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Enquête de Terra eco

Personnel irradié, bébés exposés : les dérives d’un hôpital marseillais

Article mis en ligne le lundi 11 novembre 2013

Lire l’enquête complète sur le site de Terra Eco :
http://www.terraeco.net/Personnel-irradie-bebes-exposes,51903.html

Depuis 2006, les produits radioactifs utilisés dans le service de médecine nucléaire de l’hôpital de la Timone, à Marseille, contaminent les locaux alentours. La direction le sait au moins depuis 2010 mais commence tout juste à agir.

« On a l’impression d’avoir été violés. On nous a menti pendant des années. » Pascal (1) travaille au Samu, au rez-de-chaussée de appris en septembre que des salles de son service étaient exposées à une radioactivité bien supérieure aux normes autorisées. En cause, l’iode 131 utilisé à l’étage supérieur pour soigner les malades du cancer de la thyroïde. Une fois ingéré par le patient, ce produit radiotoxique est éliminé principalement par les urines et évacué dans des canalisations spécifiques vers le sous-sol, où il est stocké dans des cuves dédiées. En chemin, ces gaines radioactives traversent les urgences pédiatriques et le Samu en émettant un rayonnement permanent. D’après un document transmis en (voir sur le site de Terra eco), il atteint certains mois des valeurs jusqu’à neuf fois supérieures à la limite autorisée. La salle la plus exposée accueille des enfants et des nouveaux-nés, qui y sont soignés par aérosols. Les directions successives connaissent le problème depuis sept ans. Mais pas les salariés, pourtant indûment exposés.

Ce document est un mail du responsable de radioprotection à la directrice de l’hôpital de la Timone. L’exposition en mars 2013 dans la salle 118 (réservée aux aérosols) était de 0,74 millisieverts, soit plus de neuf fois la limite mensuelle admise de 0,08 millisieverts.

Des eaux contaminées partent dans la nature
Le 12 juillet 2013, les canalisations s’obstruent et l’urine radioactive fuit dans un vestiaire du Samu. Il est proposé aux agents présents de faire des analyses urinaires. Pascal travaillait ce jour-là et ne s’est pas fait dépister : « On nous a dit que ce n’était vraiment pas la peine, qu’il n’y avait aucune raison de s’inquiéter. Dans leur façon de nous proposer le test, ils nous ont dissuadé de le faire. » Deux mois plus tard, deux salariés sur les quatre testés dont une femme enceinte apprennent qu’ils sont contaminés à l’iode 131.

[…]
Reste tout de même une question : comment cette situation a-t-elle pu durer sept ans, alors que la première alerte de l’ASN (voir document sur le site de Terra Eco) remonte à 2010 et qu’un rapport d’organisme agréé (2) révèle la non-conformité des locaux dès 2006 ? [...]

En juin 2013, l’hôpital Saint-Antoine à Paris a connu lui aussi une fuite d’effluents radioactifs et en France, 14 incidents de ce type (3) ont été répertoriés par l’ASN entre 2007 et 2012. Quant au public, il semble être en quête de transparence : les risques liés au nucléaire médical représentent aujourd’hui le premier sujet des interrogations citoyennes reçues par la Criirad.

(1) Le prénom a été changé

(2) Nous n’avons pas été en mesure de nous procurer ce rapport. Il a en revanche été très clairement évoqué par le responsable en radioprotection de l’hôpital lors d’une réunion avec les personnels dont nous avons obtenu un enregistrement.

(3) Parmi lesquels cinq incidents ont été classés au niveau 1 sur l’échelle INES de classement des incidents et accidents nucléaires : ceux du mois de juin 2013 à l’hôpital Saint-Antoine (Paris), du 28 juin 2010 puis du 16 novembre 2012 à l’Institut de cancérologie Gustave-Roussy (Villejuif), du 29 juillet 2011 au CHU
de Limoges et du 12 novembre 2007 au centre Val d’Aurelle (Montpellier). Les 9 autres, considérés comme de simples « écarts », ont été classés au niveau zéro.

Source : http://www.terraeco.net/Personnel-i...

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