Une tribune pour les luttes

Au sujet de la manif’ du 22 février à Nantes ...

Article mis en ligne le mercredi 26 février 2014

Par mail

Bonjour tout le monde !

Au sujet de la manif’, les grands médias n’ont cessé de focaliser leurs articles sur "les regrettables dégradations" commises par ces vilains "casseurs", et que les autorités condamnent (on s’en doutait bien merci)...

En laissant entendre que ce sont "des magasins" qui auraient été saccagées, comme s’il s’agissait d’un vandalisme crapuleux et gratuit.
Il s’agissait pourtant des porteurs du projet d’aéroport : la mairie, Vinci - ce qui fait une certaine différence...
Étaient aussi visées un commissariat de police (tout re-coloré !) et d’autres entreprises détestables : la banque BNP ; la SNCF qui promeut la grande vitesse, gouffre d’argent publique destiné aux hommes d’affaires et inaccessibles aux plus modestes, au détriment du service ferroviaire publique ; ainsi que la TAN qui développe un impressionnant contrôle social.

Concernant les "violences" des "black blocs" tant dénoncées, ce n’est pourtant pas de notre côté qu’a été envoyée la grenade assourdissante dans l’œil gauche de Quentin (désormais borgne). La violence de l’état et de ses forces de l’ordre - qui ont empêché la manifestation de parcourir plus de trois rues - est comme toujours occultée.

Pour avoir une idée plus juste de ce qu’était cette manif’, énorme, festive et enthousiasmante, je vous invite à plutôt lire le communiqué des organisateurs-trices ici : http://zad.nadir.org/spip.php?article2214
Car c’était en fait une magnifique journée !

Le préfet (M. Christian de Lavernée) a évidemment accusé la ZAD - qu’il diabolise en un "mouvement armé" - d’être à l’origine des "violences" (Dans l’idée sans doute de faire accepter une éventuelle opération contre la ZAD).

En réponse lui a été écrite cette courte et délicieuse lettre : http://zad.nadir.org/spip.php?article2225 que je reproduis ci-dessous :

Cher Christian,

Vous avez déclaré hier, « L’opposition institutionnelle à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes doit cesser d’être la vitrine légale d’un mouvement armé ». Il nous serait facile de vous reprocher, M. Le Préfet, de vouloir à votre tour briser des vitrines. Mais après la manifestation de samedi, autant l’avouer tout net et cesser enfin de nous cacher : nous sommes bel et bien un mouvement armé.

Nous sommes un mouvement armé de bon sens remuant et d’idées explosives, de palettes et de vis, de pierres parfois - même s’il y a ici plus de boue et de prairies, de carottes et de poireaux, d’humour et de tracteurs, d’objets hétéroclites prêts à former spontanément des barricades et d’un peu d’essence au cas où, d’aiguilles à coudre et de pieds de biche, de courage et de tendresse, de vélos et caravanes, de fermes et cabanes, de masques à gaz ou pas, de pansements pour nos blessés, de cantines collectives et chansons endiablées, de livres, tracts et journaux, d’éoliennes et de radios pirates, de radeaux et rateaux, de binettes, marteaux, pelles et pioches, de liens indestructibles et d’amitiés féroces, de ruses et de boucliers, d’arcs et de flêches pour faire plaisir à Monsieur Auxiette, de salamandres et tritons géants, de bottes et impers, de bombes de peinture et de lances à purin, de baudriers et de cordes, de grappins et de gratins, et d’un nombre toujours plus important de personnes qui ne vous laisseront pas détruire la zad.

Vous ne nous ferez pas rendre ces armes.

Et vous, M. Le préfet, quand cesserez vous d’être la vitrine légale d’un mouvement armé ?

Sincèrement,

Les Black Ploucs

(Dans le documentaire Le Tarmac est dans le pré on entend Jacques Auxiette nous décrire comme des gens stupides qui jouons avec des arcs et des flèches)

6 photos jointes :

Photo 1 : Bonne ambiance, ici au départ de la manif

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Photo 2 : Un triton géant...

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Photo 3 : La mairie joyeusement attaquée aux œufs de peinture

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Photo 4 : L’office du tourisme, promoteur du projet d’aéroport et du marketing territorial (incluant le greenwashing de Nantes Capitale Verte), bien rageusement attaqué aussi...

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Photo 5 : Le local de Vinci Immobiliers, complètement ravagé (magnifique)

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Photo 6 : Une foreuse de Vinci sur le trajet de la manif (provocation ?) qui brûle.

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Gros bisous à tous-toutes,

Vinci dégage, résistance et sabotage

M.D.


Lire aussi avec des photos à l’appui, l’analyse :
http://duclock.blogspot.se/2014/02/nantes-centre-ville-devaste-de-quoi.html


Nantes, centre ville dévasté : de quoi parle-t-on ?

Cet article était déjà signalé dans l’article de Mille Bâbords 25560)
reproduisant l’appel de la ZAD à envoyer d’autres récits à zad chez riseup.net.
(" Ne laissons pas à Valls le soin de raconter notre manifestation. Écrivons notre histoire !
http://zad.nadir.org/")


Et le texte de l’écrivain Jean-Paul Jody

Manifestation à Nantes : quelles responsabilités ?

Effaré par les comptes-rendus des médias, France Inter qui tend complaisamment ses micros au Préfet de Nantes, Libération qui, tout en déplorant la fuite de ses lecteurs, se contente de copier-coller des dépêches AFP…

Alors, quelques précisions.

Les manifestants :

Plusieurs dizaines de milliers de personnes, un large spectre, de droite comme de gauche, écologistes, défenseurs des grenouilles et autres campagnols, zadistes traditionnels, hostiles au projet du nouvel aéroport, des favorables aussi mais contre le partenariat public-privé qui coûtera une fortune aux contribuables pendant des années, agriculteurs (plus de 500 tracteurs), opposants à l’omniprésence de Vinci, ou simples déçus par un gouvernement en bout de course. Le tout dans une ambiance de chants et de slogans. Important : beaucoup sont venus en cars (une soixantaine) de tous les coins de France, Tarn, Garonne, Alsace, etc.
Plus quelques énergumènes décidés à en découdre. Des petits groupes. Facilement reconnaissables, ils sont deux à trois cents pas plus. Et non le millier claironné dans les médias.


Le trajet :

Traditionnellement à Nantes, les manifestations empruntent le Cours des cinquante otages, longue et vaste artère centrale dédiée au tramway.
En dernière minute, le Préfet interdira ce parcours et imposera un changement de trajet. Réduits à une courte promenade de moins d’1 kilomètre, et privés du centre de la ville pour se faire entendre, les manifestants, certains venus de très loin comme dit au-dessus, vont en concevoir une légitime frustration. Ce pourquoi ils resteront longuement sur place avant de se disperser.

Les activistes :

Loin du millier annoncé. Deux à trois cents pas plus en regard des 50 000 manifestants pacifiques. Certains très déterminés, facilement repérables, équipés de masques et armés de fusées, projectiles, ils agissent par petits groupes, sur plusieurs fronts, dans l’improvisation du moment et plutôt désorganisés. D’autres moins téméraires, comme ces gamines de quinze ans qui cassent les pavés que leurs petits copains tentent de lancer sur les CRS.

Les CRS :

Longtemps ils se contenteront d’attendre derrière leurs grilles, répondant au canon à eau ou à coup de grenades lacrymogènes. Dans un souci de ne pas envenimer, peut-être. Mais chaque tir de grenades assourdissantes (dont l’usage dangereux est réglementé) déclenche des huées de protestation et galvanise les troupes.

Au vu de leur supériorité en hommes, en matériels, et l’efficacité des grenades lacrymogènes sur des yeux non protégés, il est difficile de comprendre pourquoi les CRS ont attendu plusieurs heures avant de faire dégager les lieux. L’impression dominante est qu’ils laissent durer…
Ainsi vers 18h00, place du Commerce, la population habituelle d’un samedi après midi, beaucoup de personnes qui n’ont rien à voir avec la manifestation. Soudain, lancées de très loin, les grenades lacrymogènes pleuvent alors qu’aucun activiste ne s’y trouve, les rues barrées par les CRS deviennent des pièges, les gens s’enfuient en pleurant, dans la plus grande confusion. La place sera vidée en quelques minutes.

Les responsabilités :

Le maire de Nantes -qui se fait complaisamment interviewer et prendre en photo devant une aubette incendiée (celle où l’on paye les amendes de la TAN, les transports nantais) porte plainte contre x pour les dégradations commises. Soit. Qui casse paye. Mais qu’il aille au bout de sa démarche.

En France, c’est le Préfet qui est en charge du maintien de l’ordre républicain. Responsable du bon déroulé des manifestations, il doit évaluer la situation et apporter une réponse appropriée.

Or pour en découdre, il faut un adversaire. Inutile de se décarcasser à dresser des barricades ou dépaver les rails du tramway si l’on n’a personne sur qui lancer ces pavés. Sans adversaire, pas d’affrontements.

Nul ne peut évidemment prédire comment se serait déroulée la manifestation si elle avait pu emprunter - comme à l’habitude - les vastes étendues du Cours des Cinquante otages. Ou mieux : si la présence policière s’était faite plus discrète.

Mais une chose est certaine, c’est ce barrage ostentatoire et totalement inconsidéré qui a cristallisé les affrontements. Un déploiement excessif de robocops caparaçonnés, de grilles, camions et autres canons à eau… une aubaine pour les activistes ultra. Les premières grenades lacrymogènes ont explosé dès 15h, deux heures seulement après le départ de la manifestation.

Alors,

Soit le Préfet Christian Galliard de Lavernée (au passage Commandeur du Mérite Agricole… les agriculteurs apprécieront), a fait preuve d’incompétence et, pour sa mauvaise gestion du maintien de l’ordre, les dégâts matériels, la mise en danger des forces de polices (huit hommes blessés) et celle des nantais manifestants ou non (nez cassés, doigts arrachés, œil perdu, et dont aucun journaliste ne parle) devrait non seulement rendre des comptes, mais démissionner.
Il trouvera peut-être à se recycler, comme son prédécesseur Bernard Hagelsteen, engagé chez… Vinci.

Soit, en bon serviteur de l’état, il a parfaitement rempli son rôle. De cette manifestation pacifique et bon enfant, rassemblant 50 000 personnes venues de toute la France, l’opinion publique ne retiendra que les destructions par une centaine d’individus.

Mission accomplie.

Jean Paul Jody


Et le témoignage et les réflexions de Milou

http://www.dilhadsul.fr/les-manifs-la-violence-et-la-revolte/

Les manifs, la violence, et la révolte….

lu avec d’autres sur
https://www.facebook.com/pages/T%C3...


lundi 24 février 2014

Lettre ouverte de Françoise Verchère à Manuel Valls

http://communiques-acipa.blogspot.fr/

Monsieur le Ministre de l’Intérieur,

Je vous ai entendu commenter dès samedi soir les événements en marge de la manifestation contre l’aéroport de Notre Dame des Landes et vos propos appellent de ma part quelques réactions et aussi plusieurs questions.

Sur les chiffres d’abord : vous avez parlé de 1000 casseurs et de 20 000 manifestants dont vous avez dit qu’il fallait les différencier des premiers. Je crois décidément que vos services ont un problème avec le calcul car nous étions beaucoup plus de manifestants et il y avait beaucoup moins de casseurs : disons qu’on pourrait diviser le premier chiffre et multiplier le second par deux au moins pour approcher de la vérité. Mais dans cette affaire d’aéroport, la vérité est décidément malmenée depuis longtemps…

Sur les fameux casseurs : je vous avoue que j’ai été très surprise de comprendre que vos services les connaissaient visiblement bien (vous avez donné des précisions sur leur origine, leur positionnement politique) et même qu’ils savaient ce qui allait se passer. Depuis deux jours, les bruits couraient sur des incidents à venir ; les avocats savaient qu’ils risquaient d’être réquisitionnés pour de nombreuses gardes à vue. Samedi matin, au moment où nous étions avec les tracteurs à l’aéroport de Nantes-Atlantique, les policiers présents nous ont spontanément parlé des « blacks blocs  », en nous disant « qu’ils allaient gâcher notre manifestation ».

Je m’étonne donc que « les forces de l’ordre » n’aient pas été au fond plus efficaces puisque cela aurait dû être leur mission, n’est-ce pas ? Puisque l’on sait désormais interdire un spectacle avant même qu’il n’ait lieu, et puisque nous n’avons pas sur la ZAD 1000 casseurs ni blacks blocs, pourquoi ne les avez-vous pas fait arrêter avant leur arrivée ? J’imagine que s’ils sont si dangereux, vous avez certainement des preuves et même des faits graves à leur reprocher ?

Mais peut-être préfériez-vous les arrêter en flagrant délit ? Est-ce pour cela que vous n’avez pas fait protéger l’agence Vinci, située au tout début du parcours de la manifestation, pas plus que des engins de chantier Vinci aussi (car Vinci est partout vous le savez, immobilier, parkings, aéroports…) dont vous saviez qu’ils seraient forcément des cibles ? Est-ce pour cela que la Préfecture n’a autorisé qu’un parcours ridiculement petit, jamais vu jusque là ? Est-ce pour cela que les échauffourées localisées dans un périmètre pourtant restreint ont duré plusieurs heures ? Et au bout du compte combien y a-t-il eu d’interpellations ? Une douzaine seulement…C’est assez curieux et à vrai dire difficilement compréhensible alors que les moyens déployés étaient impressionnants, en hommes et en matériel anti-émeute, alors que la fermeture du centre ville était inédite, alors qu’il y avait vraisemblablement des hommes à vous des deux côtés.

Évidemment les images de « la guérilla urbaine » dont vous avez parlé seront reprises à l’envi plus que celles du char-triton, des 520 tracteurs présents ou des nombreuses familles manifestant paisiblement. Évidemment, cela permettra d’occulter une fois encore le fond du dossier, évidemment le chœur des partisans de l’aéroport poussera des cris horrifiés en rejetant la responsabilité sur les organisateurs de la manifestation.
Organisateurs qui ont pourtant tenté d’éviter l’affrontement en interposant des tracteurs entre l’imposant mur de fer érigé et ceux qui voulaient effectivement en découdre.

Organisateurs dont le métier n’est pas d’assurer l’ordre, vous en conviendrez et à qui il serait malvenu de demander de faire mieux que vous… Organisateurs particulièrement choqués, en tout cas, par les propos du Préfet de Loire-Atlantique qui n’a pas hésité à affirmer que nous «  opposants historiques  » devions cesser « d’être la vitrine légale d’un mouvement armé  ». Je me suis pincée pour y croire…encore un peu de temps et nous finirons nous-mêmes par être tenus pour de dangereux terroristes alors que nous avons participé loyalement au débat public, et à toutes les commissions mises en place. Débat déloyal puisqu’il y a une « vérité officielle » intangible même quand elle est contraire aux faits, aux chiffres et à la réalité. Le Premier Ministre ne reconnaît la validité que de la commission du dialogue à qui il avait donné mission de valider à nouveau le projet, mais refuse de regarder les conclusions accablantes de la commission des experts scientifiques au regard de la loi sur l’eau. Comment croire encore à la parole de l’État ?

En réalité, Monsieur le Ministre, tout cela est très lisible et vieux comme le pouvoir.

Pour discréditer notre combat, et tenter de retourner l’opinion publique qui nous est aujourd’hui favorable, on fera appel à la peur du désordre, on utilisera l’image, déplorable je vous l’accorde, des dégradations commises par les méchants casseurs et on justifiera ainsi une nouvelle opération policière pour aller enfin nettoyer la ZAD de ses «  délinquants dangereux  », en même temps que de ses tritons et de ses paysans. Il faudra mettre les moyens (ils sont mille, ne l’oublions pas, et les tritons innombrables…) mais vous y êtes peut-être prêts pour que «  force reste à la loi  » ? Permettez-moi de vous le déconseiller car pour que nous, citoyens, acceptions désormais cette clef de voûte théorique de la société, («  la seule violence légitime est celle de l’État  »), il faudrait que l’État soit irréprochable, que la loi soit juste et que ses représentants soient dignes du mandat que nous leur avons confié. Vous avez compris, je pense, que ce n’est pas le cas depuis longtemps.

Depuis deux jours, j’ai lu et entendu que le centre ville de Nantes était « saccagé  », qu’un commissariat avait été « dévasté  », qu’il faudrait du temps pour «  panser les plaies de la ville  », que les dégâts ne pouvaient pas encore être chiffrés, autant dire que c’était l’apocalypse. Les mots eux-mêmes sont visiblement sens dessus dessous... Puis-je vous suggérer de venir à Nantes pour juger de la situation ? Aujourd’hui dimanche, flottait certes une petite odeur de gaz lacrymogène, mais le tramway roulait et les nantais flânaient. Je ne nie pas les poubelles brûlées, les pavés arrachés, les vitrines brisées et les murs maculés dans le secteur des affrontements. Je déplore ce vandalisme d’autant plus que nous dénonçons par ailleurs le gaspillage d’argent public qu’induirait le transfert de l’aéroport !

Mais je voudrais aussi vous rappeler que samedi des personnes âgées, des enfants ont été noyées sous les lacrymogènes. Et qu’un jeune manifestant a perdu un oeil à cause d’un éclat de grenade assourdissante. Ce n’était pas un casseur. Et cela nous rappelle le même malheur survenu déjà à Nantes, à cause d’un tir tendu de flash ball lors d’une manifestation sans violence devant le Rectorat. Les aubettes seront reconstruites, cela fera même monter le P.I.B mais ce jeune restera, lui, marqué à jamais. Cela m’interroge sur la manière dont les forces de l’ordre utilisent leurs armes et me scandalise davantage que la casse matérielle. Et demain, si le gouvernement persistait dans son projet d’aéroport, la destruction du bocage de Notre Dame des Landes et de la vie qu’il abrite serait elle aussi irréversible.

Il faut arrêter un projet désormais dans l’impasse et régler le problème en prenant la seule décision raisonnable : respecter la loi sur l’eau, améliorer l’aéroport de Nantes-Atlantique et rendre sa sérénité à Notre Dame des Landes pour que la ZAD redevienne une campagne où vivre et travailler. Vous pourrez ainsi, Monsieur le Ministre, vous consacrer aux blacks blocs si vous le jugez indispensable.

Dans l’espoir de votre réponse, je vous assure de mes salutations les plus distinguées,

Françoise Verchère,
Conseillère générale de Loire-Atlantique

Info Wikipédia : Françoise Verchère a quitté le Parti socialiste en 2006, elle siège ensuite sous l’étiquette « Divers gauche » puis Parti de gaucheDVG puis PG

P.-S.

Sites internet de référence :

http://acipa.free.fr
http://zad.nadir.org

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