Une tribune pour les luttes

jeudi 25 juillet 2024

Quercy

14 h

dans les coteaux du Quercy, à trente minutes au nord de Montauban ou au sud de Cahors, à une heure de Toulouse.

Les rencontres libertaires

LES RENCONTRES LIBERTAIRES que l’OCL propose chaque été sont prévues
cette année du mardi 23 au dimanche 28 juillet inclus – dans les coteaux
du Quercy, à trente minutes au nord de Montauban ou au sud de Cahors, à
une heure de Toulouse.

Elles sont un espace d’échanges sur nos investissements militants, c’est
pourquoi elles sont ouvertes à toutes les personnes que les débats
prévus intéressent ; dans les espaces laissés libres par le programme,
d’autres discussions pourront être proposées pour partager une
expérience ou présenter une lutte particulière.
Nous camperons sur le terrain arboré d’un gîte du Quercy, et nous
bénéficierons de ses installations pour collectivités. Il y aura
également là des tables de presse, ainsi qu’une vidéothèque composée de
films sur des luttes d’hier et d’aujourd’hui. En ce qui concerne la vie
quotidienne et la gestion des rencontres, les repas et le ménage seront
assurés par des équipes tournantes qui changeront chaque jour.
Les tarifs pour les repas et la participation aux frais de location des
lieux seront établis en fonction des revenus (à partir d’un prix
plancher quotidien de 7 euros par adulte), et 5 euros par jour seront
demandés pour un enfant.
Afin de faciliter la confection des repas et votre accueil, nous vous
demanderons de nous prévenir de votre arrivée en téléphonant
(06-16-93-07-28) au moins vingt-quatre heures à l’avance.
Si vous venez en train, nous irons vous chercher à la gare de
Montauban.

NB : Le programme ci dessous est susceptible d’être modifié d’ici le
camping, nous vous invitons donc à consulter réfulièrement le site
oclibertaire.lautre.net et le prochain numéro de Courant Alternatif pour
en avoir la version définitive.

Mardi 23 juillet
Après-midi : Kanaky
Après 170 ans de colonisation, le peuple kanak résiste toujours pour son
autodétermination et sa liberté. Le processus de décolonisation signé
par l’accord de Nouméa reste inachevé, malgré la volonté de l’État
colonial d’imposer unilatéralement une sortie de celui-ci, après avoir
volé le dernier référendum d’autodétermination. Les mobilisations de ce
printemps contre la loi sur le dégel du corps électoral marquent un
tournant historique. Les inégalités sociales, le racisme, la justice
coloniale sont les réalités d’une jeunesse populaire kanake qui s’est
soulevée dans la capitale pour empêcher le pouvoir colonial d’ouvrir le
vote à la classe bourgeoise de colons métropolitains arrivés il y a
seulement dix ans. Répression féroce, milices fascistes, état
d’urgence... : 2024 est un moment clé de la lutte pour une Kanaky libre,
dans un contexte colonial de pression sur l’économie minière et de
militarisation française dans le Pacifique.

Soirée : Les émeutes suite au meurtre de Nahel
À la suite d’un énième meurtre raciste de la police dans une cité
ouvrière, plusieurs nuits de révolte ont secoué la normalité capitaliste
et étatique : attaques contre des institutions publiques (préfectures,
mairies, conseils départementaux, etc.), de permanences parlementaires,
incendies ou dégradations de milliers de bâtiments (police, gendarmerie,
mairies, écoles), pillages…, le tout pour un milliard d’euros. Si cette
révolte sans intermédiaires et sans concession ne peut être comprise que
dans le cadre d’une lutte des classes radicalisée d’une partie
particulièrement précaire du prolétariat urbain, elle a néanmoins ses
limites dans son caractère éphémère, dans la faible proportion des
habitants qui peuvent s’y impliquer, et dans l’absence de perspectives
politiques durables qui y sont rattachées. Comment la situation des
banlieues ouvrières a-t-elle évolué par rapport à 2005 ? Que disent ces
révoltes de la lutte des classes aujourd’hui ? Quelles solidarités
tisser ?

mercredi 24 juillet

Après-midi : Contre l’aménagement capitaliste du territoire
Depuis plusieurs années et l’opposition au projet d’aéroport de NDDL,
les luttes dites « écologistes » ont pris une nouvelle dimension. La
palette de cibles qu’elles attaquent s’est élargie vers des aspects de
la domination capitaliste qui concernent de plus en plus de monde. Elles
ont tendance à sortir d’une stratégie consistant d’un côté à faire
pression sur les gouvernants pour réclamer des mesures générales en vue
de « sauver » la planète et, de l’autre, à se contenter de comportements
individuels vertueux. En dehors d’un « macro » inaccessible et
politicien et d’un « micro » moraliste et inefficace, le mouvement
anti-bassines comme tous ceux qui sont liés à l’aménagement capitaliste
du territoire marquent une volonté de réappropriation directe d’un
espace bien réel, connu de tous et toutes et maîtrisable. Différents
regroupements et collectifs locaux se sont créés ces dernières années
qui illustrent la diversité des sensibilités qui animent ce mouvement.
Nous y participons avec nos spécificités anticapitalistes et
internationalistes et y voyons une possibilité que dans la situation
actuelle elles participent à une renaissance de la conscience de classe
d’un prolétariat atomisé par les restructurations capitalistes.

Soirée : Agriculture
Tant le dernier mouvement des agriculteurs que le mouvement contre les
méga-bassines ont démontré que la lutte des classes traversait le monde
agricole. La question agraire, c’est-à-dire de l’utilisation des terres
pour produire la nourriture indispensable à notre survie est au cœur de
tout projet de transformation des rapports sociaux. Qui possède, qui
produit, qui contrôle et pour qui ? Des questions qui concerne toute la
planète et qui interrogent une industrialisation de l’ensemble de la vie
qui semble ne pas vouloir s’arrêter.

Jeudi 25 juillet
Après-midi : Présentation du livre Les leurres postmodernes contre la
réalité sociale des femmes par son auteure, Vanina
Dans les années 80 et 90 s’est déroulée, aux États-Unis puis ailleurs
dans le monde, une véritable contre-révolution idéologique avec
l’apparition de deux courants de pensée : le néolibéralisme, porté par
une droite dure, et le postmodernisme, émanant d’une gauche déçue par le
« communisme » soviétique. Vanina étudie ce qui a fait le succès de
cette contre-révolution ; et elle critique les effets des théories sur
le genre issues du postmodernisme, en ce qui concerne la lutte contre
l’oppression patriarcale et contre l’exploitation capitaliste.

Soirée : Montée du fascisme en Europe ?
Il y a actuellement en France et dans beaucoup de pays du monde une
montée des partis d’extrême droite. Beaucoup sont qualifiés de
fascistes. Nous nous devons d’avoir une approche matérialiste. Au même
titre que nous ne confondons pas le discours des appareils politiques
dits de gauche avec leur pratique réelle au gouvernement (où ils
trahissent toutes les promesses faites), nous nous devons de
différencier le discours des partis d’extrême droite de leurs pratiques
dans des gouvernements. Il faut en conséquence être à même de pouvoir
caractériser ce qu’est un régime fasciste pour pouvoir le différencier
d’un régime d’extrême droite ; car à tout confondre, on risque de
proposer des axes militants erronés. Nous reviendrons donc sur cette
différence pour essayer comprendre les enjeux politiques actuels.

Vendredi 26 juillet
Après-midi : Pas de débat prévu à l’avance. Discussions informelles.

Soirée : Commission Journal de Courant Alternatif, 1re partie

Samedi 27 juillet

Après-midi : Contre le traitement social et politique des immigré.es en
France et en Europe, quelles luttes mener ?
Le rôle des dernières lois françaises et européennes pour contrôler et
entraver les déplacements de personnes étrangères pauvres, pour
fabriquer des sans-papiers et instaurer sur eux.elles une pression
permanente afin qu’ils.elles acceptent leur assignation à la
surexploitation
L’utilisation médiatique de l’immigration dans la surenchère de la
rigueur, du sécuritaire, de l’exclusion et du racisme.
Quelles luttes mener qui soient solidaires (pas seulement humanitaires)
et émancipatrices ?

Soirée : Palestine
Avec Emilio Minassian, correcteur de métier, de formation marxiste
"autonome", ayant beaucoup voyagé en Cisjordanie ces vingt dernières
années, co-auteur du livre "La Révolte des Gilets jaunes, histoire d’une
lutte des classes" aux éditions Niet !

Dans cette discussion, nous chercherons à développer une approche en
termes de classes des antagonismes en Israël-Palestine, à distance des
lectures en termes de "peuples".

Quelques thèmes qui seront abordés :
• Processus politiques et sociaux consécutifs à la deuxième Intifada :
une victoire des directions politiques palestiniennes sur l’autonomie de
luttes
• La coopération économique et sécuritaire entre l’Autorité
palestinienne et Israël : un appareil répressif israélo-palestinien
conjoint.
• "Dedans" (Israël) et "dehors" (les Territoires) : les circulations des
travailleurs palestiniens de Cisjordanie, l’expérience de
l’exploitation.
• Retour sur l’histoire du zonage et de l’ethnicisation de la force de
travail en Israël-Palestine
• Le prolétariat des camps de réfugiés et la lutte armée "sans parti" :
luttes pour l’accès aux rentes politiques / luttes de classes / logiques
de vengeance
• Hamas et Fatah : quelles contradictions sociales traversent les partis
politiques palestiniens ?

Dimanche 28 juillet
Après-midi : Toutes et tous des terroristes ?
En 1986, Charles Pasqua, ex-patron du SAC (Service d’action civique,
milice gaulliste spécialisée dans la chasse aux militants après 68)
devenu Ministre de l’Intérieur déclarait son intention de « terroriser
les terroristes ». Aujourd’hui Gérald Darmanin, ex-sympathisant de
l’Action française (Organisation royaliste contre révolutionnaire)
décrète depuis la place Beauveau la guerre aux « éco-terroristes » et la
dissolution de leurs organisations. Si Pasqua ciblait les groupes
révolutionnaires pratiquant la lutte armée, la figure du terroriste est
aujourd’hui celle de l’islamiste, de l’ultra gauchiste, de l’activiste
écolo, ou selon les besoins politiques celle de Gilets jaunes par trop
énervés ou de syndicalistes CGT sensibles à la cause Palestinienne... En
4 décennies, grâce à des lois visant initialement les réfugiés basques
ou les migrants, l’antiterrorisme s’est mué d’instrument de répression
en mode de gouvernance. De couvre-feux en confinements, sous prétexte
d’émeutes, d’attentats, de trouble à l’ordre public ou d’épidémie, les
lois d’exception sont devenues permanentes. Faut-il craindre une « 
terreur d’Etat » ou existe-t-il encore des moyens de résister à la « 
terrorisation démocratique ».

Soirée : Commission Journal de Courant Alternatif, 2e partie

Plus d’infos a venir sur https://oclibertaire.lautre.net/

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