Une tribune pour les luttes

À Marseille

Big brother a encore perdu son oeil

Article mis en ligne le mardi 26 juin 2012

Article de La Marseillaise (19 juin) :

La Plaine. Un Charivari festif s’est transformé en vandalisme militant

Un long tube d’acier creux garni d’une corde à nœud coulant qui entoure, 6 métres plus haut, une couteuse caméra de vidéo-surveillance municipale (sur le Cours-Julien (6e). Ceux qui manipulent le tube, des troubadours de carnaval portant des masques rigolos, tirent ensemble sur la corde jusqu’à ce que la caméra céde. Un peu d’alcool, une allumette, Big Brother vient de perdre un œil.

Samedi après-midi, lors d’un charivari sur le secteur, sept caméras de vidéo-surveillance ont été endommagées, dont deux sévèrement par des casseurs militants. Le lien entre ces vandales et les organisateurs du défilé festif (déclaré en préfecture) n’est pas établi. Les deux personnes interpellées lors des échauffourées de fin de manif n’ont pas été inquiétées pour vandalisme.

L’exploitation des vidéos est en cours même si un policier reconnaît que « les gars étaient très malins ». Une banderole opaque dressée par exemple par des complices pour camoufler les actions aux caméras, celle des médias comme des vidéo-surveillance.

Ces dernières ayant été pour la plupart préalablement coiffées de sacs opaques toujours avec la technique du tube d’acier, les images des militants sont rares. « On y voit des types masqués qui cassent nos caméras » résume un policier. « Ils ont bien fait le boulot. » On y voit aussi ces mêmes troubadours danser autour d’un pylône pour mieux masquer ceux qui, accroupis, coupent les cables de transmission d’image (puis coulent du béton dessus).

Quant à la capacité de réaction en temps réel que sont censées donner ces caméras à la police, tant vantée par les autorités, les troubadours en rigolent encore. Les fameuses Vidéo-Patrouilles ne sont ni plus ni moins qu’une escroquerie intellectuelle. « Sil n’y a pas les effectifs sur le terrain, regrette un policier, on se contente de voir l’intervention qu’on va rater. » Lorsque les premiers policiers, à Noailles, arrivaient pour disperser la sauterie, tout nos joyeux ambulants jetaient leur matériel en un tas qu’ils embrasaient d’un coup, avant de se disperser cachés par un écran de fumée.
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Article 24/04/12 - Vidéosurveillance généralisée à Marseille : 1800 caméras en 2014

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2 Messages

  • Le 27 juin 2012 à 11:32, par

    Pourquoi ne pas demander au peuple de s’exprimer sur le bien fondé de ces caméras de vidéo surveillance, d’organiser ce qu’on appelle " un référendum" ? En voila une idée qui serait bonne, et je ne comprends pas que les "résistants" de La Plaine ne l’aient pas eu, cette idée !!! Il est vrai que le résultat pourrait ne pas confirmer leur prise de position violemment anti-vidéosurveillance ! On sait jamais, le peuple, parfois, il peut avoir des réactions étonnantes. Je m’interroge d’ailleurs, suite à un article du journal local, sur le fait que le journaleux se contentait de demander l’avis d’habitants du quartier très connotés "intello", à savoir un étudiant, en droit me semble t’il, une professeur des écoles et un écrivain public !! Qu’en pensent les autres habitants, commerçants, artisans, retraités, employés, ouvriers .... doit bien en avoir encore, sur La Plaine, quartier qualifié, à juste titre de "populaire" !! Et le CIQ, dans tout ça, c’est quand même pas un ramassis de beaufs et de fachos !! même si certains "résistants" l’affirment haut et fort !! on a les luttes qu’on mérite, valeureux camarades. Bon, ceci étant, on peux discuter de l’efficacité de la vidéosurveillance pour choper les petites crapules qui pourrissent la vie des Marseillais, même si quelques interpellations ont pu se faire grâce à ce système.

    • Le 27 juin 2012 à 22:50, par

      Chapeau les troubadours. Bravo à votre courage et votre inventivité !

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