Une tribune pour les luttes

Relance du nucléaire sans débat démocratique,

COMMUNIQUE COORDINATION CIGEO/BURE STOP

Article mis en ligne le samedi 12 février 2022

Relance du nucléaire sans débat démocratique,
Macron assoit son "rêve de grandeur"
sur une montagne de déchets radioactifs

Emmanuel Macron, alors qu’il n’est toujours pas déclaré candidat, annonce ce jour le renouveau du nucléaire, sur un quasi désastre : faillite financière d’EDF, fermeture d’au moins 10 réacteurs pour défaut de sécurité, manque d’approvisionnement et hausse des coûts de l’électricité. Il fait l’impasse totale sur l’impossible gestion des déchets atomiques, une imprudence quasi criminelle envers les générations qui vont nous succéder.

Pas un mot sur l’absence de solution aux déchets les plus dangereux
Une fois de plus, Macron parle de nucléaire sans un mot sur les déchets radioactifs. Le talon d’Achille de la filière est encore le sujet absent du discours !

Le projet Cigéo (Meuse/Haute-Marne) n’en finit pas de démontrer son infaisabilité, tant technologique que financière. D’immenses incertitudes demeurent et pourtant Macron n’y fait aucune allusion.

L’implantation de "Cigéos" supplémentaires se passerait-elle aussi de débat démocratique ? A moins que les territoires de Meuse et Haute-Marne ne soient déjà prévus pour absorber le surplus de déchets à venir ?
Au moins une trentaine de sites en France ont été pressentis ou approchés depuis les années 1970 pour accueillir un centre d’enfouissement des déchets à vie longue dans leur sous-sol. Partout le projet a déclenché de très fortes oppositions, aboutissant au retrait pur et simple de l’Andra sur ces territoires. Le message a été pourtant clair : la population française ne veut pas du stockage géologique "ni ici, ni ailleurs". Et la mobilisation contre Cigéo à Bure (Meuse/Haute-Marne) ne faiblit pas, malgré les moyens répressifs grandissants sur le territoire.

Le plan de relance du nucléaire dévoilé à Belfort risque de nous mettre dans un sacré pétrin
Son obsession nucléaire pourrait nous faire définitivement manquer le rendez-vous avec l’urgence climatique. Alors que le Président agite l’objectif de la neutralité carbone, son propre bilan est loin d’honorer son discours : cinq ans après le début de son mandat, la France est le seul pays d’Europe qui n’a pas atteint ses engagements en matière de développement d’énergies renouvelables. L’intégralité des scénarios de RTE confirme qu’un monde décarboné n’est atteignable que s’il existe un fort développement des énergies renouvelables. Or, entre nucléaire et énergies renouvelables, le gouvernement a choisi ! A deux mois des présidentielles, derrière quelques effets d’annonce à travers lesquels il affiche une posture écologique de circonstances (doter la France de 50 parcs éoliens en mer, multiplier par 10 le solaire...) alors qu’il s’est assis sur la loi énergie-climat de 2019 qui prévoyait de réduire la dépendance au nucléaire en programmant la fermeture de 12 réacteurs nucléaires, le Président continue tête baissée de miser sur l’atome.

Un discours à l’esbrouffe
Son mandat nous laisse un développement des énergies renouvelables plus que moribond et une filière nucléaire au bout du rouleau : 11 réacteurs à l’arrêt (et RTE prévoit 17 réacteurs à l’arrêt en mars), EDF lestée d’une dette de 42 milliards d’euros, production électrique du niveau d’il y a 30 ans et on en passe. Il sera impossible de sortir de ce cauchemar industriel et financier sans abandonner le nucléaire. Contrairement à ce qu’il prétend, il n’y aura pas de sobriété énergétique "avec l’électrification de toutes nos pratiques" et en maintenant une haute part de nucléaire dans la production d’électricité française.

Aujourd’hui, Macron dit vouloir "construire six réacteurs nucléaires EPR 2 pour une mise en service en 2035" et "lancer des études sur la construction de huit EPR 2 additionnels", sauf qu’un nouveau parc nucléaire ne sera jamais construit rapidement et à moindre coût. Même l’exécutif le sait : un document interministériel avait fuité en octobre 2021 dans lequel le gouvernement comptait plutôt sur la mise en service de la première paire de réacteurs en 2042–43, voire après 45 ! Contrairement à ce que vient d’annoncer Macron, ces EPR2 sont déjà hors délais et la planification réaliste du nucléaire illusoire !

La Coordination Cigéo/Bure STOP appelle chaque candidat.e à la présidence du pays à s’opposer à tout nouveau projet nucléaire, ainsi qu’à prendre urgemment la décision de stopper cette filière et la production de déchets qui va avec. L’avenir est dans la sobriété, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables.

P.-S.

COMMUNIQUE COORDINATION CIGEO/BURE STOP

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