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Inégalités - Qui sont les salariés les plus mal payés ?

Par Ivan du Roy

Article mis en ligne le vendredi 12 octobre 2012

12 octobre 2012

C’est une femme de 24 ans, vivant seul avec son enfant en bas âge, qui occupe plusieurs emplois à temps partiel, caissière le matin, femme de ménage l’après-midi. Côté études, elle n’a pas été jusqu’au bac, mais est titulaire d’un brevet professionnel. Elle vit en province, dans une périphérie semi-urbaine plutôt calme. Tel est le profil type d’une des 3,6 millions de personnes qui perçoivent un bas salaire.

Près d’un salarié sur six travaille, en France, en échange d’un « bas salaire » : moins de 1 055 euros nets pour l’équivalent de 35h de travail hebdomadaire, révèle une note de la Dares (Direction de l’animation de la récherche, des études et des statistiques). Sont considérés comme « bas salaires » les revenus inférieurs aux 2/3 du salaire médian (1 583 euros en 2011). Ce sont très largement des personnes travaillant à temps partiel et des femmes (75% des bas salaires), souvent en CDD, en intérim, en stage ou en contrats aidés. La flexibilité prônée par le Medef, ça ne paie pas.

Les professions les plus touchées sont les services directs aux particuliers, les employés du commerce et les ouvriers non qualifiés. 80% de ces salariés très mal payés habitent en province, en dehors des quartiers dits difficiles (zone urbaine sensible). Les jeunes entre 16 et 30 ans sont particulièrement concernés.

Depuis le début des années 2000, la proportion des bas salaires avait tendance à diminuer, passant de 18% à 15%. Depuis 2008, avec la crise financière et sociale, la courbe remonte (16% en 2011). Un salarié sur dix touche même un « très bas salaire » : en dessous de 792 euros ! Raison invoquée par la Dares : le développement des services aux particuliers – secteur le plus mal rémunéré où règne le temps partiel –, augmentation du recours au chômage partiel dans l’industrie (encouragé par les politiques publiques), ou diminution des primes pour les salariés des petites entreprises. En haut de l’échelle, les 0,1% les plus riches perçoivent en moyenne 27 937 euros. Peut-être n’ont-ils accepté ni la flexibilité ni la compétitivité ?

P.-S.

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