Une tribune pour les luttes

Chibanis marseillais, une lutte pour une vie digne !

Article mis en ligne le jeudi 15 décembre 2005

À quelques jours de la fin de l’année civile, les 4000 vieux travailleurs immigrés demeurant à Marseille n’ont toujours pas reçu leur feuille de non-imposition.

C’est pour cela que nous nous sommes rassemblés devant la préfecture des Bouches du Rhône ce jeudi 15 décembre 2005.

Alors que dès le 21 novembre notre association avait demandé une audience à Monsieur le Préfet, celui-ci n’a toujours pas fixé la date d’une rencontre.

Aujourd’hui la préfecture a été obligée de nous recevoir dans ses locaux. Ainsi nous avons été reçus par la secrétaire du cabinet de Monsieur le Préfet qui n’avait aucun mandat. Elle était assistée d’un représentant des services fiscaux marseillais.

Lors de cette entrevue nous avons demandé un statu quo pour l’année 2005 (remise des feuilles de non imposition comme pour les années précédentes) en attendant qu’une table ronde soit organisée par Monsieur le Préfet dans la deuxième quinzaine du mois de janvier 2006 afin de trouver des réponses humaines et sociales aux questions politiques posées.

(Un compte rendu de cette rencontre sera fait le vendredi 16 décembre 2005 à 16 heures, à côté du dispensaire, à l’angle des rues des petites maries et des dominicaines)

Car, est-ce vraiment un problème d’ordre fiscal ?

Par médias interposés seule la direction des impôts de Marseille intervient pour justifier sa démarche face aux questions soulevées par des associations et élus marseillais ...

La direction des impôts de Marseille n’a assurément pas pris l’initiative d’une telle opération toute seule. C’est à Bercy, à Paris, au niveau du Gouvernement que cela s’est décidé. Ainsi à partir de la feuille de non imposition la machine à éliminer a pu se mettre en marche !

L’objectif est dans un premier temps de supprimer les prestations sociales, l’accès aux soins et à un logement, dans un deuxième temps c’est d’aboutir au départ définitif de ces vieux travailleurs immigrés dans leur pays d’origine.
En effet ils sont devenus inutiles, de plus en plus dépendants et donc ils coûtent chers en matière de santé.

D’ici et de là bas, ils vivent entre la France et leur pays d’origine ...

Arrêtons l’hypocrisie, reconnaissons cette situation !

Dun côté l’administration fiscale se fait forte d’appliquer brutalement et dans toute sa rigueur la réglementation fiscale ... Et peu importe ce que dit le rapport « KRIEGEL » par rapport à la condition sociale des vieux travailleurs immigrés et sur la spécificité qui en découle.

D’un autre côté certains interpellent l’administration fiscale sur le fait qu’il n’y a pas que des « fraudeurs » mais de véritables résidents.

Dans les deux cas c’est oublier la situation sociale, économique et humaine de ces personnes.

Elles sont écartelées entre deux pays avec une vie partagée entre la famille au pays et les relations sociales en France.

C’est oublier qu’elles ont besoin de soins importants.
C’est oublier qu’elles ont de faibles revenus.
C’est oublier leur histoire, une immigration du travail d’après guerre où les conditions de travail, de logement et de vie ont toujours été précaires.

Cela interpelle toute la société,

Quelle politique d’immigration ?

Quels moyens pour assurer une vie digne à tous ces vieux travailleurs ?

P.-S.

Le Rouet A Coeur Ouvert
- 23, rue Sainte Famille, 13008 Marseille
- 06 88 82 61 78 et 06 07 98 16 90

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