Une tribune pour les luttes

Communiqué du MIR du 30 mai 2008

Souchien ou sous-chien ?

Hortefeux s’en va-t-en guerre contre le racisme avec une "vigilance totale et permanente !!!

Article mis en ligne le samedi 31 mai 2008

Hortefeux s’en va-t-en guerre, contre le racisme ? Non... contre le MIR !!!

vendredi 30 mai 2008

Dans un entretien paru dans la dernière livraison de l’hebdomadaire « L’Express » datée du 29 mai 2008, M. Brice Hortefeux, Ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire a cru bon reprendre à son compte les accusations mensongères à l’encontre de notre porte-parole, Houria Bouteldja. Accusations propagées par un certain nombre de politiciens, d’intellectuels et de journalistes hostiles à notre Mouvement. A une question du journaliste portant sur l’existence en France d’une « tentation raciste », le ministre a ainsi répondu : « La vigilance, sur ce sujet, doit être totale et permanente. Le risque existe, à l’évidence, à l’encontre de certaines communautés, en raison de leur couleur de peau ou de leur appartenance religieuse. Ce n’est pas acceptable. Parallèlement, j’ai été très choqué que la porte-parole du Mouvement des indigènes de la République traite les Français de « sous-chiens ». Je ne laisserai pas prononcer de tels mots sans réagir. »

La « vigilance totale et permanente » que revendique Hortefeux contre le racisme est particulièrement obscène dans la bouche d’un ministre dont le
boulot est justement de réprimer l’immigration, qui est membre d’un gouvernement qui multiplie les dispositifs policiers pour mater les habitants des quartiers populaires, qui sert, enfin, avec fidélité, un président de la République, élu pour casser la résistance indigène. Plus encore, le ministre n’hésite pas à user d’une manœuvre de diversion désormais bien répandue : il rejette dos à dos ceux qui professent le racisme, et ceux qui en sont les victimes.

Dans l’expression qu’il met dans la bouche de notre porte-parole, il reprend à son compte les accusations de l’hebdomadaire Marianne et de Alain Finkielkraut qui ont prétendu en effet avoir "entendu" "sous-chiens" . Notre porte-parole n’a jamais parlé de « sous-chiens » mais de « souchiens », une formule de dérision pour dénoncer le racisme sous jacent à la notion de « Français de souche » qui établit une hiérarchie entre les Français selon leurs origines.

S’il y a, par contre, un trait d’union qui semble évident, lui, c’est bien celui existant entre la volonté affirmée par Brice Hortefeux de « réagir » contre le MIR et la déclaration de Jean-Marie Le Pen et autres "identitaires" exigeant l’interdiction de la Marche décoloniale que le MIR et d’autres associations ont organisé le 8 mai dernier.

Les propos de M. Hortefeux nous paraissent particulièrement inquiétants. Ils constituent à tout le moins une incitation à remettre en cause la liberté d’expression. La volonté de faire taire les Indigènes de la République, en vérité, ne nous étonne guère. Le simple fait de revendiquer l’égalité et la pleine citoyenneté est perçu par les autorités actuelles comme une atteinte à l’ « identité nationale » que M. Hortefeux a la charge de défendre. Que dire alors de notre intention de nous constituer en force politique autonome, antiraciste et décoloniale ?!

Paris, le 30 mai 2008

Mouvement des Indigènes de la République

http://www.indigenes-republique.org...

A ne pas manquer la réponse de Houria Bouteldja, publiée au lendemain de la propagation de ces accusations. Lire ci-dessous ou sur :

http://www.indigenes-republique.org...


Emanant de certains milieux réactionnaires bien connus, une campagne de presse a pris pour cible notre porte parole Houria Bouteldja. Ce qui lui est reproché ? Officiellement, l’usage qu’elle a fait au cours d’une émission de télé du néologisme « souchien », désignant de façon humoristique d’hypothétiques Français de souche. En réalité, jouant sur une ridicule homophonie et prétendant que la véritable signification de cette expression serait « sous-chien », certains de ces écorchés vifs du drapeau, de droite comme de gauche, ont trouvé là une occasion inespérée pour évacuer le débat de fond : à savoir le développement d’une conception raciale de l’identité française caractérisée notamment par l’expression « Français de souche ». Une aubaine pour eux…La réaction d’Houria Bouteldja :

jeudi 5 juillet 2007

Petite leçon de français d’une sous-sous-chienne aux souchiens malentendants

SOUCHE, subst. fém.

A. Usuel Base du tronc d’un arbre (ou d’un grand arbuste) prolongée par ses racines.

B. P. anal. De souche. D’origine. Français de souche.

C. Biologie Ensemble des individus de même espèce provenant d’un ancêtre unique.

SOUCHIEN, SOUCHIENNE, adj. et nom, de souche.

Néologisme, formé par des descendants d’immigrés post-coloniaux qui après avoir été désignés successivement par les expressions : « Français musulmans », « nord-africains », « immigrés », « deuxième, troisième… cent trente et unième génération », « issus de l’immigration maghrébine ou africaine » puis à nouveau « Français musulmans » et enfin « issus de la diversité » sans parler dans un registre moins soutenu par les « sidis », « bougnoules », « rats », « ratons », « crouilles », « melons », « bicots », « gris » ou encore l’intemporel « négros », ont constaté que ce raffinement dans la péjoration raciste dont ils sont l’objet trouve son optimum savant dans un autre néologisme, banalisé et valorisant lui : « Français de souche ». Cette dernière expression utilisée publiquement pour la première fois, semble-t-il, par un certain Jean-Marie Le Pen en 1979, institutionnalisée depuis par des chercheurs ou démographes de l’INED, mais repris aussi par tout un chacun, est censée désigner ceux qui, parce que blancs, sont considérés comme les authentiques et légitimes habitants de ce pays par opposition avec les descendants de colonisés, sans racine ni attaches particulières, qui de ce fait ne constitueraient eux qu’une variété aérienne, délétère et volatile de l’espèce humaine.

Ainsi l’adjectif « souchien » construit en toute francophonie à partir de « Français de souche » constitue une première contribution indigène à l’enrichissement de la langue que désormais doivent maîtriser ceux qui prétendent venir vivre au Paradis. Il permet de mettre en évidence le caractère inerte, pesant et figé de cette conception raciale des Français. Exactement comme a pu le faire l’humoriste Djamel Debouze avec son expression « Icissiens » (sans doute à partir du concept des « Gens d’Ici » cher au philosophe Alain Badiou) afin d’établir l’évidence de la légitimité pour tous à vivre dans ce pays à égalité de droit et de considération.

Evidemment « souchien » ne peut pas être confondu, comme le font volontairement certains philosophes médiatiques, journaux nationaux-républicains comme Marianne [1] ou autres officines laïco-intégristes comme Respublica [2]], à la trompe d’Eustache décidément bien emboutie, avec l’expression « sous-chiens », sinistre jeu de mot, révélateur tout à la fois de l’ état d’esprit de ceux qui prétendent l’avoir entendu autant que des méthodes malveillantes auxquelles ils ont recours puisque qu’ils tentent ensuite d’en attribuer la paternité au MIR. On ne sera pas étonné d’apprendre que parmi ces malentendants anti-indigènes qui assurent avoir compris « sous-chien » au lieu de « souchien » figure l’inénarrable Alain Finkielkraut [3]] dont tous les sonotones de la terre ne pourront jamais corriger l’oreille désespérément sélective. En terme clairs lui et tous ceux qui aujourd’hui poussent des cris d’orfraies ne s’indignent guère du traitement sémantique administré à leurs concitoyens basanés. En revanche, si la notion de « Français de souche », en 27 ans d’existence, n’a toujours pas heurté leurs oreilles délicates, c’est parce qu’elle traduit bien une certaine acception ethnique qu’ils se font de l’identité française. Celle-ci est une façon élégante de dire Français blanc. Ainsi pour tous, il est bien clair que Kanaks, Antillais et autres Réunionnais ne sauraient être qualifiés de « Français de souches ». Leurs ancêtres pourtant n’étaient-ils pas formellement Français il y a au moins deux siècles à un moment où ceux de Messieurs Sarkozy, Finkielkraut, Devedjian ou Gallo étaient encore sujets Ottoman, austro-hongrois ou italien ?

Le plus indécent dans cette histoire, c’est que parmi les véritables "sous-chiens" (parce que traités comme tels) vivant dans ce pays, figurent précisément les noirs, les arabes, les musulmans et autres métèques. On se souvient que le (très grand) contrebassiste américain Charles Mingus, qui était métis noir-chinois et identifié comme noir, très mobilisé sur la question du combat anti-raciste, avait intitulé son autobiographie "Beneath the Underdog" : "en-dessous du sous-chien" !

Houria Bouteldja

[1] Marianne n° 532, « Petite leçon de racisme », signé J.D.

[2] Le lettre de Respublica n° 550

www.gaucherepublicaine.org/,article...

[3] Emission « Répliques » dans laquelle A. Finkielkraut affirme à F. Taddéi avoir entendu le tiret de « sous-chien »

www.radiofrance.fr/chaines/france-c...

http://www.indigenes-republique.org...

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5 Messages

  • Le 18 juin 2008 à 08:28, par Occitane

    Pas du tout d’accord avec ce mot de "souchien". La langue française est déjà assez difficile et riche pour qu’il ne soit pas nécessaire d’inventer des mots nouveaux lorsqu’il existe déjà des mots très explicites et particulièrement justes. Ainsi, étymologiquement et nationalement parlant, un français, habitant en France, depuis plusieurs générations, est purement et simplement un "indigène" (généré à l’intérieur), ni plus, ni moins. Un étranger vivant en France est un "immigré" au même titre qu’un français parti vivre à l’étranger est un "émigré".

    Par contre, un français vivant en Allemagne, est un "indigène" lorsqu’on se place sur le plan de l’Europe, comme un Ecossais installé n’importe où en Europe.

    Ces termes désignent une situation relative qui n’a de valeur que dans le contexte où elle se situe, et pas forcément nationaliste.

    Ainsi, moi-même, qui suis français, de famille picarde depuis 1605, et vis en Bretagne depuis 1999, resterai toujours un immigré en Bretagne, comme un indigène en France et en Europe, et suis un émigré de ma province d’origine.

    Comme toujours, je vois dans ces problèmes une nouvelle carence de l’éducation nationale et son échec. Qu’apprend-t-on dans nos écoles ?

    Cordialement, quand même.
    Occitane

    • Le 21 juin 2008 à 19:55, par Sango

      Bon en fait Mr. Occitane, qui êtes vous pour donner les leçons à qui ?

      J’ai revu un certain nombre de fois la vidéo qui traites les français de souchiens. Personnellement, je n’y vois absolument rien qui ait un rapport avec sous-chiens qui ne veut rien dire en français. En anglais, on dirait under dog ; en allemand, unter Hunde. Dans une langue comme dans l’autre, sous-chien ne veut absolument rien dire.

      Donc il faut être trempé de mauvaise foi pour que l’on passe de souchien qui veut dire francais de souche à sous-chien qui ne veut rien dire.

      De même, pourquoi cette appellation fait donc tant de bruit. Il y a quelques mois, un haut responsable de ce ministère soi disant de l’immigration traitait un pauvre gardien de sale noir. Cela n’a pas valu l’intervention du ministre.

      Bon moi je dis encore souchien. Qu’il porte plainte. On verra dans ce pays qui est plus français que qui.

      • Le 23 juillet 2008 à 13:33, par

        en fait, deux réponses.
        D’abord à la dame picarde qui signe « occitanne » :

        le petit couplet « Comme toujours, je vois dans ces problèmes une nouvelle carence de l’éducation nationale et son échec. Qu’apprend-t-on dans nos écoles ? »est-il ironique ? Signalez-le, car sinon cela dévalorise votre intervention en vous classant dans le camp des lamentants "c’était mieux de mon temps"...
        Sur le fond ne pas voir le style pamphlétaire de H. Bouteldja dans son intervention et ne se préoccuper que de sémantique est un peu décalé, non ?

        Pour la personne qui signe « Sango », je ne vois pas pourquoi vous responsabilisez implicitement l’intervenante de l’insulte "sale noir".
        Et d’autre part quiconque peut, sous réserve de bonne foi, nous appeler à l’exactitude du vocabulaire, ce n’est pas ce qui doit provoquer la réponse : « qui êtes vous pour donner les leçons à qui ? »

        Même si c’est un peu hors-sujet.

        Parce que aussi,le débat (qui pourait ne pas être un combat, il faut convaincre et ne pas vaincre) a besoin d’une langue commune pour se dérouler.

        Bernard Gerin.

        PS : underdog existe puisque C.Mingus avait créé ce néologisme.

  • Le 12 mai 2009 à 22:30, par Adeekt

    Bonjour. Juste quelques mots pour dire qu’il me semble quand même assez étonnant que l’intervenante en question, qui à l’air d’être une personne d’une intelligence certaine, ai pu passer à côté de cette homonymie, somme toute, assez évidente. Enfin, peut être ai-je été influencé par le titre donné à la vidéo sur laquelle je suis tombé au hasard de mes pérégrinations sur le web (juste un extrait de l’émission et non son intégralité je le concède) mais j’avoue qu’il me semble difficile de croire qu’Houria Bouteldja, soit passé à coté de ce jeu de mot " à 2 balles ". Alors petit pique volontaire, tentative de manipulation plus ou moins adroite ayant pour but de la faire passer pour la cible de réactions hostiles, manipulation (décidément ^^) de ses détracteurs ou effectivement mauvaise interprétation de la part de certains ? Le choix est assez vaste et comme souvent la vérité n’est et ne sera connue que de la principale intéressée. Ce commentaire n’a aucune autre vocation que de délivrer le sentiment (sans beaucoup de recul puisque je viens de voir la vidéo) de quelqu’un qui se méfie, peut être un peu trop, de toutes sortes de manipulations d’où qu’elles viennent (même si j’en suis, comme beaucoup d’entre nous, la victime plus ou moins consciente). Juste une précision qu’il me semble nécessaire d’apporter vu le sujet, je suis moi même d’origine africaine (évidemment, comme souvent avec internet rien ne le prouve donc libre à vous de le croire ou non) et en majorité tout de même assez d’accord avec ce que j’ai pu entendre dans le court extrait vidéo que j’ai visionné. Sur ces bonnes paroles, bonne continuation à tous.

    • Le 18 août 2009 à 12:32, par Michel

      J’avais lu une explication amusante à l’expression : "Il faut tourner sept fois la langue dans sa bouche." Ca disait que ça devait permettre de penser à :
      1. Ce qu’on va dire
      2. Comment on va le dire
      3. A qui on va le dire
      4. Comment ça va être compris
      5. A qui ça va être répété
      6. Comment ça va être répété
      7. Quelles seront les conséquences.

      Etant donné :
      - d’une part, que le mot "souchien" n’existe pas ; ce n’est qu’un néologisme comme "bravitude".
      - d’autre part, que les musulmans traitent facilement les non-musulmans de "chiens"...

      ...il est évident que l’utilisation en langage parlé de souchien/sous-chien est équivoque et qu’il serait plus intelligent de l’éviter.

      J’ai sauté au plafond en entendant Houria, puis, la surprise passée, et compte-tenu du contexte qui n’avait rien de péjoratif, j’ai conclus qu’elle avait probablement voulu dire "souchien".
      Sauf qu’encore une fois ce terme n’existe pas pas le dictionnaire et que rien n’indiquera jamais précisément que ce la personne entend par là... (tout comme sous la Restauration les fidèles de Napoléon criaient "Vive le Roi" et rajoutaient "...de Rome" dans leur for intérieur.)

      Au pire c’est sournois, au mieux c’est maladroit.

      Pour Occitane, je vois très bien ce que tu dis, étant moi-même immigré parisien en Provence, et ayant aussi vécu une expérience dans le Berry on l’on me regardait un peu de travers jusqu’à ce que mon accompagnateur me présente comme étant le petit-fils d’un berrichon du coin.

      C’est partout comme ça, et pas seulement en France. Allez à l’étranger, au mieux vous serez perçu comme un touriste (qu’on peut éventuellement essayer de plumer) au pire comme un intrus ou un sale blanc.

      La meilleure chose à faire à mon avis est de se faire accepter par son humilité et sa gentillesse. J’ai deux copines antillaises (et bien noires :-) qui ainsi ont parfaitement réussi à se faire adopter et aimer dans les petits villages bretons où elles s’étaient respectivement installées. Ca n’a pas été facile et ça a pris un peu de temps mais ça a très bien marché.

      C’est à nous, nouveaux arrivants, de nous faire accepter. Et puis "Romae sicut Romani" (à Rome, fais comme les Romains). Ca aussi ça facilite les choses.

      Amicalement à tous,

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