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Stop croisières, extinction rebellion et le collectif ECAN s’opposent à la croisière Azamara Quest

Article mis en ligne le samedi 25 mai 2024

La croisière s’amuse, nous coulons.

Le collectif ECAN (European Cruise Activist Network) et Extinction Rebellion organisent ce printemps une "Cruise Pursuit" au départ de Marseille contre l’Azamara Quest, qui propose une croisière de luxe de 35 jours en Europe. Ces actions ont pour objectif de dénoncer l’industrie des croisières, le sur-tourisme et les émissions de gaz à effet de serre des plus riches, au détriment des enjeux environnementaux.
Ainsi, les activistes se lancent à la poursuite de ce bateau. Tôt ce matin, le navire a été « accueilli » par le collectif stop croisières Marseille à grand renfort de cornes de brumes. Les croisiéristes sont descendus de leurs cabines et ont pu voir les messages portés par les embarcations des militant.e.s.

Les croisières de luxe, symbole d’une minorité fortunée déconnectée

C’est dans un luxe débridé et une irresponsabilité totale que l’Azamara Quest navigue sur toutes les mers. Ce bateau visite jusqu’aux pôles Nord et Sud, invitant ses voyageurs à observer la fonte des glaces et la disparition de la banquise à laquelle il contribue...
Pour la croisière autour de l’Europe, il réalisera un voyage d’environ 4000 miles marins, et émettra 1940 tonnes de CO2 uniquement pour la consommation de carburant. Cela représente 3 tonnes de CO2 par croisiériste pour un seul voyage, tandis qu’il ne faudrait pas dépasser les 2 tonnes par
personne et par an pour respecter les Accords de Paris d’ici 2050. Et cela sans compter les biens consommés à bord et le fait que la majorité de croisiéristes font l’aller-retour en avion. Déconnectés des enjeux écologiques et de la réalité du dérèglement climatique, les 10% les plus riches sont responsables d’un quart des émissions de la France. Quant aux 1% des plus riches dans
le monde (77 millions de personnes), ils représentent 16% des émissions mondiales liées à la consommation en 2019. Les plus riches sont ceux qui polluent le plus et qui subissent le moins durement les conséquences du changement climatique.

Un greenwashing insupportable

Outre son impact climatique, ce bateau pollue la mer et l’air, en échappant aux législations sociales et environnementales.
Comme de nombreux autres navires, la compagnie exploitant l’Azamara Quest a choisi de l’équiper de scrubber : afin de se conformer aux réglementations actuelles sur la pollution de l’air tout en continuant d’utiliser du fioul marin peu raffiné et à bas coût, il utilise ces « laveurs de fumées » qui permettent de transférer la pollution de l’air directement dans la mer en rejetant des eaux très acides et chargées en métaux lourd et hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Bien loin du
faste et du verdissement affichés pour attirer la clientèle, cette pollution invisible constitue une grave atteinte à la biodiversité marine.
Par ailleurs, le scrubber ne limite que la concentration en dioxydes de souffre et pas les particules fines et les autres polluants qui se trouvent dans la partie respirable de l’air : avec ou sans scrubber, les concentrations de particules inhalables sont pratiquement identiques. De plus, bien que la compagnie qui exploite le navire soit américaine, celui-ci est immatriculé à Malte, l’un des quatre principaux pavillons de complaisance permettant aux armateurs d’échapper aux législations sur le travail, à l’impôt, aux contrôles environnementaux.

Nos revendications :

Aussi, Stop Croisières Marseille, le collectif ECAN et Extinction Rebellion dénoncent ce tourisme mortifère et demandent :
• La réduction radicale de l’activité des navires de croisière en Europe, pour ensuite conduire à leur disparition.
• L’arrêt immédiat des expansions portuaires et la diminution des infrastructures portuaires
destinées au secteur des croisières.
• Une communication honnête sur les fausses solutions comme le GNL, les scrubbers ou ’alimentation à quai, puisqu’aucune de ces technologies actuelles et futures n’empêchera un navire de polluer.
• L’expansion et le maintien d’efforts communs par les gouvernements et les industriels dans toute l’Europe pour faire de ces revendications une réalité et prendre en compte les inégalités Nord-Sud mondiales.
A Marseille, nous demandons une consultation citoyenne concernant le projet de terminal de croisières de luxe sur l’esplanade du J4. Le projet consiste en un bâtiment de 1000 m2 et d’une hauteur maximale de 11m avec l’objectif d’accueillir 100 escales par an5. En effet, étant donné les très nombreuses incidences de ces bateaux sur l’environnement, notre cadre de vie, notre santé, nous estimons qu’il est grand temps de commencer à limiter cette activité
plutôt que d’encourager sa croissance. En outre, cet aménagement sur un espace public pour les loisirs d’une minorité ultra-fortunée est à questionner.
Loin de la folie consommatrice des croisières, d’autres vacances, empreintes de respect humain et environnemental, sont possibles !

P.-S.

Contact presse : Julie - 07 86 62 98 76

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