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Les mots ont un sens

Attentat de Karachi : de la fable au scandale d’Etat

Article mis en ligne le samedi 27 juin 2009

Avec les liens
http://www.lesmotsontunsens.com/att...


25 juin 2009 par Napakatbra

L’attentat de Karachi de mai 2002 a couté la vie à 14 employés de la Direction des constructions navales (DCN) : 11 français et 3 pakistanais. Conséquence de l’arrêt du versement de pots-de-vin de la France au Pakistan ? C’est la piste privilégiée par les juges antiterroristes qui mènent l’enquête. Sarkozy n’en mène pas large...

" Grotesque", "ridicule ", "respectons la douleur des victimes. Qui peut croire une fable pareille ?", a répondu Nicolas Sarkozy, interrogé sur cette affaire de Karachi. "On est dans un monde où la notion de secret d’Etat n’existe plus" a-t-il ajouté. Intéressant... au moment même où l’Etat s’emploie à élargir la notion juridique du "secret défense". En bref, "si c’était vrai, ça se saurait", pour Sarkozy... Et si ça se sait, c’est forcément que c’est faux. Circulez...

Acte I : un bien étrange contrat...

En 1994, l’Etat français vend trois sous-marins Agosta au Pakistan... à perte ! Dès le début, la DCN, qui était alors une émanation directe du ministère français de la Défense, savait que le contrat ne rapporterait rien. Pire, il allait coûter de l’argent : entre 47 et 99 millions d’euros, selon deux notes internes de la DCN, datées du 24 juin et 3 août 1994 (éléments publiés par la Cour des Comptes en 2005). Qu’à cela ne tienne, le contrat était tout de même signé, le 21 septembre 1994, par François Léotard. Edouard Balladur était alors premier ministre, et Nicolas Sarkozy son ministre du Budget.


Acte II : l’enquête pakistanaise

Début 2002, selon Libération, la Cour des comptes pakistanaise boucle son enquête sur des pactes de corruption passés entre des officiers pakistanais et des responsables français pour obtenir la signature du contrat. Le 30 janvier 2002, lors d’une audience publique, l’amiral en chef de la marine, Mansur ul-Haq, plaide coupable pour avoir reçu des Français près de 7 millions de dollars en guise de remerciement. Le chef du service de renseignement de la marine pakistanaise écope de sept ans de prison, et un capitaine de trois ans de prison. En France, on ne pipe mot.

Acte III : Attentat de Karachi

Le 8 mai 2002, 11 employés ou sous-traitants de la Direction des constructions navales (DCN) et 3 de leurs accompagnateurs pakistanais sont tués dans l’explosion de leur bus, à Karachi.


Acte IV : L’enquête française

En juin 2009, l’affaire éclate. Et les révélations se succèdent. Au départ, c’est l’avocat de sept familles de victimes, Me Olivier Morice, qui dévoile, jeudi 18 juin que selon les juges antiterroristes Marc Trévidic et Yves Jannier, "la piste Al-Qaïda est totalement abandonnée". Ils révèlent à la même occasion que le mobile de l’attentat apparaît maintenant "lié à un arrêt des versements de commissions" de la France au Pakistan, dans le cadre de la vente des sous-marins Agosta. "Tout remonte au refus de Jacques Chirac, en 1996, de verser les commissions liées à la vente de sous-marins, lorsqu’il apprend qu’il existe des rétro-commissions destinées à son rival Edouard Balladur", a déclaré l’avocat. Ce qu’a confirmé Charles Millon, ancien ministre de la Défense de Jacques Chirac

Et Liberation - sous la plume de Guillaume Dasquié - d’en rajouter une couche, jeudi 25 juin 2009. Le 2 septembre 2002, Philippe Japiot, patron de la branche internationale de la DCN, a écrit au juge Jean-Louis Bruguière : "C’est parce que DCN-International a conclu et mené à bien le contrat du 21 septembre 1994 que des personnels ont été pris pour cible". La lettre est complétée d’un extrait de 7 pages (sur 162) du fameux contrat de vente des sous-marins. Curieusement, le juge d’instruction ne demandera jamais la copie intégrale du contrat. Il ne cherchera pas à en savoir plus. Autre curiosité, dès le lendemain de l’explosion, les services américains informent le consulat français que la piste d’Al-Qaeda n’est pas sérieuse. Mais ces pièces seront rayées du dossier judiciaire. Concernant le volet financier du contrat, le 6 juin 2002, la Commission consultative du secret de la défense nationale a donné son accord à la déclassification de ces notes. Celles-ci n’ont toujours pas été versées au dossier.

Depuis quelques mois, ce sont les juges antiterroristes Yves Jannier et Marc Trévidic qui sont en charge de l’affaire. Ils remplacent Jean-Louis Bruguière, parti vers d’autres cieux... Il s’est présenté en 2007 aux élections législatives sous l’étiquette UMP. Un affaire d’Etat, ou une fable ... ?

+ Une analyse de Seb Musset : Ne pas lâcher Karachi
http://sebmusset.blogspot.com/

Mardi 23 juin 2009

Un petit résumé en images animées avec du son dedans, de ce que j’ai capté des Retrocom’ du président :

Une affaire qui fait beaucoup de bruit...mais uniquement sur internet.
http://www.dailymotion.com/video/x9...


Lire aussi pour plus de détails :


Sur le site de Plume de presse :

http://www.plumedepresse.com/spip.php?article1158

L’attentat de Karachi : une affaire d’État
Vers l’inéluctable étouffement ?

Sur le site de Jeune Afrique :
http://www.jeuneafrique.com/Article...

Exclusif : la note oubliée sur l’attentat de Karachi

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