Une tribune pour les luttes

MARSEILLE L’EXPOSITION

Article mis en ligne le jeudi 15 septembre 2005

Depuis deux générations, au moins, les intellectuels d’ici consacrent tous leur énergie
à la question de savoir comment envisager l’étranger ?

De plus, bon nombre d’éditeurs imbéciles attendent confiants leurs réponses.

La rue se partage entre les enfants du peuple, les marchés aux puces, les échoués de tous bords, les loosers, et les petits truands que coursent, autant qu’ils le peuvent, des flics incognito.
Tout ce vivant théâtre a pour public, en les terrasses de bars et restaurants, l’œil éteint et précieux de privilégiés secrètement égoïstes et juges.

Les relents de misère africaine et autres pays du tiers débordent des petites ruelles populaires des bas quartiers, pour gagner progressivement l’eldorado du centre ville.
Les consommateurs, eux, achètent pour leurrer un moment leur blues, et se déplacent énergiquement entres les boutiques de marque.

Entre autre, la culture française est, elle, au théâtre où les subventions circulent entre collèges. les idées n’existent pas. On dit vouloir des moyens pour défendre le patrimoine.
Entre ces chapelles dévouée on se regarde, jalousement avec le sourire, comme des gros reptiles dans une petite mare.

L’art administratif culturel est ici commandeur et maître, il a deux volontés ; exploiter l’image cosmopolite et populaire de la ville, et amasser du bien pour vivre bourgeoisement.

Le vendredi soir, après une semaine de production de caquetages aux bureaux, les citoyens, les artistes scolarisés et les journalistes font la queue joyeux et hystériques, face aux billetteries des salles de cinéma expérimental.
Honnêtement toute cette présence propre et vulgaire est exactement l’horreur,
une abjection à l’entendement..

BOUTERFAS

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