Une tribune pour les luttes

Une manifestation ce samedi 25 juin dopée par l’arrestation manquée du mardi 21 juin 2011

Plus de 3 000 personnes ont manifesté à Bayonne derrière Aurore Martin contre le mandat d’arrêt européen.

Mandat d’Arrêt Européen : le gouvernement français réaffirme sa volonté de livrer Aurore Martin à ceux qui veulent l’emprisonner !

Article mis en ligne le lundi 27 juin 2011

Aurore Martin en tête de manif samedi et la tentative d’arrestation.


Plus de 3 000 personnes ont manifesté à Bayonne derrière Aurore Martin contre le mandat d’arrêt européen.

Le fiasco de la tentative d’interpellation d’Aurore Martin, mardi après-midi, par quatre policiers encagoulés a dopé la manifestation contre le mandat d’arrêt européen (ou MAE), organisée hier à Bayonne. Plus de 3 000 manifestants selon les organisateurs, 2 100 selon la police.

La militante indépendantiste, sous le coup d’un tel mandat, doit être remise à la justice espagnole. Les responsables de l’antiterrorisme espagnol ont hâte d’entendre la jeune femme, membre de Batasuna, parti interdit en Espagne mais autorisé en France. Pour éviter d’être interpellée, elle a vécu cachée depuis plusieurs mois tandis que s’organisait, autour de son cas, un mouvement de protestation concernant le MAE.

Celle que tout le monde appelle désormais de son seul prénom, Aurore, est réapparue samedi dernier, à Biarritz, à l’occasion d’un meeting où elle a pris la parole, entre le sénateur maire Didier Borotra et le leader corse Jean-Guy Talamoni. Revenue à la vie publique, Aurore Martin bénéficie toutefois d’un « rempart militant » qui a empêché son interpellation mardi et qui, hier, lui a permis de se rendre à la manifestation sans risque d’être arrêtée. Hier, ce rempart militant s’est enrichi d’élus socialistes. Le vice-président du Conseil général Christophe Martin a indiqué que sa présence visait à défendre la liberté d’expression : « Je combats les idées d’Aurore Martin mais je me bats aussi pour qu’elle puisse les défendre. Nous sommes dans un pays républicain et Batasuna n’est pas interdit. »

Visiblement émue par cette nouvelle démonstration populaire de refus de la voir extradée en Espagne (où elle encourt une peine de prison de 12 ans pour avoir publiquement représenté le parti Batasuna, illégal en Espagne mais pas en France), la citoyenne française a confié à la presse son soulagement de voir une telle unité politique et syndicale autour de son cas, "un évènement rare à apprécier au regard de la gravité de cette situation", a martelé Pierre Larrieu, membre du Comité Pays Basque contre le Mandat d’Arrêt européen.

Source Sud-Ouest



Communiqué de Solidaire

http://www.solidaires.org/article36741.html

Le cas d’Aurore Martin est symbolique du scandale de l’utilisation par les Etats du Mandat d’Arrêt Européen. Citoyenne française, elle est poursuivie par l’Etat espagnol pour avoir participé à des activités organisées par une organisation politique légale en France !

L’Union syndicale Solidaires est attachée au respect des droits humains fondamentaux, et notamment au respect des libertés individuelles, à l’expression politique, et au respect des droits de la défense. Accepter cette demande d’extradition serait admettre qu’une personne soit poursuivie par les autorités d’un pays européen pour des faits que ses propres autorités ne considèrent pas comme illégaux.

Samedi dernier de nombreuses organisations associatives, syndicales, politiques, ont réaffirmé leur soutien à Aurore Martin, leur refus de la dérive liberticide. Ce matin, la mobilisation populaire a mis en échec les forces de police de l’Etat français qui voulaient arrêter Aurore.

Le Ministre de l’Intérieur vient de déclarer qu’il mettrait tout en œuvre pour exécuter ce Mandat d’Arrêt Européen !

L’Union syndicale Solidaires réaffirme son soutien à Aurore Martin, exige l’abandon des poursuites envers elle, soutient la lutte de celles et ceux qui luttent contre l’oppression et l’arbitraire.

Le 21 juin 2011


Historique Mille Bâbords 16791, 16174, 15845, 15678


«  Je ne suis pas dupe, je sais que la police va venir me livrer aux autorités espagnoles, cette justice qui utilise la torture »

Un barrage humain évite l’arrestation

Des policiers cagoulés, obligés de battre en retraite. La scène,
saisissante, se déroule hier, vers 15 heures, rue des Basques à Bayonne.
Quelques minutes plus tôt, six ou sept de ces hommes, de la SDAT
(Sous-direction antiterroriste), ont tenté d’arrêter Aurore Martin, sous
le coup d’un mandat d’arrêt européen, pour la livrer à la justice
espagnole.

Dans l’appartement où la jeune femme a élu domicile, une trentaine de
personnes s’y sont opposé, faisant “barrage humain” de leur corps. Sans
violence, mais avec fermeté. Contraignant donc au final les forces de
l’ordre à rebrousser chemin. Dans leur “fuite”, ces derniers,
manifestement vexés d’avoir raté leur action, vociféreront quelques
subtilités aux militants présents : “Viens là toi, t’as pas de couilles
 !”.

Une fois le commando parti, un cortège se forme, encadrant Aurore Martin.
Il avance vers la place Saint-André, prenant de l’épaisseur au fil des
minutes. Puis se stabilise devant le café des Pyrénées, vers 15h15. Un
policier en civil guette, rue Pannecau, des fourgons de CRS passent et
repassent. Mais plus personne ne s’arrêtera.

Aurore Martin, qui a un peu repris ses esprits, mais demeure en état de
choc, livre quelques mots à la presse : “J’avais dit que je résisterai.
Ils sont rentrés cagoulés, sans se présenter. Comme je n’ai pas voulu
venir, il m’ont pris les bras et les jambes pour m’emmener. Ça a été très
violent”.

15h30 : Martine Bisauta, adjointe au maire de Bayonne, arrive sur place.
Elle sera plus tard rejointe par Marie-Christine Aragon, conseillère
générale socialiste, Daniel Romestant, responsable du Parti communiste sur
le Bab, puis vers 18 heures, par Jean-René Etchegaray, premier adjoint
(MoDem) de Jean Grenet.

Vers 16h30, estimant que la police ne prendra plus le risque d’intervenir
- on est à quelques heures du lancement de la Fête de la musique -, Xabi
Larralde (Batasuna), Anaiz Funosas (Collectif contre le MAE), et les trois
premiers élus cités, décident de tenir une conférence de presse en plein
air, autour d’Aurore Martin. Leur prise parole achevée (lire ci-contre),
la militante s’exprime pour la deuxième fois : “Je m’attendais à
l’arrestation, mais peut-être pas dans des conditions aussi violentes. Et
je n’ai eu que deux jours depuis ma réapparition publique… Maintenant, je
vais continuer ma vie de tous les jours. On verra bien ce que fera la
police. Je sais que je vais être emmenée devant l’Audience nationale. Mais
une chose est sûre, je ne faciliterai pas l’arrestation”
.

Au même moment, on apprend par une dépêche AFP que, selon une source
policière, l’opération a été “arrêtée” au motif d’un “trouble à l’ordre
public”. Le communiqué relate aussi les propos de Claude Guéant, ministre
de l’Intérieur, en marge d’une visite à Maisons-Alfort (Val-de-Marne) :
Cette dame est sous le coup d’un mandat d’arrêt européen. Il est du
devoir de la police française de mettre en œuvre ce mandat d’arrêt. Et il
sera mis en œuvre”.

Après s’être cachée durant six mois, puis avoir réapparu publiquement
samedi soir lors du rassemblement à la Halle d’Iraty de Biarritz, Aurore
Martin aura eu moins de trois jours de répit.

Réactions sur le vif

Xabi Larralde (porte-parole de Batasuna) :

“Ce qui a failli se produire est totalement inacceptable. D’abord, par
rapport aux respects fondamentaux et au droit légitime à l’expression
politique. Tout le monde sait qu’Aurore Martin est recherchée pour des
motifs politiques. C’est également inadmissible du point de vue de la
situation politique qui est en train de se mettre en place sur l’ensemble
du Pays Basque. Nous exigeons qu’Aurore Martin ne soit pas livrée à la
justice espagnole et qu’une bonne fois pour toutes, l’Etat français
s’inscrive dans un processus démocratique, politique et non violent, de
résolution du conflit au Pays Basque”.

Martine Bisauta (adjointe au maire de Bayonne) :

Je suis impressionnée par le courage d’Aurore Martin. On se sent
forcément solidaire. Si la situation politique est inacceptable, la
situation humaine est intolérable. On atteint à la dignité humaine. Chacun
doit avoir conscience de ce que vit Aurore Martin”.

Marie-Christine Aragon (conseillère générale socialiste) :

“En démocratie, le délit politique n’existe pas. Le MAE n’est pas fait
pour ça. Ce type de situation est inacceptable. En démocratie, les
problèmes se règlent dans les urnes, pas avec des arrestations musclées,
sur une femme toute seule, qui vit dans des conditions déplorables”.

Jean Lassalle (député des Pyrénées-Atlantiques) :

Cette tentative d’arrestation est un acharnement inutile qui ne fait rien
avancer. Ça fait échauffer les esprits. Ça fait reculer l’intelligence. La
France ne se grandit pas. Je suis heureux que la résistance ait empêché
l’arrestation. Il faut que les deux parties essayent de parler”.

Catherine Grèze (députée européenne du Sud-Ouest) :

Seulement quatre jours après sa sortie de la clandestinité, Aurore Martin
est actuellement victime d’une opération policière extrêmement violente
visant à l’arrêter. Pour l’instant, des militants ont réussi à
s’interposer, mais la situation pourrait basculer d’un moment à l’autre.
Sous le coup d’un mandat d’arrêt européen depuis novembre dernier, elle
avait jusqu’ici décidé de se cacher pour échapper à cette terrible
sentence. On le sait, le sort réservé aux prisonniers politiques de
l’autre côté de la frontière n’est pas des plus enviables.

Les autorités ont décidé d’ignorer les mobilisations répétées, au Pays
Basque mais aussi à l’échelle européenne, des citoyens et élus indignés
par cette décision inique. Samedi encore, des milliers de citoyens, de
tous bords politiques, se sont réunis à Biarritz pour dénoncer cette
utilisation abusive et pervertie du mandat d’arrêt européen. Avec
l’arrestation d’Aurore Martin, c’est non seulement le mandat d’arrêt qui
est totalement détourné de son objectif premier, mais aussi les libertés
d’opinion et d’expression, fondements même de notre démocratie, qui sont
bafouées. Voici encore une sérieuse entrave à l’établissement d’une paix
durable au Pays Basque. Nous resterons mobilisés pour que justice soit
faite !”.

Pierre MAILHARIN

Source : Le Journal du Pays Basque, 22 juin 2011

http://www.lejpb.com/paperezkoa/201...


La police a tenté d’arrêter très brutalement Aurore Martin le mardi 21 juin en début d’après-midi au domicile de sa soeur à Bayonne. Le nombre de personnes présentes a empêché les policiers cagoulés de le DNAT ( anti terrorisme) de l’emmener. Elle se trouvait ce mardi soir en compagnie d’un nombre de plus en plus important de gens venus la soutenir. Elle a répondu tout l’après midi aux demandes d’interviews de nombreux médias.

La police a arrêté son opération par crainte de « troubles à l’ordre public » (?) toutefois le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a déclaré que le mandat d’arrêt européen visant la militante basque Aurore Martin« sera mis en oeuvre »

Cette opération policière en échec intervient 48 h après l’importante réunion du samedi 18 juin à Biarritz où 2000 personnes étaient présentes pour exprimer leur soutien à Aurore Martin. les militants de la gauche indépendantiste basque, du comité de solidarité aux prisonniers politiques basques, Askatasuna, et le Collectif contre le Mandat d’arrêt européen avaient depuis plusieurs mois fait connaitre le cas exemplaire et symbolique d’Aurore Martin, militante basque de nationalité française poursuivie par la justice d’exception espagnole pour des faits d’expression politique publique au nom de l’organisation indépendantiste de gauche Batasuna, organisation interdite en Espagne mais légale en France.

Pour des faits d’expression politique publique, Aurore Martin pourrait être condamnée en Espagne à une peine de 12 années de prison.

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