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500 millions « pour l’emploi », des milliards pour les banques

+ Embaucher un stagiaire ? Pourquoi faire…

Article mis en ligne le mardi 15 février 2011

A lire avec les liens sur :
http://www.actuchomage.org/20110212...

Samedi, 12 Février 2011

On mesure aisément ce que pèse l’emploi, donc l’économie réelle, dans la balance présidentielle en comparaison de l’importance accordée à l’activité financière, éminemment parasite.

Les chiffres du chômage en 2010 ont été mauvais. D’ici 2012, il faudra les embellir afin que le bilan de Nicolas Sarkozy soit, en apparence, acceptable. _ Ainsi, pour faire illusion, une petite injection d’un demi-milliard fera l’affaire. Publics cible : les jeunes et les chômeurs de longue durée. Au menu : apprentissage pour les premiers, contrats aidés ou formations qualifiantes pour les seconds.

Effet d’annonce

L’impact pourrait être réel mais absolument pas pérenne, explique L’Expansion. Les mesures proposées, qualifiées de « plan sans précédent pour l’emploi » par notre président, vont faire baisser rapidement les chiffres du chômage (par un jeu de transfert des catégories ABC vers les D ou E), mais le recul ne sera pas durable.

En ce qui concerne les jeunes (objectif : 450.000) qui seront orientés vers une formation en alternance, rien ne garantit que les employeurs les embaucheront à l’issue de leur contrat d’apprentissage ou de professionnalisation. Car ces formules, bénéficiant d’importants allègements de cotisations, permettent avant tout de combler des postes à peu de frais. On peut, d’ailleurs, y voir un parallèle avec les stagiaires que les entreprises, après les avoir exploités jusqu’au trognon, jettent et remplacent à l’infini...

En ce qui concerne les chômeurs de longue durée, qui sont plus d’un million et demi, Nicolas Sarkozy promet d’abord des « formations qualifiantes »… alors que les crédits manquent ! Puis il nous ressort les bons vieux contrats aidés (il y en aura 440.000, soit 50.000 de plus par rapport aux 390.000 initialement budgétés) dont l’intérêt est purement statistique. Par contre, en matière de réinsertion professionnelle, on repassera... Ces contrats, eux aussi, permettent aux employeurs de combler des postes à moindres frais : l’effet d’aubaine est maximum.

Quant aux conseillers Pôle Emploi qui devront les recevoir, on leur souhaite bon courage. Les chômeurs de longue durée qu’on ne réussira pas à caser d’ici 2012, il serait souhaitable de s’en débarrasser. On suppose qu’à cette occasion le nombre de radiations risque de monter en flèche, car quand Xavier Bertrand déclare qu’« à la fin de cette année 2011, il faut que le chômage ait baissé », on a toutes les raisons de trembler.

Infantilisation

Nicolas Sarkozy affuble les chômeurs des habits de la pénibilité : « ... C’qu’est pénible, c’est d’être au chômage. […] Cet argent va nous permettre de faire recevoir dans les trois mois tous les chômeurs de longue durée et de proposer à tous les chômeurs de longue durée soit une formation qualifiante, soit un emploi pour ne pas les laisser chez eux », a-t-il déclaré dans son style délié.

Vous remarquerez que Nicolas Sarkozy ne parle pas d’une formation qualifiante "de leur choix" (car, chômeur, tu ne l’as pas) et qu’en matière d’emploi, il élude toute notion qualitative (salaire, pérennité…), le but étant que ces gens ne restent pas à la maison sans rien faire jusqu’aux élections présidentielles, point. Or, si les chômeurs sortent de chez eux, c’est pour chercher un emploi et gagner de l’argent, pas pour rester pauvres et végéter dans les activités occupationnelles sans réelles perspectives qu’on leur aura imposées pour des motifs statistiques.

Farce électoraliste

Quant à son radotage sur les "500.000 offres non pourvues" — qui sous-entend qu’il y a encore du boulot en France mais que ce sont les chômeurs qui ne veulent pas travailler —, il ne repose sur rien. Idem lorsqu’il tape sur les 35 heures, cause de tous nos maux. Mais quand Sarkozy ment, il n’y a jamais personne pour le contredire...

Alors que c’est l’intérim qui tire tout et que les créations d’emploi demeurent poussives, que la défiscalisation des heures supplémentaires — sur laquelle il ne veut pas revenir — aggrave le chômage et que les subventions publiques favorisent les délocalisations, ces 500 millions « pour l’emploi », dégagés par des économies qui seront faites sur d’autres ministères, relèvent de la farce. Nicolas Sarkozy est en campagne, il commence à nous régurgiter les mêmes arguments qu’en 2006 et, surtout, ne voit qu’à court terme.

Lutter contre le chômage n’a jamais été le but. A grands coups de milliards, le système bancaire et la finance s’en sont sortis haut la main : nous, citoyens, n’avons pas fini de le payer. Mais pour maquiller un redressement de l’emploi totalement fictif d’ici 2012, ce petit demi-milliard jeté en pâture suffira bien.

SH



Embaucher un stagiaire ? Pourquoi faire…

http://www.actuchomage.org/20110211...

Vendredi, 11 Février

3.000 € pour embaucher un stagiaire ? La carotte était ridicule. Sur les 1,5 million de stagiaires recensés en 2010 dans nos entreprises, seule une poignée a bénéficié de cet effet d’aubaine.

La prime à l’embauche d’un stagiaire a fait un flop en 2010, selon les chiffres du ministère de l’emploi révélés par Le Figaro. Elle n’a bénéficié qu’à 7.279 jeunes en dix-huit mois, soit moins de 15% de l’objectif initial.

Annoncée en avril 2009 par le chef de l’Etat, cette mesure prévoyait d’accorder une prime de 3.000 € à tout employeur qui recruterait avant fin septembre un stagiaire en CDI. « Je veux que les stages conduisent à des emplois durables », avait alors justifié, très volontariste, Nicolas Sarkozy.

L’Elysée avait prévu d’y consacrer 150 millions d’euros, tablant sur 50.000 créations d’emplois en trois mois. La prime avait été prorogée une première fois jusqu’en juin 2010, avant d’être soldée à la fin décembre 2010.

(Source : L’Expansion)

NDLR : Selon le collectif Génération Précaire, les stagiaires sont payés en moyenne six fois moins qu’un salarié. Pourquoi voudriez-vous que les employeurs se privent d’une main d’œuvre aussi abondante, relativement qualifiée et surtout bon marché (l’indemnisation minimum s’élève à 417,09 € par mois pour 35 heures hebdomadaires de présence, sans cotisations sociales) en échange d’une petite prime de rien du tout ?
Cette "mesure emblématique" du "plan d’urgence" du gouvernement contre le chômage des jeunes n’aura coûté que 22 millions. Ainsi, grâce à la mauvaise volonté et aux bons calculs des entreprises, l’Etat dispose toujours de 128 millions qui n’ont pas été dépensés

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