Une tribune pour les luttes

N.P.A : le bluff libertaire de la LCR

Article mis en ligne le jeudi 10 juillet 2008

Y’a pas mal de débats aujourd’hui sur le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), notamment la volonté de la LCR de s’ouvrir à certains courants anarchistes, je pense au groupe Alternatives libertaires (issu des thèses du "communisme libertaire" théorisé par D. Guérin), ainsi qu’à différents intellectuels libertaires comme Michael Lowy, M. Gaetano ou Miguel Abensour. Ces anarchistes là avaient participé à un numéro de la revue théorique de la LCR, Contre Temps en 2003, portant pour dossier " Changer le monde sans prendre le pouvoir : nouveaux libertaires, nouveaux communistes ".

Ce numéro est en quelque sorte la première marche qui a été construite entre ces anarchistes là et la LCR, et l’éditorial appelait carrément à recréer une " Nouvelle Première Internationale " (édito écrit en commun par Corcuff et Löwy), où se côtoieraient certains anarchistes et certains communistes. Mais ce numéro était déjà caractéristique des divisions qu’il y a aujourd’hui dans la LCR vis-à-vis des libertaires, et de leur jeu actuel de séduction.

En vieux loup de la LCR, Daniel Bensaïd, intangible, s’opposait déjà dans ce numéro (et récemment dans la Revue internationale des idées) aux thèses de John Holloway dans son livre Changer le monde sans prendre le pouvoir dont un article ouvrait le n°. Bensaïd descendait le mouvement zapatiste et tenait la position traditionnellement impuissante, dans une vision de prise du pouvoir de l’Etat. Dans le vieux débat libertaires/communistes, on pouvait déjà se demander en quoi Bensaïd était-il un « nouveau communiste » ?

Ce numéro également rodait déjà bien l’argumentation pour séduire les anarchistes syndicalistes. On mettait en avant les présences côté à côté depuis 10 ans de certains anarchistes et des communistes dans les manifs et les luttes de terrain (certaines organisations anarchistes cherchant systématiquement à être présentes dans toutes les manifs contre la réduction des services publics, des retraites, etc.), et donc finalement un point commun entre les frères ennemis. Ainsi on voyait dans Sud-PTT « des thématiques marxistes et un esprit libertaire », et dans cette veine on mettait en avant tous les mouvements où le marxisme et l’esprit libertaire s’étaient fondus pour ne devenir plus qu’un. L’entreprise était légitimée par exemple, avec une étude historique sur les « Industrial Workers of the world » américain qui est un cas d’école en la matière, etc.

Que demander de plus pour fonder le NPA ? Déjà AL en 2001 avait appelé à voter Chirac dans un contexte peut-être compréhensible même si très largement exagéré. Et pour le referendum de 2005 également, certaines organisations ont poussé à aller voter. En 2007 déjà, la tentative unitaire de la candidature J. Bové essaye de se rallier des " libertaires ", vraiment pas reconnu d’ailleurs dans le milieu (le couac de Onfray, le poète Youlountas et autres). En janvier 2008 devant la roue du Paon que leur fait la LCR avec le NPA, G. Davranche et T. Renard publient dans AL un article " Multiplication des nouveaux partis " où ils disent toutes leurs réticences devant la création du NPA. En février dans AL, 3 personnes de la même organisation leur répondent et commencent eux à loucher drôlement sur le NPA. Une condition est posée par ces auteurs pour leur rapprochement : l’acceptation par la LCR de l’idée de « fronts anticapitalistes » différents et complémentaires, et notamment une auto-organisation des luttes à la base, c’est-à-dire l’idée que « le parti n’est pas la seule construction possible » (la seule...).

Banco pour la LCR ! Une aile de la LCR est en effet intéressée depuis quelques années par des thématiques libertaires, notamment la nouvelle génération qu’incarne Besancenot qui dit-on va jusqu’à refuser à choisir entre son héritage communiste et « libertaire ». Ce serait eux dit-on les « nouveaux communistes »… Devant cet affichage « libertaire » de certains courants de la LCR, et voyant que décidément certains jeunes communistes quittent leur formatage vis-à-vis des anarchistes bien exprimé naguère par Jacques Duclos dans, Anarchistes d’hier et d’aujourd’hui, comment le gauchisme fait le jeu de la réaction, C. Bourseiller (de tradition conseilliste/situationniste on dira « confusionniste »), met la pression sur la LCR, en sortant Extrêmes gauches : la tentation de la réforme, Textuel, 2006. Dans son livre, entend s’adresser aux militants d’extrême-gauche, et cet auteur (hormis qu’il dresse un tableau de l’extrême-gauche et du mouvement anarchiste en France) attaque la tentative de séduction trotskiste et dénonce déjà le contenu du fameux virage « libertaire » de certains courants, qui lui apparaît très contradictoire.

Il montre bien par exemple que les luttes de la LCR (essentiellement composée de militants des services publics) portent toujours sur un renforcement de l’Etat, et le fameux « antilibéralisme » n’a été que cela depuis plus de 10 ans : la revendication d’un Etat fort contre le secteur privé (l’Etat selon eux, étant du côté du « travail » et non du « capital », si l’on considère la fausse opposition travail-capital qu’ils utilisent, on baigne là dans le marxisme le plus traditionnel), c’est ça qu’ils appellent « l’anticapitalisme »... Bien sûr tous les communistes de la terre et ceci depuis la fossilisation des marxismes depuis un siècle, disent espèr dans 100 000 ans, la fin de l’Etat, mais tout le paradoxe des communistes ou anciens communistes est là : On renforce l’Etat, tout en affirmant la nécessité de le voir dépérir dans 100 000 ans pour passer au socialisme (le refus de la séparation entre les fins et les moyens étant le trait des anarchistes sur cette question). C’est là aussi la position de Paul Ariès, qui lui aussi est bien formaté par sa formation communiste.

Mais il y a plus, Bourseiller montre aussi que la LCR s’est toujours perçue comme complémentaire du PS, dans ce sens où elle considère les partis de la social-démocratie comme des partis ouvriers « dégénérés ». Ainsi pour Bensaïd, il n’y a pas de rupture, de coupure entre le camp révolutionnaire et la social-démocratie, mais continuité et consubstantialité, c’est simplement une question de dégénérescence. C’est là une autre forme de la très vieille interprétation de Trotski de la bureaucratisation de l’URSS stalinienne. Il l’expliquait par le contexte particulier de la révolution russe (> > Castoriadis avec Lefort quand ils étaient dans la section française de la IVe internationale, se sont justement opposés théoriquement à cette interprétation et ont développé leur propre thèse). La LCR s’est donc depuis toujours considérée comme en quelque sorte le pôle du « retour aux fondamentaux », la « vraie gauche », la « gauche de gauche », le « 100% à gauche », quoi ! Et dans cette vision simplement « dégénérée » de la social-démocratie, la LCR a toujours appelé aux seconds tours à voter à gauche, c’est-à-dire PS. Cette stratégie qu’était en train de roder la LCR, la stratégie de « Plus à gauche que moi, tu meurs ! » et surfant sur un électorat « gauche plurielle » qui se sentait trahi par le libéral-socialisme et la gestionnarisation du PS, Jean-Claude Michéa dans Brèves remarques sur l’impossibilité de dépasser le capitalisme sur sa gauche "Impasse Adam Smith" le dénonçait dès 2003, non pas pour lorgner sur la droite ou la nouvelle droite et l’extrême-droite, mais pour retrouver le positionnement de surplomb d’un certain anarchisme qui ne s’est jamais retrouvé dans le spectre politique, c’est-à-dire le spectre de tous ceux qui participent encore à la religion politique, à cette croyance illusionnée dans les capacités d’un parti de changer le cours de la vie.

Avec AL, le débat sur le NPA s’est cristallisé sur la participation aux élections et sur la forme parti. Certains anarchistes n’ont que soulevé ces questions. Facile pour la LCR ! Pour les élections, la LCR propose « une totale indépendance vis-à-vis du PS » et que « nous ne croyons pas pour autant changer la société par un jeu d’alliances entre partis dans le cadre de combinaisons parlementaires majoritaires dans ces institutions, c’est-à-dire celles d’un Etat et d’une société où ce sont les multinationales qui font la loi ». Tous les mots comptent dans cette phrase (AL de février, réponse de Besancenot, et cie, p. 4), on noie magnifiquement le poisson : au lieu de dire que nous ne croyons pas changer la société par les urnes, on nous pond une phrase qui met tellement de conditions qu’on en rigole encore. Deuxièmement, la LCR dit que bien sûr à côté des élections il faut « créer une défiance majoritaire vis-à-vis du système », c’est-à-dire qu’il faut des luttes sociales sur le terrain.

Cette double argumentation de séduction est encore plus évidente dans le texte de Corcuff et cie le 7 juin dans Le Monde :

Citation :
« C’est un constat historiquement assez banal que ceux qui ont conquis le pouvoir gouvernemental pour changer la société ont souvent été pris par lui, oubliant la transformation sociale. On ne peut donc plus faire aujourd’hui l’économie d’une critique libertaire dans le rapport au pouvoir d’Etat ».

Là, M. Corcuff et cie, se moquent de nous, ou alors Trotski est un libertaire et il fallait le dire avant, on avait pas vraiment compris comment il avait organisé l’Armée rouge… Ce « constat historiquement banal », il faut avouer que l’expression venant d’un trotskiste peut-être pleine de sens. Est-ce que M. Corcuff et le bureau politique renient finalement l’interprétation selon laquelle l’apparition de la bureaucratie eu URSS ne résultait que d’un accident historique s’expliquant à la fois par le caractère arriéré de l’économie russe et l’isolement de la révolution prolétarienne sur la scène mondiale ? C’est ça que l’on voudrait savoir.

Est-ce qu’ils adhérent à cette interprétation qui fonde le trotskisme, et alors en effet il vaut mieux dissoudre la LCR… ou alors, de manière claire, est-ce qu’ils adhèrent à une « critique libertaire dans le rapport au pouvoir d’Etat » (là-aussi tous les mots comptent) ? Les auteurs organisent la confusion en disant finalement que l’interprétation de Trotski de la " dégénerescence " de la révolution russe équivaut à la critique libertaire du pouvoir. On se moque de qui ? La critique libertaire a justement pour principe de dire que c’est pas du tout une explication par les circonstances qui peut expliquer le dévoiement de la révolution.

L’impression que nous donne aujourd’hui la LCR, n’est donc pas du tout celle d’un virage vers la critique libertaire du pouvoir séparé. Aujourd’hui, pour feinter leur « tournant libertaire », Besancenot, ses amis et plus encore Corcuff et le bureau politique de la LCR (qui viennent de publier une tribune « Gauche radicale ! Chiche », dans Le Monde, 7 juin), utilisent toujours la même argumentation pour cacher leur attachement à l’Etat : c’est ça qu’ils appellent les « nouveaux communistes »... En réalité avec les arguments que lancent Bensaïd, Corcuff, le bureau politique ou Besancenot, on se demande où ils sont les « nouveaux communistes », tellement les arguments sont traditionnels. Le « nouveau communiste » Bensaïd est-il là quand il s’accroche au matérialisme historique annonçant toujours que l’histoire est déterministe et qu’elle va du « communisme primitif » au socialisme, en passant par le capitalisme, et donc que l’Etat est a accepter avant de le dissoudre dans 100 000 ans ? Mince on croyait que c’était là la position classique ! Où est donc le changement ? En réalité, la LCR tient à être d’accord avec l’idée de l’auto-organisation des luttes (bien sûr elle ne dit mot sur ce que sont les syndicats...), mais son accpetation de l’idée de " fronts anticapitalistes ", est là pour conserver toujours les mêmes positions.

Pas besoin d’aller très loin pour avoir de gros doutes sur la tentative de séduction, il suffit de lire M. Besancenot ! oui..oui.. « je suis un libertaire », mais je suis pas d’accord avec le « rythme du dépérissement de l’Etat » (sic ! AL, p. 4), ce qui montre très bien que lui aussi et encore, il se place dans l’argumentation marxiste traditionnelle des étapes dialectiques nécessaires (déterministes), dans leur déploiement méthodique et obligé et vogue la marche royale du progrès . Après que la LCR est rejetté récemment la sainte " dictature du prolétariat " du marxiste Engels, comme " phase de transition " entre le capitalisme et le socialisme, voilà qu’on nous la refourgue avec la formule laconique de " rythme du déperissement de l’Etat " : où est le changement sur le fond ?

Ou alors le changement des « nouveaux communistes » est-il dans l’argumentation de M. Corcuff qui écrit que « toutefois, il ne s’agit pas pour nous d’évacuer la question du pouvoir. La LCR a d’ailleurs déjà dit depuis plusieurs années qu’elle était prête à soutenir [admirons le mot « soutenir »… quand on affirme la « totale indépendance vis-à-vis du PS] une expérience gouvernementale qui inverserait le cours néo-libéral des politiques dans la perspective d’une sortie du capitalisme ».

http://endehors.org/news/npa-le-bluff-libertaire-de-la-lcr

sur http://endehors.org un quotidien anarchiste en ligne.

Retour en haut de la page

25 Messages

  • Le 10 juillet 2008 à 14:31, par

    Bonjour,

    l’article est très intéressant sur le fond, et j’adhère globalement à ce qui est dit.

    Je dis bien globalement car si en tant que libertaire j’adhère au fond, je constate malheureusement que l’on reste dans des clichés dépassés sur la LCR trotskiste etc.
    D’abord par des clichés caricaturaux sur le trotskisme (non la dérive stalinienne n’est pas un "accident"), ensuite en considérant la LCR et ses militants comme idéologiquement trotskistes (ce qui ferait hurler les puristes de LO et qui est extrêmement simplificateur).

    Si les courants marxistes ne peuvent aujourd’hui se passer d’une critique libertaire du pouvoir d’Etat.
    Les courants libertaires ne peuvent se passer non plus d’auto-critique sur leur efficacité à atteindre le socialisme et à combattre le capitalisme.

    Oui, il y a des anarchistes qui ont fait le choix d’entrer à la LCR malgré son étiquette trotskiste initiale. Il y en a bien-sûr beaucoup plus qui ont fait le choix de prendre part au NPA, considérant qu’il était temps de construire du neuf, au delà de ces clivages ancestraux et dépassés.

    Libertaire, militant (récent) à la LCR et au NPA, je suis de ceux-là.

    • Le 11 juillet 2008 à 22:52, par

      Alors camarade, on critique la ligue, corcuff... mais il semble qu’au moins (avec moultes insuffisances certes !!) chez eux on essaye de créer du nouveau, de continuer à penser en mettant à distance certains vieux dogmes cocos ou anars ( dixit saint Marx ou saint Bakounine)

      • Le 13 juillet 2008 à 11:14, par Libertad

        Exellent article, tout est dit
        avec luciditée.

        Le mouvement anarchiste n’est pas
        dupe des magouilles,manoeuvres et manipulations politicienne de la lcr
        (cela n’est pas nouveau).

        * Tous pouvoir est maudit *

        ... Anarchistes Varois ...

        • Le 13 juillet 2008 à 15:33, par Clement Duval

          Libertaire : terme vague et confus
          ou il y a boire et a manger et ou
          s’engouffre certains par opportunisme .

          "Libertaire" n’est pas souvent
          "Anarchiste".

          L’anarchisme n’est pas un fourre tout !
          A bon entendeur.....

          Vive l’Anarchie !

        • Le 14 juillet 2008 à 14:46, par

          Non justement. Il faut lire mon message plus haut.

          Si les critiques qui sont faites sont bonnes dans l’absolu, elles sont totalement à côté de la plaque par rapport à la LCR.

          "Tout pouvoir est maudit" ?
          Ça ce n’est pas de l’anarchisme. Le pouvoir doit être partagé par tous, sans déléguer à quiconque le soin d’exercer le sien.

          Mais pour ça il faut d’abord renverser le pouvoir en place. Aucune perspective n’existe sans cet indispensable renversement.

          • Le 3 septembre 2008 à 21:43, par libert R

            « tout pouvoir est maudit disait la glorieuse communarde Louise Michel ; c’est pourquoi je vous appelle à voter pour (...)ma candidature, la LCR (...) »

            olivier besanceot , campagne présidentielle 2007

            la tartufferie a bien une canaille , c’est la leur fils  !!

    • Le 25 août 2008 à 17:25, par Jérome Rouge

      j’en suis à l’entete, mais ça ne commence pas bien. Michael Lowy serait plutot bien rodé sur les écrits de Marx, et est en tout cas membre de la IVe Internationale et de la Ligue.
      Quelqu’un qui écrit des choses très interessantes.

      C’était juste pour dire qu’en collant des étiquettes (marxiste = pas bien, libertaire = super bien) ça avance pas

      Allez,
      A+

  • Le 14 juillet 2008 à 14:53, par

    Ce genre de querelles de clans est totalement dépassé. On est au XXIème siècle, sous un capitalisme ultralibéral et réactionnaire triomphant, et certains en sont encore à remuer des vieilles querelles datant d’il y a 150 ans.

    Tout ça à base de clichés déformés et caricaturaux sur le supposé "clan adverse".

    Diviser pour mieux régner, on sait à qui ça profite.
    A un moment donné, c’est à chacun de prendre ses responsabilités, si l’on veut mettre fin à la dictature capitaliste.

    Je comprends qu’il soit frustrant pour pas mal de groupes anarchistes, de perdre des militants et sympathisants au profit du NPA.
    Mais pour que le NPA ne soit pas un "bluff libertaire", il ne tient qu’à nous d’y participer et de peser sur son fonctionnement.

    La dictature capitaliste n’a que trop duré, il est temps de passer à l’action !

    • Le 14 juillet 2008 à 18:23, par MAKNO

      Toujour le meme refrain et rengaine
      sur " l’unité " au profit de la
      politique politicienne et de ses charlatants.

      Les anarchistes ne sont pas dupes des
      manoeuvres,magouilles et manipulations
      de la lcr qui voudrait se refaire une virginitée a travers son " parti
      anticapitaliste".

      Tu semble bien mal connaitre les anarchistes et leurs buts,avant de dire des bétises,informe toi.

      * au pays des aveugles,les borgnes sont rois !*

      L’urne cercueil de vos illusions !

      • Le 15 juillet 2008 à 11:22, par

        Non l’unité en soi ne sert à rien. Elle doit poursuivre une ligne politique, un objectif commun. Sinon elle ne sert à rien.

        Quant à l’anarchisme, ça n’est pas une histoire de clubs fermés de puristes, qui veulent chacun détenir LA vérité.
        L’anarchisme est révolutionnaire avant tout. Il passe par un renversement de l’ordre établi.

        Maintenant, on pourra se faire des leçons réciproques sur ce qu’est l’anarchisme. Se targuer chacun de s’y connaître mieux que l’autre, etc. Faire des références à la révolution espagnole en 36 où les anarchistes et marxistes ont combattu côte à côte (jusqu’à ce que les staliniens foutent leur merde). Mais cette question n’a finalement que peu d’intérêt.

        La question est de savoir si oui ou non on veut renverser le capitalisme, si oui ou non on veut agir concrètement et efficacement.
        Il s’agit ensuite de définir le cadre d’action qui sera forcément fait de compromis, car le purisme ne mène qu’à la marginalisation.
        Il s’agit aussi de savoir saisir les moments dans l’Histoire où il faut prendre certaines décisions et passer à l’action.

        Tu préfères rester marginal ? Je préfère agir et défendre mon orientation dans le cadre d’une organisation révolutionnaire de masse.
        Je réprouve les attitudes sectaires quelles qu’elles soient, comme étant contre-révolutionnaires.

        Chacun ses opinions et ses engagements. Merci de respecter les miens.

        • Le 15 juillet 2008 à 14:47, par Libertad

          Nous respectons ton point de vue,
          respecte le notre,a savoir le rejet
          de la l.c.r et son fumeux "NPA"
          véritable "miroir aux alouettes".

          * des Anarchistes *

          P.S:qui te parle de rester marginal ?
          Il est pour le poins amusant de te voir
          traiter " d’attitudes sectaires "
          ceux qu’ils ne veulent cautioner ou
          qui critiques le "NPA" attitude qui on
          dit long sur ta démarche et celle du "NPA"

          • Le 15 juillet 2008 à 17:11, par

            Le sectarisme est malheureusement monnaie courante en politique (et surtout chez les révolutionnaires), ça n’a rien à voir avec le NPA.
            Et il fait malheureusement le plus grand bonheur du patronat et de l’Etat.

            Ceci dit, l’indépendance vis-à-vis des institutions et l’anticapitalisme peuvent être des points de rupture.
            Etre pour le réformisme n’est en rien du sectarisme, c’est simplement un désaccord politique de fond.

            Par contre, ceux qui n’ont pas de désaccord politique sur le fond, et utilisent la caricature et les clichés pour justifier leurs positions conservatrices, font à mon avis preuve de sectarisme.

            Par exemple, plutôt que de dire que le NPA est "fumeux", je préfèrerais t’entendre expliquer les désaccords politiques que tu as avec ce projet.
            Et éventuellement profiter de cette phase de construction pour en débattre. Personne n’est détenteur de LA vérité, et toutes les critiques constructives sont bonnes à prendre.

            Pour finir, je rappellerai que personne n’a la "propriété" des idées anarchistes, ni le droit de décerner des brevets du bon et du mauvais anarchiste.
            J’ai ma lecture de l’anarchisme et des choix qui en découlent et je suis en désaccord avec votre attitude, que je trouve vouée à l’échec.
            Maintenant qui a raison ? L’Histoire le dira...

            • Le 16 juillet 2008 à 10:21, par Libertad

              Au vu de tes commentaires et de ta
              démarche,ta lecture de l’anarchisme
              (au sens propre du terme)semble des plus confu.

              Une nouvelle fois l’anarchisme n’est pas un fourre tout.

              Bref ne melangeons pas les serviettes et les torchons.

              L’ambiguitée et le confusionime tres
              peu pour nous !

              • Le 16 juillet 2008 à 20:55, par

                Je pourrais te renvoyer le compliment mais évitons de rentrer dans ce jeu là.

                Le NPA n’est pas anarchiste et ne s’en revendique pas comme tel. J’en suis tout à fait conscient.
                Pour autant, je pense qu’il faut y militer, y peser de l’intérieur (mon comité est d’ailleurs majoritairement libertaire), et que ça fait partie des moments historiques à saisir.

                Bref, chacun son opinion. Mais évitons la caricature.

                • Le 16 juillet 2008 à 22:55, par JMarc cheminot, syndicaliste et ... LCR

                  Comme quoi les discussions des années 50 ne sont pas encore terminées. Une partie des "anars" considèrent que la lutte des classes n’est pas un déterminant politique. G Fontenis les appelaient "les synthètistes" et considérait leur manière d’être comme "infra politique". Pour moi c’étaient ceux que je voyais en manif répétant à l’envi "ni droite ni gauche" et plus récemment le SO militaro de la CNT. J’ai quitté le mouvement "anar" au milieu des années 1970 quand dans le monde libertaire est paru un article en double page centrale au titre : "Pourquoi nous avons soutenu la direction Bergeron "(patron de FO à l’époque) tout comme l’OCI (l’ex PT ou maintenant Parti Ouvrier Indépendant). Comment essayer discuter avec eux qui n’argumentent pas mais assènent une croyance plus que des idées. Leur manque de réflexion politique a même amené l’un d’entre eux à être Ministre du Travail ... dans le gouvernement de Vichy (jusqu’en 1942).
                  Deux petits livres intéressants : Changer le monde Editions le Coqueliot/AL G FONTENIS 2000
                  L’autre communisme Edition ACRATIe G FONTENIS 1990.
                  Un libertaire de la LCR

                • Le 17 juillet 2008 à 01:23, par

                  En attendant, il y a un facteur qui a des trucs à vendre.... et moi les marchands...

                  C’est comme l’armée rouge de Trotsky ou la police politique ça ne m’a jamais fait bander, c’est bizarre :)

                  Par ailleurs que les pucelles soient apeurées dès qu’on leur agite le hochet ultra-libéral" devant le museau, ce n’est pas nouveau, mais sans moi.

                  Au diable les étudiants à peine pubères qui découvrent l’aisance critique de la liberté comme un gamin un nouveau jouet.

                  J’emmerde pour finir la gauche et la droite parlementaire d’où quelle vienne et quel que soit son auto-érotisme minable.

                  Je ne veux pas répondre instinctivement au chiffon rouge agité trop facilement par la racaille fonctionnaire : Krivine va te faire enculer toi et tes starlettes aguicheuses.

                  Je pense à nouveau à mes vrais amis que sont Bakounine, Proudhon, Kropotkine et les autres et je me dis qu’il y a des choses plus importantes que cette coterie, ce théâtre de guignoles au rabais sans culture et sans rigueur intellectuelle.

                  Aurais-tu au moins le bon goût, anarchiste ! , de te souvenir de ton histoire ? de tes livres de tes pairs, de tes combats de ta liberté, de ton intelligence, de ta sagesse de ton indépendance, de ton coeur ?

                  D’ouvrir au moins un livre une fois dans ta putain de vie ? de cesser de vivre comme un rat au crochet de la société sur laquelle tu vomis et t’élancer vers demain, vers une action quotidienne de changement ? car oui ! l’anarchie c’est ici et maintenant compagnon même dans l’ombre, et pas demain, chanterait-il aussi fort et aussi beau qu’il le peut.

                  En tout cas LCR et LO : sans moi les gars et surtout contre toi !

                  Increvables et fiers de ce que nous sommes .

                  Salutations anarchistes.

                • Le 17 juillet 2008 à 07:36, par Libertad

                  Pas la caricature : la réalité,le NPA
                  est un panier a crabe.

                  La politique poiliticienne,tres peu
                  pour nous,nous n’avons pas les memes
                  valeurs et buts.

                  Nous te laissons a tes considérations
                  politiciennes.

                  • Le 17 juillet 2008 à 13:22, par

                    « Pas la caricature : la réalité,le NPA est un panier a crabe. »

                    J’admets que j’espérais mieux comme argumentation.

                    Je crois qu’il est préférable de justifier ses positions politiques par des arguments politiques, plutôt que par de simples sentiments (quelle qu’en soit la justification par ailleurs).

                  • Le 17 juillet 2008 à 17:15, par clement duval

                    re :
                    j.marc(lcr)

                    Les commentaires et verités des anarchistes sur le NPA et la LCR semble
                    te gener, alors tu essaye(en vain) de
                    criminaliser ceux ci,ta démarche
                    est dérisoire,pathetique et ridicule.

                    Désoler vos petites magouilles,
                    manoeuvres et manipulations politiciennees nous vont gerber.

                    Les anarchistes n’ont pas la mémoire
                    courte. A bon entendeur !

                    A

                    • Le 19 juillet 2008 à 15:54, par

                      toi t’es pas un anarchiste, t’es une caricature de l’anarchiste vu par la droite

                      De la part d’un vrai anar !

                • Le 28 août 2009 à 07:21, par jean allemane

                  Bonjour,
                  vieux militant libertaire (j’ai adhéré à l’UTCL et participé aux premières années d’Alternative libertaire), je suis désormais militant du NPA. Ceci ne signifie pas que j’ai renié mon engagement passé, ni que j’adhère à la forme-parti et à l’issue électorale, mais que je cherche une forme organisée à la lutte des classes, bref à donner un débouché politique concret, rassembleur et mobilisateur, à ce qui pour moi était jusqu’à présent des interventions de terrain, clairsemées et non pérennes.
                  Je ne crois pas qu’un forum soit suffisant pour traiter à fond de ces questions, et je pense que ce débat doit être permanent, à la fois pour faire le bilan critique de nos actions (les libertaires ne sont pas sans reproches ni erreurs...) et éviter des dérives toujours possibles du NPA (accomplies de bonne foi, et peut-être même par ceux-là mêmes qui se veulent les plus vigilants et les plus critiques...).
                  C’est pourquoi je propose que les libertaires du NPA se rassemblent autour d’un bulletin spécifique pour faire valoir leurs idées.
                  Si cette initiative vous branche, contactez-moi à jeanallemane chez free.fr (c’est mon pseudo).

                  Salutations révolutionnaires

  • Le 9 septembre 2008 à 05:50, par zeb

    L’unité ne se réalisera jamais par les élections( voir les dernières élections présidentielles, avec les différents candidats, l’appel surréaliste des partisans de Bovet à l’unité) elle se réalise dans les luttes quotidiennes dans nos lieux de vie et de travail.c’est pendant ces moments que l’on se sent ensemble. Il est illusoire de nous faire croire qu’un changement pourrait venir d’un parti politique et Ca pousse les gens à la passivité. Il est urgent d’encourager nos camarades et plus généralement tous les travailleurs, chômeurs que l’on rencontre à s’organiser par eux-mêmes sur leur lieux de travail..construisons des contre-pouvoirs (des syndicats alternatifs, autogérés) puissants susceptible de contrer l’état- patrons et les capitalistes et de renverser la vapeur....

    • Le 2 octobre 2008 à 00:58, par georges

      OK avec Zeb, l’unité ne se réalisera pas avec les élections, bien au contraire, c’est l’atomisation la plus totale, où les travailleurs perdent leur identité au profit du citoyen où on est à l’égal du patron ou du petit boutiquier...Où doit se faire cette unité des travailleurs ? Ok avec toi dans les luttes, dans des luttes où les travailleurs doivent s’auto-organiser comme cela a été fait lors du mouvement contre le CPE au printemps 2006. Ceci dit là où j’ai un désaccord avec toi c’est de créer des contre pouvoirs : il me semble que les travailleurs dans cette société n’ont aucun pouvoir tant que le système capitaliste existe, par contre ils peuvent, à travers leur auto-organisation, créer un rapport de force qui puisse faire reculer les attaques du patronat et de l’Etat.
      Sur la question du NPA, pour moi c’est une officine de l’extrême gauche du capital qui défend tous les piliers de la société bourgeoise, les élections, le syndicalisme...En fait cette organisation, je le vois comme cela, cherche à mettre en place un capitalisme d’Etat à la mode stalinienne. Pour moi, ils n’appartiennent pas au camp de ceux qui veulent détruire ce système pourri, ils veulent lui donner une coloration ouvrière, soit disant plus humain. De ce système nous ne devons rien attendre sinon plus de guerre, plus de misère, plus de barbarie.

      • Le 5 octobre 2008 à 01:07, par betty

        Je suis assistante de vie et j’en chie tous les jours depuis des années, j’ai pas lu marx ni trotsky, ni bakounine, ces livres sont sûrement géniaux, mais çà m’emmerde je lis deux lignes et pfft, mes pensées sont ailleurs ! La théorie je m’en fous et ces querelles ou ceux qui voudrait fouttre le système qui nous fait crever en l’air se traitent de traître, me gonflent plus que tout !!!!!!!! pendant ce temps là c’est qui ki rigole et s’en fout plein les fouilles ? Moi le NPA j’y vais parce que ya que çà qui bouge, après on verra, à nous de le faire comme on le veut ! Sinon on peut rester à causer avec son clavier !

        • Le 26 octobre 2008 à 18:23, par

          Betty, il ne s’agit pas de lire Marx, Trotski ou Bakounine pour se révolter. Le monde du travail en chie et ce n’est pas fini avec ce qui s’annonce dans les prochains jours avec la crise du capitalisme, une crise MONDIALE, une crise d’un système d’exploitation qui entraine les êtres humains dans une plus grande pauvreté, plus de guerres, plus de barbarie, plus de chaos. Alors il faut se préparer dès aujourd’hui à le combattre et cela pose la question de le remplacer par quoi ? Mais en tout cas je n’adhère pas à ce que dit Besancenot lorsqu’il parle de créer une banque unique controlée par l’Etat, les salariés et les usagers !! Alors on va s’auto exploiter, jamais il ne dénonce ce système d’exploitation, jamais il l’appelle à le détruire. Quelle différence entre la LCR/NPA et les staliniens et leur capitalisme d’Etat et les socialistes qui veulent mieux réguler le capitalisme. Au fond, au dela d’un verbiage plus ou moins radical, ils défendent tous la même chose : le capitalisme. Je n’attaque pas les individus sincères qui peuvent être influencés par les idées de ces partis, ce sont les idées de Besancenot et autre gauche que je trouve dangereuses.

Retour en haut de la page

Thèmes liés à l'article

Analyse/réflexions c'est aussi ...

0 | 5 | 10 | 15 | 20 | 25 | 30 | 35 | 40 | ... | 2025