Une tribune pour les luttes

A.M.M.N Nord Pas de Calais

Pour que les Mineurs Marocains en France retrouvent leurs droits et leur dignité

Article mis en ligne le vendredi 23 avril 2010

Le collectif d’anciens Mineurs devant la mairie de liévin, Jeudi 22 avril 2010


http://www.petitionenligne.fr/petit...

Les Mineurs Marocains représentent la dernière grande vague importante d’immigration venus extraire le charbon dans les années 60 / 70 dans le Nord Pas de Calais.

A cette époque, Les Houillères savent pertinement qu’il ne reste plus qu’une dizaine d’années à extraire le charbon et chargent à ce titre FELIX MORA de recruter une main d’oeuvre docile et surtout jetable !

Pour ce faire, Félix MORA choisit de se rendre dans les campagnes marocaines à la recherche d’ouvrier avec comme attributions : Du muscle, une bonne santé, être analphabète et surtout ne pas maîtriser la langue Française.

En 1985, l’idée de la fermeture des Charbonnages se concrétise par la signature, entre l’ambassade du Maroc et les Houillères, d’un protocole d’accord, portant principalement sur l’aide au retour. En septembre 1987, les premières lettres annonçant la fermeture des mines en fin d’année tombent. Les mineurs bloquent les puits et entament une grève qui durera deux mois, d’octobre à novembre. Manifestations, occupations, meetings : deux mois de grève sans l’appui de leurs collègues français et avec le seul soutien de l’appareil syndical de la CGT.
Dans cette lutte, il y avait la partie visible de l’iceberg, un syndicat, la CGT, qui faisait face aux Charbonnages de France, et une autre, invisible mais de taille, qui opposait d’une part, les autorités marocaines par le biais du consulat du Maroc à Lille et l’ambassade, relayés par les « amicales », et d’autre part, les mineurs marocains soutenus par l’ATMF, l’Association des travailleurs marocains de France. L’enjeu de cette lutte souterraine était la remise en cause du protocole d’accord signé par les autorités marocaines. Ces dernières n’avaient pas l’habitude de voir les « sujets marocains » contester leurs décisions et se comporter en citoyens connaissant leurs droits.

Une fois de plus, les mineurs résistent malgré les menaces et les convocations au consulat. Les Charbonnages sont contraints de renégocier. Un protocole d’accord est signé, le 1er décembre 1987, entre les Houillères du bassin du Nord et du Pas-de-Calais (HBNPC) et le syndicat des mineurs CGT. Les salariés gagnent le droit de choisir librement entre le retour au pays ou la réinsertion en France.


Un plan social , une arnaque !

Les revendications aujourd’hui concernent un plan social échoué où tout a été fait pour décourager ces mineurs.
.
Une reconversion vouée à l’échec :

Les Houillères ont financé pendant deux ans les entreprises qui acceptaient d’engager les mineurs à la fermeture des Mines.
Concernant les Mineurs Marocains, la plupart on été orienté hors région et vers les tâches les plus pénibles (métro, tunnel sous la manche, bâtiments...).

L’état français a demandé à certaines entreprises d’accepter les mineurs marocains alors que ces entreprises étaient déjà en difficultés (il y avait alors déjà beaucoup de chômage : environ 9% alors qu’un tel taux de chômage n’était jamais arrivé avant).

Une grande majorité de ces mineurs n’ont pas pu bénéficier d’une reconversion de plus de 2 ans et vivent depuis de nombreuses années avec les minimas sociaux.

Mensonges et Pressions insupportables des Houillères :

Les Houillères ont profité de cette population fragile pour les forcer à signer l’abandon de leurs droits à vie : les avantages en nature.
Tous témoignent de cette époque où les 2 mois de grève furent épuisants ...les Houillères les ont manipulés, les ont endormis ...la plupart d’entre eux ont cru par exemple signer une prime de licenciement alors qu’il s’agissait tout bonnement de l’abandon de leurs droits aux avantages en nature (logement + chauffage gratuit à vie).

Ce plan échoué amène aujourd’hui bon nombre d’entre eux à vivre sous le seuil de pauvreté !

La reconversion échoué ne leur permet pas d’accéder à une retraite suffisante (400 à 600 euros) et beaucoup sont menacé s d’expulsion quand les huissier ne sont pas déjà chez eux.

SIGNEZ LA PÉTITION POUR QUE LES MINEURS MAROCAINS RETROUVENT LEUR DIGNITÉ ET LEURS DROITS

http://www.petitionenligne.fr/petit...

Les signataires du comité de soutien vendredi 23 avril 2010 :

Les associations :

Association des Mineurs Marocains du Nord Pas de Calais (AMMN),
Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF),
Fédération des tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR),
Mouvement contre la racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP),
Association Immigration et Droits des Migrants (IDM),
Collectif Manouchian
Collectif Afrique,
Comité des Sans Papier 59,
Section Fédérale des Retraités de la Fédération Syndicale Unitaire Nord-Pas de Calais,
Association Mémoire du Fond,
Association Idées à coudre,
Association ARFAID,
association CH’FAID ,
Le collectif justice et dignité pour les chibani-a-s ,
Association des tunisiens en France (ATF),
Association ELGHORBA (Lyon),
Association AMPIL (Marseille),
Fédération des Associations de Solidarité avec les Travailleurs Immigrés (FASTI)
Association Droit au logement (DAL)
Union juive française pour la paix UJFP
Association Ait Lahcen
Association des tunisiens et des originaires du Maghreb dans le Nord
Association Place Publique

SUD éducation

Les élus :

Jean Jacques Candelier, député du Nord
Hélène FLAUTRE , Députée au parlement européen
Malika BENARAB ATTOU , Député au parlement européen
Umberto BAPTTIST, Ancien Vice président de la région NPDC et Ancien Député
Guy DELCOURT , Député Maire de Lens
Jacques MICHON Conseiller général et maire de WAZIERS
Jacques ROBITAIL, Conseiller Général AVION
Jean Marc TELLIER , Maire d’AVION
Bernard BAUDE, Maire de Méricourt
Bruno TONI, Maire de BILLY MONTIGNY
Alain ROGER, Maire de Noyelle sous Lens
Hamza EL KOSTITI , Conseiller municipal d’ HALLUIN
Patrick BLEITRACH, conseillier municipal d’AVION
Moutaouakil Jamilla, conseillière Municipale de Noyelle sous Lens
Naceira Vincent, conseillère Municipale à la ville de Lens
Marc LECUBIN, Adjoint au Maire de Méricourt
Annie Delannoy, adjointe au maire de la ville de Noyelles sous Lens
Frederic POUMAER, Conseiller municipal AVION
Alain Ramos, Conseiller municipal du Blanc-Mesnil 93
Bagdad GHEZAL, collectif Gauche Pour Tous
Faustin AISSI, conseiller communautaire de la Communauté urbaine de Lille
Ian Brossat, Conseiller de Paris, élu du 18ème
Laurence Sauvage, Responsable Départementale du Parti de gauche et Conseillère Régionale
Charles Beanchamp, Président du groupe communiste au Conseil Général du Nord.

Les partis politiques :

Le parti de Gauche
Nouveau Parti anticapitaliste (NPA)
Les verts Nord Pas de Calais



Le COLLECTIF D’ANCIENS MINEURS MAROCAINS SUSPEND L’OCCUPATION DE l’ANGDM

Après une occupation de 10 jours de l’ANGDM par le collectif des anciens Mineurs Marocains

et la réalisation de 2 marches criant la révolte des mineurs et de leurs familles face aux traitements discriminatoires dont ils ont fait l’objet,
l’ANGDM a enfin accepté de se mettre à la table des négociations ce jeudi 22 avril à la sous préfecture de Lens.

Présidée par Madame le sous-Préfet, cette réunion s’est déroulée en la présence de trois mineurs du collectif, deux représentants de l’AMMN, un représentant de l’ATMF, trois représentants de l’ANGDM et un médiateur .

Cette négociation a duré 5 heures et abouti sur un accord de décision que nous vous transmettons en pièce jointe.

Tout d’abord l’A.M.M.N se félicite de ce mouvement de contestation d’hommes et de femmes que l’on a trop souvent peu considéré et qui ont fait preuve aujourd’hui d’une grande solidarité, plein d’intelligence et de dignité.

L’analyse au cas par cas des dossiers par le groupe de travail réunissant les deux parties doit permettre de régler tout d’abord les situations urgentes.
Pour autant l’A.M.M.N rappelle sa volonté de travailler pour l’ensemble des familles des mineurs confrontés à l’échec de ce plan social et fournira les effort nécessaires à l’élaboration d’un dossier capable de justifier les modifications législatives nécessaires pour rendre justice et dignité à tous ces anciens Mineurs.

A partir d’aujourd’hui, le comité de pilotage du collectif et son comité de soutien suivra de très près l’avancée de ces accords et n’hésitera pas à reprendre ces actions de revendications si ces accords n’aboutissent pas.

Nous remercions très chaleureusement l’ensemble des élus, associations et citoyens qui ont manifesté leur soutiens.

La pétition en ligne :

http://www.petitionenligne.fr/petit...


Lire aussi :
Mille Bâbords 13984

Association des travailleurs maghrébins de France
Des centaines d’anciens mineurs marocains manifestent à Lens pour leurs droits.

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1 Message

  • Le 23 avril 2010 à 21:30, par Christiane

    Rue 89
    http://www.rue89.com/2008/05/14/m-a...

    Monsieur Abidar, qui vit et travaille en France depuis 1964, sourit toujours. Non que sa situation familiale soit particulièrement joyeuse, mais elle le surprend tellement qu’elle en devient amusante.

    - Sa femme et son plus jeune fils, Aïoub, 9 ans, vivent au Maroc. En dépit d’autant de décennies passées en France, le regroupement familial, demandé à plusieurs reprises,n’a jamais été accordé, ni même les visas de tourisme.
    - Son fils ainé Mohammed, employé dans une boulangerie de Mantes-la-Jolie, a été expulsé de France, l’année dernière.
    - Malika, sa fille de 19 ans, scolarisée dans un CAP vente, au lycée Georges-Brassens, à Villepinte (Seine-Saint-Denis), vivait avec une une obligation à quitter le territoire français (OQTF), après s’être présentée à la préfecture pour être régularisée, depuis octobre 2007. Elle vient juste d’obtenir l’avis qu’un titre de séjour » temporaire » , allait lui être octroyé.
    - Quant à Amina, la cadette de 13 ans, scolarisée à Marcellin Berthelot, dans le » bon » collège de Montreuil (Seine-Saint-Denis), elle est titulaire d’une carte de circulation qui lui permet d’aller rendre visite à sa mère, et à Aïoub, le petit dernier. Si tout se passe bien, c’est-à-dire si la loi ne change pas, elle sera automatiquement régularisée à 18 ans.

    Pourquoi elle, et pas sa soeur, arrivées la même année à Montreuil ? Parce qu’Amina est venue rejoindre son père en France avantses 13 ans. Comme elle était sans papiers, Malika, contrairement à Amina, n’a pas vu sa mère depuis cinq ans. ” On se parle au téléphone, elle pleure, je pleure. »

    En 1963, la Société du charbon du Pas-de-Calais vient le chercher au Maroc

    L’histoire de la famille Abidar est banale, bien que chacun des membres de la famille ait un statut administratif différent. Le résultat est loufoque. C’est pourquoi M. Abidar sourit toujours. Il répète : » Quarante-trois ans ! Je vis en France depuis quarante-trois ans ! »

    (...)

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