Une tribune pour les luttes

samedi 13 juillet 2024

AIX-EN-PROVENCE

11 h 30

place de la Rotonde à l’orée des Allées Provençales.

Cercle de silence

Le sursaut républicain de dimanche dernier 7 juillet ouvre quelques modestes espoirs pour l’avenir des migrants en France mais il est tout de même triste de constater, en raison principalement d’un non-désistement obstiné, que seule la partie ouest de la ville d’Aix-en-Provence, avec l’élection de Marc Pena, est à l’unisson de ce frémissement humanitaire.

Un frémissement seulement, car si dans les programmes qui ont attiré un vote majoritaire dans notre cher pays il est fait état d’une redistribution plus équitable des richesses produites et de l’abrogation de certaines décisions socialement injustes, il n’a malheureusement pas été question explicitement d’une annulation de l’intolérable loi immigration intégration asile promulguée en janvier dernier, ni d’une modification radicale du code de l’entrée et du séjour des étrangers et demandeurs d’asile (CESEDA) afin de permettre un accueil digne et fraternel des exilés.

Il faudrait que le prochain gouvernement s’inspire fortement à ce sujet de ce que 10 maires de la Seine Saint-Denis ont déclaré dans leur Lettre ouverte à nos compatriotes publiée le 4 juillet dans la Huffington Post.

En voici quelques extraits :

« Nous, Maires de Seine-Saint-Denis, souhaitons ce jour vous écrire. Nous souhaitons vous écrire, car notre territoire, notre département et nos habitants sont au cœur de la rhétorique de l’extrême droite et de Jordan Bardella. Nous sommes la pure représentation de leur fantasme du grand remplacement. Ils mobilisent constamment chez vous, nos chers compatriotes, la colère et la peur. Peur face à un monde qui est de plus en plus inégalitaire, qui exclut et sur lequel nous avons la sensation de ne pas avoir de prise. Colère face à certains faits divers, événements, montés souvent en épingle. Vous l’avez sans doute entendu comme nous, pour le RN et monsieur Bardella, tout est toujours simple, il faudrait plus d’autorité et toujours moins d’immigrés.

[...] Alors nous allons vous parler de nous. Nous sommes un territoire particulier. Nous jouons un rôle d’accueil international majeur. Nous comptons parmi nous 30 % d’immigrés, soit le taux le plus fort de France et nous vivons bien. Les communautés culturelles, religieuses, se parlent, s’écoutent et surtout se respectent dans leur commune dignité.

Mais au-delà, nous sommes contributeurs nets à la richesse nationale, nous produisons plus que nous ne recevons. Cyniquement, on pourrait dire que les ouvriers immigrés de Seine-Saint-Denis financent les retraites des électeurs de Messieurs Bardella et Ciotti. Notre territoire, il fourmille de talents, dans tous les domaines sportifs, culturels, économiques, il parle plus de 160 langues. Il crée chaque année plus de 30 000 entreprises ; l’Économie Sociale et Solidaire, cette économie de la réparation de l’homme et du vivant y est en plein développement. Notre territoire, c’est avant tout une chaîne infinie de solidarité. Face aux difficultés, ses habitants fourmillent d’idées et d’entraide pour vivre mieux.

[...] Nous voulons vous écrire pour vous dire que le métissage produit une rencontre féconde entre des cultures et des imaginaires pour en former de nouveaux. La France, par son histoire, par la nature même de sa construction politique, est une terre d’accueil et de dialogue. Car la France n’est pas une communauté de sang, mais bien une communauté de destin.

Ici se dessine une France que vous ne devez pas craindre car elle est vivante, solidaire et enthousiasmante ».

Remarquons que c’est aussi ce que l’on peut constater dans la plupart les territoires d’outremer, sauf à Mayotte qui souffre toujours du visa Balladur instauré en 1994 et en Kanaky où le précédent gouvernement a tout fait pour attiser les dissensions entre communautés.

Nous vous donnons rendez-vous samedi prochain 13 juillet, de 11h30 à midi, place de la Rotonde à l’orée des Allées Provençales.

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