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Nouvelles acquisitions

Le Bulletin de la Médiathèque de Mille Bâbords n°4

mars 2012

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Permanences : le lundi de 14 à 17 h / le jeudi de 15 à 19 h

Abonnement 8 euros (ou plus par soutien). Gratuit pour les adhérents à Mille Bâbords.

Bulletin n°1 de la médiathèque, décembre 2011

Bulletin n°2 de la médiathèque, janvier 2012

Bulletin n°3 de la médiathèque, février 2012

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Compte rendu de lecture

Compte rendu de lecture fait par Albert de l’ouvrage Résister à la chaîne : « dialogue entre un ouvrier de Peugeot et un sociologue » de Christian Corrouge et Michel Pialoux, disponible ici http://millebabords.org/spip.php?article20153


Nous avons reçu...

Colonialisme / Néocolonialisme

  • Areva en Afrique : une face caché du nucléaire / Granvaud, Raphaël. - Marseille : Agone , 2012. - 1 vol. (300 p.) ; 16 cm. - (Dossiers noirs ; 24)

L’indépendance énergétique de la France grâce au nucléaire est un mythe : l’uranium qui alimente le nucléaire civil et militaire provient pour une large part du sous-sol africain. Raphaël Granvaud détaille les conditions dans lesquelles la France et Areva se le procurent au meilleur coût, au prix d’ingérences politiques et de conséquences environnementales, sanitaires et sociales catastrophiques pour les populations locales. 
Comme au Niger, fournisseur historique, pourtant en dernière position du classement des pays
selon leur indice de développement humain. 
Dans un contexte international d’intensification de la concurrence sur le continent africain, mondialisation capitaliste oblige, Areva a toujours pu compter sur l’aide active des représentants officiels de l’État français et des réseaux les moins ragoûtants de la Françafrique pour sauvegarder son droit de pillage. 
L’auteur dévoile enfin les efforts considérables d’Areva pour que les différents éléments de cette réalité et de sa stratégie de dissémination nucléaire ne ternissent pas une image de marque qu’elle voudrait immaculée.

  • Obama s’en va-t-en guerre / Ali, Tariq - Paris : La Fabrique , impr. 2010. - 1 vol. (181 p.) ; 17 cm.

La page semblait tournée. Le monde presque entier pensait que l’élection de Barack Obama allait marquer la fin de l’arrogance et de la brutalité, que la parenthèse honteuse de l’ère Bush allait se refermer. Qu’on allait enfin retrouver une Amérique ambitieuse mais pacifique, ferme mais généreuse. Deux ans plus tard, les geôles de Guantanamo sont encore pleines, l’Irak est toujours occupé et la « lutte contre le terrorisme », qui continue de ravager l’Afghanistan, s’étend peu à peu au Pakistan voisin. Les faucons israéliens progressent chaque jour dans leur politique coloniale avec le soutien américain. Bref, comme le montre Tariq Ali, c’est la politique de Bush qui continue, et les seuls changements sont dans le vocabulaire utilisé : le cynisme s’est mué en hypocrisie. À l’intérieur, la fameuse réforme du système de santé n’a été adoptée que vidée de son contenu, et s’est transformée en cadeau aux compagnies d’assurances.
Derrière son masque noir, Obama dévoile progressivement sa vraie nature, celle d’un politicien habile et opportuniste, qui prolonge la ligne impériale américaine.

  • Bush à Babylone : la recolonisation de l’Irak / Ali, Tariq - Paris : La Fabrique , 2004. - 1 vol. (244 p.) : ill. ; 20 cm.

Ce livre retrace les événements qui se sont déroulés depuis la création de l’Irak par les Anglais au lendemain de la Première Guerre mondiale – à partir des trois vilayets ottomans de Mossoul, Bassora et Bagdad – jusqu’à la dernière péripétie en date, l’invasion du pays par la plus formidable armada qu’on ait jamais vue rassemblée. La royauté hachémite soutenue à bout de bras par les Anglais, les insurrections tout au long de l’entre-deux-guerres, la révolution de 1958 et le régime des colonels, la sanglante prise du pouvoir par le Baas en 1963, l’ascension de Saddam Hussein, la terrible guerre Iran-Irak... Telles sont les étapes que retrace Tariq Ali à sa manière, faisant revivre des personnages qu’il a connus, évoquant les poètes qui, de tout temps, ont été la conscience vive de l’Irak.
Éclairant la généalogie des événements actuels, virulente dénonciation de la guerre et de l’occupation impérialistes, Bush à Babylone est exemplaire d’une autre façon de raconter l’histoire, documentée et engagée, informée et palpitante. C’est aussi un signal de réveil pour ceux qui ont manifesté contre la guerre mais qui acceptent aujourd’hui dans l’apathie, comme "un moindre mal", la recolonisation de l’Irak.

Économie

  • La dette publique, une affaire rentable : à qui profite le système ? / Holbecq, André-Jacques, ;Derudder, Philippe, . - 2e édition. - Gap : Y. Michel , DL 2011. - 1 vol. (163 p.) : graph., tabl., couv. ill. en coul. ; 23 cm. - (Économie) .

" II faut réduire la dette ! ". On crie à la faillite ! Notre gouvernement nous dit : " Assez de cette gabegie ! Il est temps de devenir sérieux, remettez vos prétentions sociales au tiroir, l’heure est au travail et aux économies ". Ce qu’on ne nous dit pas, c’est qu’il y a une quarantaine d’années, l’État français n’était pas endetté, à l’instar de la plupart des autres nations, d’ailleurs. En moins de quarante ans nous avons accumulé une dette colossale qui avoisine les 1200 milliards d’euros ! Pourquoi ? S’est-il produit quelque chose qui a fait que l’on ait soudain besoin de recourir à l’emprunt, alors qu’auparavant on se suffisait à nous-mêmes ? Et si tel est le cas, qui en bénéficie vraiment ? Qui émet la monnaie ? André-Jacques Holbecq et Philippe Derudder nous disent les vraies raisons de la dette et dénoncent les mécanismes destructeurs scrupuleusement occultés. Vulgarisateurs de la "chose économique", leur but est de permettre aux individus de "savoir ", afin qu’ils ne se laissent pas impressionner par les épouvantails que l’on agite sous leur nez. Afin de comprendre surtout que nous avons tout pour relever l’immense défi humain et écologique de notre temps et que la dette et l’argent ne sont que " vrais-faux " problèmes.

Éducation

  • L’école Ferrer de Lausanne / Wintsch, Jean ; Heimberg, Charles. - Genève : Entremonde , 2009. - 1 vol. (80 p.). - (Collection la Rupture) .

De 1910 à 1919, l’École Ferrer de Lausanne a offert à des enfants d’ouvriers un lieu où ils n’acquièrent pas « le savoir inutile » dispensé dans les écoles publiques, où ils ne font pas « l’apprentissage de la docilité ».
Sa caractéristique a été « d’unir l’atelier à l’école, de faire collaborer parents, instituteurs, ouvriers et enfants, de préparer ces derniers à la vie qu’ils mèneront probablement, en évitant autant que possible le verbalisme, en exaltant leur curiosité et leur joie dans les recherches, en organisant les leçons souvent hors des murs de la classe, dans la réalité, là où se passe la vie ».

  • L’école de la simplexité / Collot, Bernard. - The Book edition, 2012. - 1 vol. (540 p.) ; 15 cm.

Depuis longtemps les pédagogies nouvelles ont démontré leur efficience quant à la construction des apprentissages. Bernard Collot a poussé leur logique à l’extrême dans sa classe unique, une école sans programmes, sans évaluation, sans leçons, sans cahiers, sans horaires, ouverte en permanence. Il l’a appelé « Une école du 3ème type » dans un premier ouvrage (éd. L’Harmattan).
Mais pourquoi, lorsque toutes les références habituelles disparaissent ainsi, « cela marche » ?
Bernard Collot décortique les fondements sur lesquels peut se construire une autre école en s’appuyant sur la systémique et sur une conception bien particulière des langages.
Le puzzle qu’il nous convie à reconstruire conduit dans un autre paradigme.

  • Vers une enfance majeure : textes sur l’éducation / Fourier, Charles ; Schérer, René, Editeur scientifique. - Paris : La Fabrique , impr. 2006. - 1 vol. (233 p.) : ill. ; 20 cm.

« Les enfants turbulents relèvent-ils de la médecine ? » « Sont-ils au bord de la délinquance ? » Ces interrogations relevées dans une presse réputée sérieuse sont symptomatiques du désarroi de la société actuelle face à ses enfants. Une société malade de son enfance. Une enfance tout à la fois chérie et redoutée.
« J’ignore quels buts se propose l’éducation civilisée, je n’en ai guère lu les traités, mais à en juger par le résultat, le premier et le plus général chez les enfants civilisés, c’est qu’ils n’usent de leur liberté que pour commettre toutes sortes de dégâts, s’exciter l’un l’autre à la malice et la malfaisance, à tel point qu’une troupe d’enfants qu’on laisserait en pleine liberté, sans crainte des châtiments, finirait par se donner le délassement de Néron, incendier une ville. »
Ce n’est pas au lendemain des « émeutes » de novembre 2005 que ces lignes ont été écrites, mais il y a près de deux siècles, en 1821, par Charles Fourier. Loin du ton de menace ou de lamentation de nos politiques et de nos pédagogues, elles débouchent sur une mise en cause directe, ferme et humoristique à la fois, de la « civilisation ».
« Ni père, ni maître », telle pourrait être la formule de l’éducation harmonienne. Il s’agirait de faire travailler une petite fille gourmande d’abord dans une fabrique de confiture comme apprenti pour l’amener peut-être un jour à devenir chimiste (plutôt que de la mettre au pain et à l’eau). Il s’agit de canaliser et d’orienter les passions en vue du bien commun plutôt que de les asservir. Il s’agit de se rendre vraiment compte qu’« il n’y a qu’à convertir la violence en émulation et en enthousiasme ». Il s’agit d’inventer le nouvel ordre, le Nouveau Monde.
L’utopie - la force - de Fourier n’est autre que l’analyse des institutions et de leurs jargons divers, sa langue aussi précise et fine que caustique, est le pur si muove d’une révolution galiléenne des mœurs. Ici brille l’idée d’une autre enfance. Une enfance libre, majeure.
Les textes, inédits, de ce recueil sont issus des publications posthumes de La Phalange de 1851 et 1852.

Féminisme

  • 40 ans de slogans féministes : 1970/2010 / App, Corinne ; Faure-Fraisse, Anne-Marie ;Fraenkel, Béatrice. - Donnemarie-Dontilly : Editions IXe , c2011. - 1 vol. (243 p.) : ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 18 cm.

Les quelque 600 slogans ici rassemblés tracent le fil rouge des combats féministes en France entre 1970 et 2010. Paroles vivantes scandées, criées, chantées dans les manifestations, ces “mots de désordre” témoignent de la créativité sans cesse renouvelée des innombrables actrices d’une histoire collective. Ils restituent la spécificité de la culture militante du Mouvement de libération des femmes, l’inventivité et l’impertinent brassage des traditions de lutte qui furent d’emblée sa marque de fabrique.
Cette culture a ses ateliers et ses savoir-faire : forgés au coin d’une langue efficace qui joue volontiers de l’ironie et de l’absurde, les slogans sont aussi des oeuvres graphiques. Ils sont cousus ou dessinés sur des banderoles, collés sur des pancartes, peints sur les vêtements et jusque sur les corps, sur les visages, sur les mains. La manifestation féministe innove dans la longue histoire des rassemblements militants.
La centaine de photos qui rythme les textes présente les multiples facettes de cette contestation ludique et déterminée, réimaginée de manif en manif par celles qui descendent dans la rue revendiquer leurs droits et clamer leur liberté. 
Un dossier de textes propose des articles publiés à l’époque sur des manifestations “historiques”, des entretiens avec des militantes d’associations constituées au XXIe siècle, et précise les enjeux et les formes d’une mobilisation toujours actuelle.

  • Désobéir au sexisme / Les Désobéissants - Le Pré Saint-Gervais : Éd. le Passager clandestin , impr. 2011. - 1 vol. (62 p.) ; 16 cm. - (Désobéir) .

Un homme sur deux est une femme !
Les femmes sont encore trop souvent victimes de violences physiques et nombre d’entre elles en meurent chaque année. Inégales aux hommes devant le travail, dans le salaire comme dans la répartition des responsabilités, quoi que la loi en dise, elles sont aussi les plus pauvres d’entre les pauvres, condition qui s’aggrave quand sonne l’heure de la retraite. Leur travail gratuit, monotone et dévalorisé continue d’alimenter l’économie domestique, tandis que leur corps doit obéir aux injonctions masculines de plaire, au prix, souvent, de leur santé et de leur dignité. Mais les femmes n’ont jamais cessé de se battre, d’inventer les voies de leur émancipation, avec humour et détermination. Y compris, quand il le faut, en désobéissant.

Histoire

  • Ni valise ni cercueil : les pieds-noirs restés en Algérie après l’indépendance / Daum, Pierre, - Arles : Actes Sud , DL 2012. - 1 vol. (430 p.) : couv. ill. en coul. ; 24 cm. - (Archives du colonialisme) .

Le 5 juillet 1962, l’Algérie devient indépendante. Six cent mille Pieds-noirs ont déjà pris le chemin de l’exil, mais quatre cent mille restent. Au premier janvier 1963, plus de deux cent mille Européens et Juifs ne sont toujours pas partis, tentant le pari de l’Algérie algérienne. Ceux-là, qui les connaît ? Depuis un demi-siècle, les seules voix audibles sont celles des Rapatriés de 1962. Et parmi eux, qui entend-on le plus souvent ? Les plus nostalgiques de l’Algérie française, ceux qui affirment qu’ils sont “tous partis”, et qu’ils n’avaient le choix qu’entre “la valise ou le cercueil”. Or, ces affirmations sont fausses. La seule présence, attestée par les archives, de ces deux cent mille Pieds-noirs présents en Algérie en 1963, le prouve amplement.

Internationale

  • La flottille : solidarité internationale et piraterie d’État au large de Gaza / Sommer-Houdeville, Thomas, Auteur. - Paris : Zones-Éd. la Découverte , impr. 2011. - 1 vol. (191 p.) : couv. ill. ; 21 cm.

Au printemps 2010, depuis les ports de Grèce, de Chypre et de Turquie, plusieurs embarcations s’élancent vers Gaza, chargées d’aide humanitaire. C’est la « Flottille de la liberté ». Quelques jours plus tard, on dénombre neuf morts, abattus par les commandos de l’armée israélienne. Les images de l’assaut font la une des journaux. Que s’est-il passé ? Qui sont ces militants pro-Palestiniens ? Quelles étaient leurs motivations ? 
Dans ce livre-témoignage, Thomas Sommer-Houdeville, l’un des organisateurs, revient sur les événements tels qu’ils furent vécus par les membres de cette campagne de solidarité internationale d’un nouveau genre. Il fait le récit d’une aventure humaine où les petites histoires croisent sans cesse la grande. 
Depuis les premières réunions de préparation jusqu’à l’assaut meurtrier, on y voit se tisser les liens d’une coalition improbable, animée par des personnages hauts en couleurs : une ancienne prix Nobel de la paix irlandaise, des militants islamiques turcs, des altermondialistes américains, un écrivain suédois… Au-delà de leurs particularités, un combat les regroupe : la solidarité avec le peuple palestinien, devenu le symbole contemporain de la lutte contre l’oppression. 
En filigrane du témoignage, ce livre esquisse une réflexion sur ce que peut être l’engagement internationaliste aujourd’hui. Alors que semble s’imposer partout l’idéologie du « choc des civilisations », comment peut-on rebâtir concrètement les liens fragiles d’une solidarité internationale ?

Lutte armée

  • En catimini... : histoire et communiqués des Rote Zora. - [Paris ?] : WordPress.com , 2009. - 1 vol. (178 p.) ; 15 cm.

"En catimini..." est le premier ouvrage en français consacré aux Rote Zora. Ce groupe de femmes en armes a été actif de 1977 à 1995. Peu connu en France jusqu’à présent, il a pourtant marqué l’histoire du féminisme en RFA tout autant qu’il a suscité un vif intérêt au sein de l’autonomie allemande alors en ébullition.
Leur pertinence, leur mode d’organisation et leur capacité à agir en pleine période de répression font de leur histoire une expérience qui n’a rien perdu de son actualité.
Dans une première partie de l’ouvrage, deux textes reviennent sur trois décennies de politique sécuritaire et mettent en perspectives le parcours des Rote Zora et des Cellules révolutionnaires (RZ) auxquelles elles sont liées. Dans un second temps, la parole est donnée aux Rote Zora elles-mêmes au travers d’un texte de présentation de leur groupe, d’une interview et d’une sélection de communiqués d’actions. Ainsi, un tour d’horizon des multiples thématiques abordées témoigne de l’indissociabilité des luttes dans une perspective révolutionnaire.

Questions sociales

  • Pourquoi désobéir en démocratie ?/ Ogien, Albert ; Laugier, Sandra, - [Nouvelle éd.]. - Paris : La Découverte , impr. 2011. - 1 vol. (220 p.) : couv. ill. en coul. ; 19 cm. - (La Découverte poche. Sciences humaines et sociales) .

Les raisons de se révolter ne manquent pas. Mais en démocratie, s’engager dans un combat contre l’injustice, l’inégalité ou la domination est un geste qui doit s’exprimer sous une forme d’action politique acceptable. Parmi ces formes se trouve la désobéissance civile : elle consiste, pour le citoyen, à refuser, de façon non-violente, collective et publique, de remplir une obligation légale ou réglementaire parce qu’il la juge indigne ou illégitime, et parce qu’il ne s’y reconnaît pas. Cette forme d’action est souvent considérée avec méfiance : pour certains, elle ne serait que la réaction d’une conscience froissée, puisqu’elle n’est pas articulée à un projet de changement politique ; pour d’autres, elle mettrait la démocratie en danger en rendant légitime un type d’action dont l’objet pourrait être d’en finir avec l’État de droit.
Ce livre original, écrit par un sociologue et une philosophe, analyse le sens politique de la désobéissance, en l’articulant à une analyse approfondie des actes de désobéissance civile qui prolifèrent dans la France d’aujourd’hui -à l’école, à l’hôpital, à l’université, dans des entreprises, etc. Il montre comment ces actes s’ancrent avant tout dans un refus de la logique du résultat et de la performance qui s’impose aujourd’hui comme un mode de gouvernement. À la dépossession qui le menace - de son métier, de sa langue, de sa voix -, le citoyen ne peut alors répondre que par la désobéissance, dont le sens politique doit être pensé.

  • Retraites : l’heure de vérité / ATTAC ; Fondation Copernic - Paris : Syllepse , impr. 2010. - 1 vol. (172 p.) ; 19 cm. - (Arguments-mouvements) .

Depuis 1993, les « réformes » du système de retraites se suivent… et se ressemblent. Pour l’avenir, de nouvelles mesures s’apprêtent à remettre en cause le droit à la retraite à 60 ans et à rallonger encore la durée de cotisation des salariés du privé comme des fonctionnaires. Face à l’augmentation du nombre de retraités, il s’agit fondamentalement pour le gouvernement de baisser le montant des pensions.
La paupérisation des retraités est programmée. Le système par répartition basée sur la solidarité entre les générations est ainsi petit à petit vidé de son contenu.
Si l’objectif de le remplacer par un système par capitalisation a pris du plomb dans l’aile avec la succession de crises financières, il n’est cependant pas abandonné.
Des « réformes systémiques » du système par répartition sont, de plus, envisagées qui en transformeraient la logique avec l’instauration d’un régime à points ou à « comptes ». D’autres solutions existent pourtant, comme ce livre le montre, à condition de lever plusieurs tabous.
Elles supposent un nouveau partage de la richesse produite en s’attaquant aux revenus financiers,
ce qui est possible par l’augmentation des cotisations.
Elles supposent aussi un partage de l’emploi en cessant de focaliser sur l’augmentation de l’emploi des seniors, pour viser à réduire le chômage, notamment celui des jeunes, et à améliorer le taux d’emploi des femmes en même temps que leurs conditions d’emploi. Il s’agit donc de travailler moins longtemps et non pas plus quand la productivité augmente et de mieux répartir emplois et revenus.
Ce livre, qui s’appuie sur les chiffres du rapport d’avril 2010 du Conseil d’orientation des retraites (COR), en fait la démonstration.

  • Universités sous tension : retours sur la mobilisation contre la loi pour l’égalité des chances et le CPE. - Paris : Syllepse , DL 2011. - 1 vol. (190 p.) : photogr. ; 19 cm.

Cet ouvrage, coordonné par des militant-e-s de Sud-Étudiant, vise à produire, dans une démarche collective, un regard réflexif sur le mouvement contre le CPE et la loi dite pour l’« Égalité des chances » (LEC). Une des questions fondamentales posées par les mouvements sociaux est celle de leur naissance, de leur structuration et de leurs pratiques. Partant des pratiques les plus locales (des moyens d’actions tels que les blocages économiques ou les pratiques démocratiques dans les assemblées générales), les auteur-e-s s’intéressent aussi aux tensions qui ont existé entre les formes d’autoorganisation et la stratégie de l’intersyndicale nationale. Ces analyses s’appuient sur les contributions de syndicalistes, ainsi que sur des entretiens avec différents acteurs de la mobilisation (Annick Coupé, des militant-e-s lycéen-ne-s, etc). À l’opposé d’une fascination passéiste, l’ouvrage propose avant tout de réfléchir aux angles morts du mouvement de 2006. Il se nourrit ainsi de l’expérience accumulée lors du conflit de l’automne 2010. Il interroge aussi le « rendez-vous manqué » enSociologietre le mouvement social « traditionnel » et la jeunesse des quartiers populaires, puisque la LEC constituait la réponse gouvernementale au soulèvement des banlieues. En définitive, cet ouvrage constitue un outil dont l’objectif est bien de servir la réflexion militante sur les problèmes actuels auxquels se confrontent les mouvements sociaux, tout en proposant des pistes de réponses par l’évocation des pratiques de lutte. 

Sociologie

  • Le sociologue et l’historien / Bourdieu, Pierre ; Chartier, Roger - Marseille : Agone , impr. 2010. - 1 vol. (104 p.) ; 21 cm. - (Banc d’essais) .

En 1988, l’historien Roger Chartier reçoit le sociologue Pierre Bourdieu à France-Culture pour une série de cinq entretiens. Ce livre les reprend intégralement, avec une préface de Roger Chartier qui en restitue le contexte intellectuel et politique.
Dans un dialogue où se manifestent à la fois leur complicité et une claire conscience de leurs différences, le sociologue et l’historien confrontent les avancées et les problèmes de leurs deux disciplines, et leurs rôles respectifs dans la société. Ils analysent ensemble les illusions et les confusions répandues par les intellectuels-prophètes, qui font obstacle au rôle émancipateur de la sociologie et de l’histoire. Vingt ans après, leurs propos n’ont pas pris une ride.
On trouvera notamment dans ces entretiens, sous une forme concise particulièrement claire et pédagogique :
- la présentation de certains concepts fondamentaux de la pensée de Bourdieu, notamment ceux d’« habitus » et de « champ » ;
- des réponses percutantes à des objections (aujourd’hui encore) récurrentes sur son (prétendu) déterminisme, sur les (fausses) oppositions entre subjectivisme et objectivisme ou entre individu et société, etc., et contre le procès qui lui est fait de vouloir substituer son discours savant à la parole des dominés.

Stratégie

  • Incognito : Expériences qui défient l’identification ; In Incognito, Esperienze che sfidano l’identificazione. - Paris : Mutines Séditions ; Alès : Nux-vomica , 2011. - 120 p. - (Petite collection italienne ; 3) .

Voilà donc un "guide". Mais aussi une loupe, afin que notre regard puisse se poser avec une attention toujours plus complice sur les exploités qui n’ont même plus de nom, sur les bandits, sur les exilés. Mais aussi sur tous ces agitateurs insaisissables qui, à travers les mailles du filet enserrant la planète, poursuivent leur désir d’une vie libre et lui donnent corps.

  • L’art de la guerre : les treize articles / Sun, Zi, - [Nouvelle édition]. - Paris : Mille et une nuits , cop. 2000. - 1 vol. (126 p.) : ill., couv. ill. en coul. ; 15 cm. - (Mille et une nuits ; 122) .

"L’art de la guerre" par Sun Zi est historiquement le premier traité de stratégie au monde, rédigé aux alentours du Vè siècle avant J.-C. (il fut traduit en 1772 par le père J.-J. Amiot, jésuite). On ne sait rien de son auteur, Sun Zi, si ce n’est que son œuvre fut très vite considérée en Asie comme une référence. 
Cet ouvrage pose les préceptes fondamentaux de la guerre et de la politique. Référence incontournable pour de nombreux stratèges contemporains, ce livre est un extraordinaire traité sur l’art de la tromperie et du retournement.

  • Manuel de communication-guérilla / Autonome a.f.r.i.k.a.-grupp ; Blissett, Luther ; Brünzels, Sonja  ; Cyran Olivier, Adaptateur. - Paris : Zones-Éd. la Découverte , impr. 2011. - 1 vol. (177 p.) : couv. ill. ; 21 cm.

Guide d’intervention militante non-conventionnelle, ce livre expose la théorie et la pratique d’un activisme expérimental, mêlant engagement politique, pensée critique et action artistique. Loin des principes de la com’ publicitaire et du bourrage de crâne, ce manuel propose un arsenal de tactiques d’agitation joyeuse et de résistance ludique à l’oppression : détournements, camouflages, happenings, entartages, impostures médiatiques et canulars révélateurs… Dans la lignée des mouvements artistico-subversifs, inspirés par Dada et les Situationnistes, les auteurs revisitent les procédés de la critique sociale sur le mode de l’impertinence créatrice.

Théorie critique

  • Notes sur l’histoire : (1942) ; suivis de Karl Korsch (1886-1961), un cheminement politique par Serge Bricianer / Korsch, Karl. - Toulouse : Smolny , 2011. - 117 p.

Ces deux articles du philosophe et révolutionnaire allemand Karl Korsch (1886-1961) témoignent de la pertinence de sa réflexion sur ce que nous appellerions aujourd’hui l’« Histoire globale ». Appliquant son principe de spécification historique à l’histoire elle-même, Korsch analyse en matérialiste l’évolution qu’il constate dans les « sciences historiques ». Cet essai présente le basculement théorique d’une Histoire à visée universelle vers de nouvelles formes (institutionnalisées dans leurs versions démocratiques aussi bien que totalitaires) qui ne parviennent pas pour autant à rendre pleinement compte d’un processus historique qui, pour être « global », n’en reste pas moins « partie intégrante d’une structure de société donnée ».

  • La sainte ignorance : le temps de la religion sans culture / Roy, Olivier - Paris : Le Seuil , DL 2012. - 1 vol. (366 p.) : couv. ill. en coul. ; 19 cm. - (Points. Essais ; 679) .

Ce livre tente de montrer que la « crise des religions », visible à travers la poussée fondamentaliste, vient d’une disjonction croissante entre religion et culture(s). Le religieux demeure pour ainsi dire isolé, sorti des cultures traditionnelles où il est né, écarté des nouvelles cultures où il est censé s’intégrer. De cette schizophrénie naissent, selon O. Roy, la plupart des phénomènes religieux « déviants » qu’on peut observer aujourd’hui.
Il en résulte une approche très neuve du phénomène religieux, avec des questions essentielles reposées par notre actualité : quel rapport entre religion et culture, religion et civilisation ? Mais d’abord : qu’est-ce qu’une culture, une civilisation ? La culture doit-elle être en opposition ou en accord avec le fait religieux ? Que fait-on de la culture de celui qu’on veut convertir ? Que devient la religion de celui qui est déraciné de sa culture d’origine ? Comment la culture mondialisée transforme-t-elle le religieux ? De nombreux exemples, pris dans l’islam et le christianisme contemporain, illustrent une réflexion qui explique la conjoncture religieuse étrange de notre temps.

Théorie politique : Anarchisme

  • Os cangaceiros : janvier 85 - juin 87. - Paris : Os cangaceiros , 1987 ?. - 1 vol. (380 p.).

"Les gens qui affirment des exigences révolutionnaires passent pour des rêveurs. Mais l’homme est fait de la matière dont sont fait ses rêves. Nous sommes révolutionnaires. Os Cangaceiros veut dire : « tout est possible », « nous sommes en guerre », « rien n’est vrai, tout est permis ». Nous sommes nombreux, par rapport à l’atomisation régnante. On a beaucoup d’alliés de par le monde.
Notre programme est très ancien : vivre sans temps morts. Nous comptons bien sûr lui assurer sa publicité par le scandale. Notre existence en elle-même est déjà un scandale... Dans la guerre sociale, nul ne peut être dispensé."

Théorie politique : Marxisme

  • Introduction à l’économie politique / Luxemburg, Rosa ;Janover, Louis, Préfacier - [Nouvelle éd]. - Marseille : Agone , DL 2009. - 1 vol. (476 p.) ; 21 cm.

De 1907 à 1913, Rosa Luxemburg donne des cours d’économie politique à l’école du parti social-démocrate allemand. Alors que ce dernier se montre de plus en plus complaisant à l’égard d’un système qui conduit tout droit à la Première Guerre mondiale, Rosa Luxemburg fait ressortir les contradictions insurmontables du capitalisme, son inhumanité croissante, mais aussi son caractère transitoire. Appuyé sur les avancés scientifiques et critiques de son temps, son regard embrasse les formes d’organisations sociales les plus variées, depuis le « communisme primitif » jusqu’au dernier-né des modes d’exploitation, le capital « assoiffé de surtravail ». Dans ces leçons, qui s’inscrivent dans le droit-fil de la Critique de l’économie politique de Marx comme du Manifeste communiste, elle pose la question qui resurgit aujourd’hui avec plus d’insistance que jamais : socialisme ou chute dans la barbarie !

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