Une tribune pour les luttes

Nous sommes tous des enfants de 68

Article mis en ligne le dimanche 6 mai 2007

Cris de joie, de douleur, de vie, d’horreur, de plaisir...
¬ Les soixante-huitards en pétard

"Nous refusons de devenir des professeurs au service de la sélection dans l’enseignement dont les enfants de la classe ouvrière font les frais ; des sociologues fabricants de slogans pour les campagnes électorales gouvernementales ; des psychologues chargés de faire "fonctionner" les "équipes de travailleurs" selon les intérêts des patrons ; des scientifiques dont le travail de recherche sera utilisé selon les intérêts exclusifs de l’économie de profit."

Extrait du Tract du "Mouvement du 22 mars" - 4 mai 1968.

Nous sommes tous des enfants de 68

Que nous ayons aujourd’hui 60 ; 50, 40, 30 ou 20 ans

Que nous ayons humé les lacrymos du Quartie Latin ou pas

Que nous ayons chanté Joan Baez et la paix au Viet Nam ou pas

Que nous ayons occupé la Sorbonne ou pas

Que nous ayons été piquet de grève dans les usines ou pas

Nous avons tous un jour demandé l’impossible.

Nous sommes tous des enfants de 68

Que nous ayons été beatnik, hippie, punk, rasta, grunge ou rappeur

Que nous ayons lu Debord, Deleuze et Foucauld ou pas

Que nous soyons françaisEs de souche, ou de première,-deuxième- troisième génération,

Que nous soyons ensuite devenus paysans, ouvriers, fonctionnaires, patrons, intellectuels ou politiciens,

Que nous ayons opté pour le salariat, l’entreprise ou la libre activité,

Que nous ayons vécu dans le 16ème, dans les quartiers ou en province,

Que nous soyons aujourd’hui riches, aisés, précaires ou démunis,

Que nous soyons de droite, du centre ou de gauche,

Nous avons tous un jour rêvé l’impossible.
Nous sommes tous des enfants de 68.

Les évènements de 68 sont notre vécu, notre histoire commune, notre mémoire.

Ils ont été une tornade d’air frais nécessaire, une saine révolte contre un ordre et une morale rigide, et une joyeuse insurrection de la pensée contre une société où l’argent-roi, la télévision et la publicité dictaient déjà leurs lois.

Ils ont été un rêve, une aventure, une histoire qui se raconte, parfois une nostalgie pour ceux qui les ont vécus.
Ils sont et resteront un fragment d’histoire, une référence, une curiosité, une interrogation, un doute parfois pour ceux qui sont venus après.

Mai 68 est à la fois une réalité, la nôtre, et un mythe. Un esprit qui a soufflé sur nous pendant quelques mois et influé sur le cours des choses pendant quatre décennies.

Mr Sarkozy pense peut-être possible d’éradiquer la délinquance, de karchériser les banlieues.

Mais jamais il ne pourra "liquider une bonne fois pour toutes" l’esprit de Mai 68, ses valeurs et son héritage.

A ce liquidateur des bonnes oeuvres, nous disons : Vous ne liquiderez pas notre histoire, vous n’effacerez pas notre mémoire.

Vous ne nous imposerez pas une pensée qui n’est pas la nôtre, sauf à devoir nous "liquider" tous, nous les enfants de 68.

Ne rêvez pas l’impossible, nous ne vous laisserons pas faire.

Les soixante-huitards en pétard

4 Mai 2007

http://www.hns-info.net/article.php3 ?id_article=11185

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