEES :

Pour tout renseignement :

Mouvement Santé pour tous

attac aubagne : serra.jean-francois chez wanadoo.fr

130 rue Rabelais attac aix : francine.vigneul chez wanadoo.fr

13016 Marseille

attac marseille :

santé.marseille chez attac.org

tél 04 91 46 21 00 ou 06.16.07.29.76

attac var : o-griffet.83- chez laposte.net

jeunesse.evasion chez wanadoo.fr

Plus d’informations sur :

http://www.local.attac.org/13/marseille/rubrique.php3?id_rubrique=11

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1 Message

  • Le 28 mai 2008 à 06:57, par COLPIN Didier

    LE « TROU DE LA SECU »

    Diverses pistes dans le financement comme dans les dépenses sont explorables

    • Remise en cause (éventuelle après études, débats etc.) de la couverture familiale intégrale. Exemple : Un salarié célibataire est assuré social sur la base suivante ; un prélèvement social pour un assuré. Un couple sans enfant avec les deux qui travaillent ; deux prélèvements pour deux assurés. Une famille de quatre enfants avec uniquement le mari en activité ; un prélèvement pour six assurés... Normal ? Sans aller jusqu’à prélever un pour un, un élargissement ne pourrait-il être envisagé ?

    • Revoir le prélèvement employeur sur les seuls salaires : Actuellement, des licenciements compensés par l’achat de machines robotisées, c’est moins de ressources pour la sécu mais autant de profits (voir plus) pour l’employeur. Pourquoi ne pas faire glisser (en partie ? En intégralité ?) les prélèvements du travail vers le chiffre d’affaire ou les bénéfices ?

    • Transfert de charges : Que les risques particuliers (comme l’exercice d’un sport) soient EFFECTIVEMENT couvert et l’éventuel accident pris en charge par l’assurance souscrite lors de l’inscription.

    • Taxes sur la consommation (« TVA sociale) : que devient le projet, sera-t-il repris ?

    • CMU + droit du sol = déficit… Les idées présentes derrière la CMU et le droit du sol sont belles et généreuses, c’est certain. Mais en termes comptables… (En Guyane, c’est "tout le continent" environnant qui vient profiter de l’hôpital français… -et à la place de ces gens déshérités, ne ferions-nous pas la même chose ?- ). Faudrait-il présenter la facture aux ambassades respectives ? Envisager d’autres solutions comme revoir la Constitution ?

    • Nous avons tous chez nous des bt. de médicaments qui finiront à la poubelle (date dépassée) et qui sont "les restes" d’une prescription : la sécu enrichie les laboratoires. Faudrait-il modifier le système de conditionnement ? Les pharmaciens ne pourraient-ils pas recevoir de grandes quantité pour remettre aux malades juste ce qu’il faut selon la posologie et la durée du traitement ?

    COLPIN Didier

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