Une tribune pour les luttes

Après avoir expulsé jeudi 13 juin les Rroms des Olives
lundi 17 le bidonville de Saint-Antoine

MARSEILLE
Ce matin, jeudi 20 juin, la police municipale a donné un arrêté d’insalubrité aux 400 personnes habitant le bidonville de la Capelette
L’arrêté est exécutable SANS DÉLAI

La requête du Référé Liberté pour les Roms de Saint-Antoine a été rejetée
Voir photos et articles de presse

Article mis en ligne le dimanche 23 juin 2013

Arrêté d’insalubrité

Où il est dit « Considérant l’existence d’un dispositif préfectoral de prise en charge des publics fragilisés en situation d’urgence » ...
Le dispositif préfectoral en question : LA RUE, LE TROTTOIR !


A regarder pour mieux comprendre. Mais la situation des expulsés de trottoirs en trottoirs depuis plusieurs années semble plutôt pire à Marseille !

Une vie de Roms
http://focus.tv5monde.com/uneviederoms/


La requête du Référé Liberté pour les Roms de Saint-Antoine a été rejetée : rien n’est accordé, ni pour les enfants et leurs mères, ni pour les personnes âgées, ni pour personne.
Alors que cette expulsion aura coûté des centaines de milliers d’euros, l’État a jugé qu’il n’avait pas les moyens financiers de trouver une solution d’hébergement, même pour quelques jours...


Il est important de montrer notre solidarité en étant au Tribunal, après le déploiement inoui des forces de l’ordre ce matin, pour expulser la trentaine de personnes, et détruire leurs caravanes, cabanes, affaires.

Le référé liberté pour les personnes expulsées aura lieu DEMAIN MARDI après-midi à 14 h au Tribunal Administratif 24 rue Breteuil

attention : en raison d’une erreur du greffe, le jugement aura lieu MARDI et non LUNDI

La Marseillaise du 19 juin 2013

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Ce matin, lundi, à 7h30, la police est arrivée (au moins 8 camions de Police) équipée de matraques, gaz lacrymogène, flash ball…

Et cela pour expulser les trente personnes qui restaient sur les lieux. Tous ceux qui avaient des caravanes et des camions étaient partis dans la nuit.

Samedi soir, il y avait eu sur les lieux un temps de fête. C’est cela l’Humanité.

Les 20-30 soutiens (Comité de solidarité Roms, RESF, Cimade, LDH, Rencontres Tsiganes...) que nous étions étaient répartis devant l’entrée et sur le terrain. Des paroles ont été tentées en direction des policiers.

Nous avons été poussés sur le côté, de nombreux policiers sont entrés, le nouveau préfet est arrivé, ainsi que les pelles mécaniques et des camions.

Les familles (il y avait plus de 15 enfants du nourrisson à l’adolescent) sont sorties en file avec ce qu’elles pouvaient porter (sacs, affaires de cuisine, appareils ménagers) après vérification d’identité, images poignantes.

Certains, voyant la démolition commencée des caravanes et constructions de bois ont voulu récupérer des couvertures, la police a été insensible à cette demande. Le préfet, après discussion, a accepté qu’ une ou deux personnes fasse en dernier voyage.

Tout un symbole ces 3 couvertures sorties en dernier... Les pères de famille ont d’abord fait valoir leur prix : 15 euros pièce. Et ce n’est pas rien ! Et pour nous c’est le symbole d’un droit bafoué, celui du logement.

La Marseillaise était présente, ainsi que d’autres journalistes.

Un communiqué sera rédigé dans la journée par les réseaux et associations.

D’autres complèteront ce témoignage.

Jean K.

Cliquez pour agrandir
Diaporama dans la galerie de Mille Bâbords.

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L’Humanité du 18 juin 2013

La justice sociale vaut pour tous

Par les collectifs de solidarité avec les Roms de Matrseille et Gardanne

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La Marseillaise du 18 juin

Le camp de l’avenue de Saint-Antoine a été démantelé hier matin par les autorités sans incidents.Les quelques 200 occupants se dispersent dans les bidonvilles du coin.
Nomade in Marseille
par Philippe Pujol

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Rendez-vous demain matin (lundi 17) dès 7 h au 60 avenue Saint-Antoine, 13015 (source Rencontres Tsiganes).
Soyons nombreux pour empêcher les violences que certains d’entre eux ont déjà subies aujourd’hui de la police, alors qu’ils avaient trouvé un nouveau lieu dont ils ont été expulsés violemment.

Le plus simple est de prendre le TER gare saint-charles et arret gare saint-antoine. Le bidonville est juste au-dessous de la gare. Il y a un trou dans le grillage pour y entrer (et ainsi éviter le barrage des flics).
les heures des trains au départ de saint-charles :
départs 6h45 - 7h05 - 7h35 - 7h45

Il y a aussi un parking près du 60.

Collectif Solidarité Roms Marseille


La police a débarqué jeudi sur le campement de Frais Vallon à 7h00, sous le prétexte de "mise en péril" : le campement, invisible pour les riverains, était au bord du Jarret, dont chacun sait "qu’il risque de déborder à tout moment"
Mais le motif réel leur a été clairement signifié : "plus de Rroms à Marseille et ordre de quitter le territoire français".
Des personnes expulsées dormaient encore sur le trottoir jusqu’à aujourd’hui vendredi près de la Maison de la solidarité de Frais Vallon qui leur avait rêté assistance la veille : 18 personnes : 7 adultes, 11 enfants. Ce matin, les enfants étaient exténués, pieds nus, leurs affaires ayant toutes été détruites.
Mais maintenant il y a plein de CRS, ce qui fait qu’ils sont partis autre part.
Le SAMU social et le 115 ont répondu qu’ils étaient "complets".


Des « invisibles » encore trop gênants pour avoir droit à l’abri
Myriam Guillaume

Insoupçonnable, le petit bidonville qui servait d’abri aux familles a été détruit dans la journée par Marseille Aménagement. Photo Migué Mariotti

La Marseillaise

http://www.lamarseillaise.fr/marseille/marseille-societe/item/21102-des-invisibles-encore-trop-genants-pour-avoir-droit-a-labri

Les forces de l’ordre ont débarqué jeudi 13 juin au matin dans un bidonville avenue des Olives, dans le 13e arrondissement de Marseille pour en « évacuer » la cinquantaine d’occupants, des familles roms, qui s’y étaient réfugiées depuis plusieurs mois.

«  On les voyait bien faire la manche aux feux tricolores sur le carrefour devant le fast-food, ou sur le parvis du métro de Frais Vallon mais leur campement était insoupçonnable  », témoigne un riverain, étonné de voir ainsi parents et enfants cherchant l’ombre sur le trottoir. En contre-bas de l’avenue des Olives, planquées sous les arbres qui bordent le jarret, quelques familles se sont en effet installées discrètement après leur expulsion l’automne dernier de sous la passerelle du métro, en bordure d’autoroute.

Passé une petite grille en fer, on dégringole sur les berges de la rivière et apparaissent une dizaine de petite baraques. Le petit Samuel cherche désespérément de quoi jouer tandis que sa mère, Maria fait le tri de ce qu’elle peut récupérer. Deux cantonniers de Marseille Aménagement envoyés par la Ville de Marseille commence à débarrasser le site en remplissant des sacs poubelles. Des renforts et une benne suivront pour les gros matériaux.

La traque reprend

Des membres du collectif solidarité roms, du Parti de Gauche, de Resf et d’Alternative libertaire sont venus en soutien aux familles. Après le passage de la police, Maria et son fils, Florin, Enca et leur quatre enfants ont filé au local de la Protection Maternelle Infantile du CG où les médecins et infirmières leur ont offert café, eau et quelques vivres. « Ils sont venus par réflexe car nous les suivons depuis quelques mois. Là, ça va encore compliquer leur situation et aucune solution humaine n’est proposée à ces familles » déplore la directrice de l’institution.

Florin a reçu une OQTF (obligation à quitter le territoire français) et explique : « Je suis venu après les grandes inondations en Roumanie en 2012 qui ont noyé notre terrain. Mais ici non plus il n’y a pas de maison pour nous, mais on trouve des vêtements et de la nourriture...tous les jours j’allais demandé du travail à Brico dépôt. » En vain, malgré l’allègement par la France en 2012 des restrictions en matière d’emploi pour les Roumains et Bulgares. Florin s’endette pour prendre le car du retour : «  c’est 100 euros par personne ».

D’autres expulsions sont programmées : le 17 juin aux Aygalades et début juillet au 91 boulevard de Plombières, sans compter La Capelette où vivent 400 Roms en sursis. Le nouveau gouvernement tente-t-il de battre le record de l’été 2010 où en 2 mois la France expulsait près d’un millier de Roms ?

Myriam Guillaume



Le traitement actuel des Roms est celui d’une Europe oublieuse de ses crimes

A l’est de l’Europe, en Grèce, l’organisation non gouvernementale Médecins du monde nous alerte sur les agressions et tortures racistes perpétrées par le parti Aube dorée, et autres milices d’extrême droite, à l’encontre de personnes de différence visible : ces crimes racistes en augmentation dans ce pays - plus de 150 cette année -, sont frappés d’impunité : les migrants sans papiers portent rarement plainte. A l’autre bout de l’Europe, en France, la police, avec des bulldozers, parfois montée à cheval, continue de raser les bidonvilles de Roms qui se sont multipliés en Seine-Saint-Denis par exemple, et chasse les familles qui tentaient d’y survivre. Des associations essayent d’aider les personnes se retrouvant à la rue, mais les problèmes sont énormes, ainsi comment aider cet enfant de 4 ans chassé de chez lui, qui a déjà eu deux arrêts cardiaques ?

Vu de loin, un bidonville a quelque chose d’effrayant pour le voisinage et les passants. Le spectacle de personnes assises par terre avec des enfants et de gros sacs, le teint parfois très gris, les femmes portant des foulards et les jeunes gens montrant en souriant leurs dents mal soignées, peut susciter un mouvement de répulsion. Mais à l’intérieur du bidon ville, des trésors d’ingéniosité bricoleuse sont mis en oeuvre pour la survie quotidienne. A quel prix de fatigue, d’insomnie, d’inventions techniques de fortune font-ils/elles face aux premières urgences : l’eau en premier, les lieux où faire ses besoins et bien sûr la nourriture. Il faut penser aussi à la lutte contre l’ennui mortel de l’enclavement, contre la violence de la fatigue, contre l’épouvante sourde que produisent tous ces regards torves autour de leur présence physique dans l’espace public - poids mortifère et menaçant que les enfants perçoivent avec l’acuité atroce des premières grandes douleurs incompréhensibles.

Les bulldozers n’écrasent pas pour la première fois, mais pour la énième fois, non seulement tous les biens restés dans l’habitat, mais aussi tout ce temps de travail, et enfin leur action saccage et déchire les liens sociaux tissés - les différences, les tensions menacent ici comme ailleurs. A chaque destruction, on ne revient pas à zéro, mais avant zéro. La répétition transforme l’épuisement et les vieux désespoirs inutiles et l’on désinvestit le fait d’être d’ici ou d’ailleurs. On tourne le regard vers le fond de l’oeil où risque de s’éteindre ce qui y scintillait.

Détruire sans cesse non seulement l’objet matériel, mais aussi le travail humain, et pas seulement l’habitat déjà considéré comme précaire, voire " insalubre ", c’est méconnaître qu’un lieu de vie existe ici, où des gens fabriquent du social ensemble.

Brûler, écraser, massacrer tout cela sous les yeux d’une famille que l’on met à la rue, et ce à chaque fois qu’ils reconstruisent, c’est une pratique barbare d’avant la démocratie. Mise à la rue, la famille traîne avec ballots et enfants. Le corps de la mère reste le seul habitat de l’enfant tout petit. Les hommes et les vieux, le blanc des yeux jaune, tournent dans la jungle de la ville : tous vivent dans un temps historique d’avant l’idée d’égalité.

De la Grèce, emblème historique de l’idée de démocratie, jusqu’à la France, pays de la révolution qui inscrivit les droits humains dans la Constitution, toute l’Europe est concernée. En ce début du XXIe siècle, les préjugés et les rejets contre les Roms s’aggravent, ce qui retentit sur leur situation sanitaire et sociale, malgré la richesse culturelle que représente leur différence dans notre monde global. Les mêmes Français qui " adorent la musique tzigane " les fuient quand ils les croisent.

Selon un mécanisme sociologique redoutable, la haine collective s’accroît envers ceux qui sont déjà en situation de vulnérabilité, lésés, blessés, par la pauvreté visible, par une maladie stigmatisante, la lèpre, le sida, par un statut politique, ou seulement culturel, d’infériorité, etc. Les riches méprisent les pauvres qu’ils ne croisent pas, et il les détestent quand ils les voient physiquement " surpeupler " dans un quartier. Lorsque la pauvreté d’un groupe se double d’une grande précarité politique, celle d’être migrant par exemple, la détestation collective contre eux s’accroît et se nourrit d’une production de rumeurs qui les définissent comme immondes et dangereux, de naissance, par essence, etc.

Actuellement, en Europe, ces leviers de formations haineuses planent au-dessus des têtes des migrants roms sans être clairement dénoncées par les autorités. Au contraire, on l’a vu en France. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’ y ait point de bandits, d’esclavagistes, de cinglés, de crétins machos, etc., chez eux comme ailleurs : mais les désigner en tant que victimes qualifie leur situation, et non pas leur morale.

Les Roms n’ont jamais bénéficié, dans la mémoire collective et européenne, de la reconnaissance de leur statut de victime du génocide nazi, contrairement à ce qui s’est passé pour les juifs, par exemple. Cette dernière injustice - stupéfiante - est l’une des condition historique de la vivacité du racisme qui pèse sur leur présence.

Elle permet de ne pas percevoir le vol collectif et permanent des fonds votés pour eux au niveau européen. Elle favorise aussi la non-visibilité, et donc l’impunité des crimes commis contre eux, par parfois des groupes de civils comme par les autorités. Cette formidable dénégation de l’histoire passée offre aux partis de droite " dure " (à la française) un levier facile et efficace de séduction populiste.

La crise économique qui frappe l’Europe se double alors d’une épreuve purement politique et éthique : le degré de civilisation d’un espace collectif est exactement défini par la façon dont sont traités les plus vulnérables des groupes sociaux.

Véronique Nahoum-Grappe

Anthropologue, présidente de la section de la Ligue des droits de l’homme de l’Ecole des hautes études en sciences sociales.

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2 Messages

  • Le 12 juin 2013 à 18:42, par Christiane

    Didier Réault est conseiller général et municipal UMP de Marseille (Bouches-du-Rhône). En twittant le lien d’un article d’Europe 1, qui annonçait que trois cocktails Molotov avaient été jetés dans la nuit de jeudi à vendredi contre des caravanes occupées par des familles Roms à Hellemmes (Nord), l’élu de la République a ajouté « Bientôt à Marseille #Capelette pour la même action ».
    #Capelette fait référence au quartier de la Capelette à Marseille où 200 Roms vivent dans un bidonville.

    L’élu n’a pas effacé son tweet comme le font de nombreuses autres personnalités sur Twitter, qui n’assument pas leur propos. Didier Réault a au contraire ferraillé sur son compte, dénonçant les « #bienpensants ». Réault s’est également félicité du soutien de la députée UMP, Valérie Boyer, qui a effectivement relayé quelques-uns de ses messages.

    Le tweet anti-Roms, vu par beaucoup comme un appel au meurtre, a déclenché de nombreuses réactions. Ainsi celle de cet écologiste :
    @DidierReault donc, dans la même journée, vs aurez craché sur la tombe d’un gamin de 19 ans, et appelé à un pogrom anti-roms. #HonteAvous
    6:25 PM - 8 Juin 2013

    Quelques heures avant son tweet sur les Roms, Didier Réault avait en effet évoqué en termes violents la mort de Clément Méric "l’abject @samuelbotton c’est de faire passer ce #meric pour 1 saint" et disant que ce jeune antifasciste et humaniste assassiné cherchait la merde".

    l’abject @samuelbotton c’est de faire passer ce #meric pour 1 saint ! En réalité, il vient des #trotsko #anarcho #gaucho et cherche la merde
    — Didier Reault (@DidierReault) June 8, 2013

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  • Le 12 juin 2013 à 19:31, par Christiane

    "Dix Roms, c’est déjà trop", dit un député UMP

    La veille, le concurrent UMP du maire sortant Jean-Claide Gaudin, le député Guy Teissier, était venu rendre visite aux résidents de la Capelette. Il avait tenu des propos très durs envers les Roms, indique marsactu.fr, estimant que "2 000 Roms" présents dans cette ville, c’était "trop". "Même s’ils étaient dix, c’est encore trop", selon lui.

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